Comme annoncé précédemment, l’accord politique du 08 août 2018 n’a pas été respecté à Bignamou, comme ce fut le cas à Guéasso (Préfecture de Lola) et dans la commune urbaine de Kindia. Dans cette commune rurale de la préfecture de Yomou, le RPG Arc-en-ciel a pris aussi la tête de la mairie, contrairement à ce que prévoyait l’accord politique. Et, comme à Guéasso et à Kindia, des violences sont à craindre également à Bignamou, rapporte un envoyé spécial de Guineematin.com en Guinée forestière.

Pépé 1 Gonomou du RPG Arc-en-ciel a été plébiscité hier dimanche, 28 octobre à la tête de la mairie de la commune rurale de Bignamou. Car ce sont les conseillers de son parti seulement qui ont participé à cette élection. Les élus de l’UFDG et du Bloc Libéral avaient quitté les lieux après avoir appris que l’accord politique prévoyant la désignation du maire de Bignamou par l’opposition ne sera pas respecté. Mais, comme ce fut le cas à Guéasso et à Kindia ou l’accord politique n’avait aussi été respecté, les conseillers de l’opposition refusent de reconnaitre l’exécutif de la mairie de Bignamou mis en place.

Dès après l’élection, la contestation a commencé dans la commune rurale. Et, cette contestation s’est poursuivie ce lundi. Des partisans de l’opposition sont descendus dans les rues de la ville pour protester contre les nouveaux dirigeants de la mairie. Des accrochages les ont opposés aux forces de l’ordre qui ont procédé à des interpellations, explique Etienne Kovana Guémou, candidat de l’UFDG à la mairie de Bignamou que nous avons joint au téléphone. « Depuis 08 heures du matin, plusieurs de nos partisans se sont regroupés pour protester contre, disons, la nomination du maire parce que ce n’est pas une élection.

Alors, ils ont voulu marcher pacifiquement et ont voulu partir cadenasser les portes de la mairie, mais ils se sont heurtés à la présence de militaires et de gendarmes déployés sur les lieux. On a pris quand même quelques dispositions en envoyant une délégation des sages auprès du sous-préfet pour lui dire que les jeunes sont là et sont contre l’élection du bureau exécutif de la mairie. Ils ne veulent pas de ce bureau-là, c’était en présence des gendarmes. Ce dernier leur a dit si vous voulez avoir gain de cause, au lieu de vous regrouper là, envoyez une lettre qui a été signée par tous les villages et vous l’adressez au secrétaire général.

Donc, on a entrepris la démarche-là. Entretemps, les jeunes étaient en train de manifester dans la rue. Ils ont marché jusqu’à la sous-préfecture mais ils n’ont pas eu accès aux locaux de la mairie pour les cadenasser. Vers la soirée, les gendarmes ont arrêté certaines personnes dont le sage du village qu’ils ont envoyé à Diecké. C’est horrible ce qui s’est passé ici », a dit l’opposant.

Refusant de reconnaitre l’élection de son adversaire comme maire de la commune rurale de Bignamou, Etienne Kovana Guémou assure qu’il ne va « jamais accepter ça parce que ce n’est même pas un hold-up mais une tricherie à ciel ouvert. Comment ils peuvent venir tous dire qu’ils ne reconnaissent pas l’accord qui a été signé par un représentant du gouvernement et un autre du RPG Arc-en-ciel ? Même l’arrêté ministériel est une loi, à plus forte raison l’accord politique qui a été signé par le Général Bouréma Condé et deux grands leaders politiques du pays. Comment ils peuvent dire que ce n’est pas une loi ? », s’interroge le candidat à la mairie.

De son côté, le maire élu, Pépé 1 Gonomou, reconnait ce mouvement de protestation, mais il tente de le minimiser : « Je n’ai eu aucun problème. Depuis 08 heures du matin on a ouvert les bureaux de la mairie, tous les conseillers étaient là y compris moi et les deux vices maires. On a passé toute la journée ici. Maintenant vers 12 heures, il y a eu ce groupe de jeunes qui venait vers nous.

Mais, ce petit groupe a été dispersé et y a eu des arrestations. Je peux estimer à 8 le nombre de personnes qui ont été arrêtées pour le moment, dont deux de nos militants qui se sont mélangés au groupe », indique Pépé 1 Gonomou.

Egalement joint au téléphone, le sous-préfet de Bignamou, lui, a préféré ne rien dire sur ce qui s’est passé dans la journée de ce lundi 29 octobre 2018 dans la localité. Il faut dire qu’à l’allure où vont les choses, des violences comme celles enregistrées à Guéasso et à Kindia sont à craindre à Bignamou.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77 / 662 73 05 31

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