Bateaux chinois de Kassonyah : « la commission d’arraisonnement va prononcer les amendes »

Comme annoncé précédemment sur Guineematin.com un vent de panique s’est propagé dans la préfecture de Coyah depuis la nuit dernière jusqu’à la matinée de ce jeudi 25 octobre 2018. Des bateaux de pêche appartenant à des chinois ont fait un tour dans les villages de Kassonyah, Kouyayah, Doneyah pour débarquer une cargaison de poissons. Il s’en est suivi une véritable confusion avant que les autorités ne viennent rassurer les citoyens.

La tension était vive ce jeudi matin à Coyah où de nombreux habitants ont fui leurs villages pour se « réfugier » au centre-ville. La panique s’est emparée de la préfecture où les rumeurs parlaient déjà d’invasion rebelle. Conséquences ? Des check-point sont érigés sur l’autoroute, au niveau du carrefour Kagbelen, et au carrefour Kassonyah, avant le kilomètre 36.

Finalement, l’hypothèse d’une attaque rebelle est écartée. Selon les autorités, c’est au total huit bateaux de pêche appartenant à des chinois qui ont été aperçus par les citoyens. Ils étaient là pour tout simplement débarquer du poisson au petit port de pêche de Kassonyah.

Cet endroit a été investi par une foule de curieux ce matin. On notait la présence du Préfet de Coyah, du premier responsable de la Préfecture Maritime, des officiers de la Gendarmerie Nationale, des cadres du Cantre Nationale de Surveillance des Pêches.

Dr Ibrahima Barboza Soumah

Interrogé sur les lieux, le préfet de Coyah, Dr Ibrahima Barboza Soumah, est revenu sur les faits. « On a retrouvé ici, au port artisanal de Kassonyah, huit bateaux de pêche d’une société chinoise. Ils sont venus clandestinement débarquer la nuit, sans aucune autorisation administrative,  sans information préalable des autorités. C’est ainsi que ça a créé la panique. Les gens n’ont pas l’habitude de voir des bateaux comme ça ici, ils ont pensé aux rebelles ».

Devant cet état de fait, le préfet de Coyah dit que tout a été mis en œuvre pour ramener le calme. « Quand on est venu sur le terrain, on a procédé à une fouille des navires pour connaitre la réalité du contenu. Il n’y a que du poisson et du périssable. Beaucoup de poissons sont déjà pourris. Heureusement que nous avons pu mettre main sur les huit bateaux et leur contenu, leur équipage sera mis à la disposition du ministère de la pêche et de l’aquaculture. Ils vont en direction de Conakry pour le reste des enquêtes »

N’Famara Diomandé

Pour sa part, le préfet Maritime, N’Famara Diomandé, dira qu’il y          a une décision du président de la République consacrant l’arrêt total de la pêche artisanale par les chinois. « Ces navires là ne devaient plus faire aucune activité de pêche. C’est une dérogation aux instructions. Et, même s’ils devaient débarquer, ils devaient avoir l’autorisation des autorités. Mais, au moment où on donnait les instructions, ils avaient déjà pêché leurs poissons. Mais, venir dans des endroits comme ça, dans un pays comme le nôtre, sans autorisation des élus locaux ou des autorités préfectorales, ou nationales est une dérogation. Donc, si les navires de pêche sont en infraction, ils passent devant la commission nationale d’arraisonnement. Cette commission va siéger et prononcer les amendes qu’il faut ».

En outre, Elhadj Diomandé va ajouter que « populations ont raison de s’alarmer, parce que quand vous voyez huit navires qui se suivent avec des lumières, qui rentrent dans un bras de mer, ils n’ont pas l’habitude de les voir et ils ne savent pas ce qu’ils sont venus faire sur les lieux, c’est normal de s’alarmer. On a envoyé les services de sécurité pour faire la fouille, ils n’ont trouvé que du poisson dedans. Les populations n’ont qu’à se rassurer qu’il n’y a pas de rébellion ».

Alpha Mamadou Diallo pour Guinematin.com 

Tél : 628 17 99 17

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