C’est à l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire du principal parti de l’opposition guinéenne que l’annonce a été faite dans la journée de ce samedi, 27 octobre 2018. Les femmes et filles de l’opposition ont donc décidé de mettre leur menace à exécution : la marche aura lieu le jeudi prochain sur l’autoroute Fidel Castro, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est actuellement au siège de l’UFDG.

A en croire madame Bah Maïmouna Diallo, qui a porté la parole des opposantes, les manifestantes partiront de l’Esplanade du stade du 28 septembre (à Dixinn) pour le ministère de la sécurité (à Matam), via le carrefour de l’hôpital national Donka.

L’objectif de cette autre protestation des opposantes guinéennes vise à dénoncer l’impunité érigée en règle de gouvernance par le régime du président Alpha Condé, accusé d’avoir fait tuer près de cent manifestants depuis 2011. Ces femmes comptent ainsi réclamer la fin de ces tueries et la justice pour les victimes.

Au sein de l’opposition guinéenne, il est surtout reproché au régime Alpha Condé de réprimer dans le sang chacune des manifestations de rue de l’opposition au point de faire croire dans certains milieux que le fait d’user du droit constitutionnel de manifestation de rue est synonyme « d’envoyer les gens dans la boucherie », comme si les agents de la sécurité (accusés d’être des tueurs) n’étaient pas des hommes qui sont formés, au contraire, pour protéger et sécuriser les populations civiles.

Aujourd’hui, ces femmes sont déterminées plus que jamais à exiger la fin de cette autre manière d’éliminer des Guinéens et d’imposer une sorte de terreur au sein de la population civile dont une partie commence à se demander si laisser une dictature s’imposer ne serait pas mieux pourvue de minimiser les pertes économiques et en vies humaines…

Comme on le sait, les Guinéens avaient déjà perdu plusieurs autres centaines de compatriotes sous les autres longues dictatures des régimes successifs de Sékou Touré (1958- 1984) et du Général Lansana Conté (1984-2008), sans compter la sombre transition du CNDD (2008-2010) avec les massacres du 28 septembre 2009.

En tous les cas, depuis l’avènement du régime dit « démocratique » du professeur Alpha Condé, il y a déjà 96 manifestants de l’opposition qui ont été tués dont la majorité par balles réelles sans aucune enquête, à plus forte raison un jugement d’un des assassins. Et, c’est l’impunité garantie à ces assassins que les femmes de l’opposition guinéenne tiennent à dénoncer le jeudi prochain.

Enfin, il importe de rappeler que deux autres journées de protestation de l’opposition précéderont la marche de ce jeudi : une journée ville morte le lundi et une marche de l’opposition républicaine le mardi.

A suivre !

Alpha Assia Baldé est au siège national de l’UFDG pour Guineematin.com

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