Depuis quatre (4) mois, cinq greffiers sont suspendus de leurs fonctions par le ministre de la justice, maitre Cheick Sacko. Ces cinq pères de famille, malgré de multiples actions pour ramener le garde des sceaux à de meilleurs sentiments, tirent aujourd’hui le diable par la queue. Leurs salaires, qui ont un caractère alimentaire, sont bloqués depuis quatre mois, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est un mouvement qui avait secoué l’appareil judiciaire au début du mois de juin 2018. Devant la non-application de leur statut particulier, de nombreux greffiers avaient boudé les tribunaux à partir du 08 juin, paralysant momentanément les activités.

Au lieu de chercher à régler le problème, le ministre de la justice a préféré la confrontation en procédant à la suspension des cinq (5) meneurs de la grève. Il s’agit de Kaba 1 Traoré, Mamadou Dian Baldé, Tamba Ouendeno, Arafan Diané et Jean Bongono, suspendus à travers les arrêtés 2018/N°4865, 66, 67, 68, 69/MJ/CAB/ du 11 juin 2018.

Cette suspension des meneurs de la fronde a été attaquée en justice par les greffiers, le 18 juin 2018, à travers un pourvoi en annulation introduit devant la Chambre Administrative de la Cour Suprême.

Alors que la grève se poursuivait, les salaires des cinq malheureux greffiers sont suspendus. De nombreuses interventions vont être enregistrées dans le but d’aplanir les divergences entre les deux camps. Des personnalités interviennent, invitant les jeunes à revenir sur le pourvoi en annulation qui pouvait faire perdre la face à leur ministre.

Finalement, le 30 juillet 2018, les cinq greffiers suspendus, à travers leur avocat, maitre Salifou Béavogui, vont adresser une lettre de désistement par rapport au pourvoi en annulation introduit devant la Chambre Administrative de la Cour Suprême.

Selon nos informations, le même jour du 30 juillet 2018, les cinq greffiers vont adresser une lettre d’excuses au ministre de la Justice, où ils vont reconnaitre les actes posés par Cheick Sacko dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie et de travail des greffiers. Par la même occasion, les greffiers vont solliciter la levée des sanctions prises contre eux.

Mieux, certaines greffières, qui avaient observé le mouvement de grève, « sont allées jusqu’à rencontrer le ministre Cheick Sacko pour plaider la cause des jeunes suspendus. Elles ont pris ses pieds pour demander pardon au nom des cinq greffiers suspendus », a-t-on appris d’une source sûre.

Après ce désistement auprès de la Cour Suprême, la lettre d’excuses, et l’intervention des greffières, le ministre Cheick Sacko avait promis de se pencher sur le sort des 5 jeunes greffiers depuis le 27 septembre dernier. Aujourd’hui, les cinq greffiers sont réduits à survivre sans salaires depuis 4 mois. Mais jusqu’à présent, aucune issue favorable ne se profile à l’horizon.

Pourtant, un magistrat suspendu récemment, a été reconduit par un arrêté du ministre Cheick Sacko alors que « sa faute est plus lourde ». En effet, à travers l’arrêté N° 7604/MJ/CAB/2018, du 19 octobre 2018, le ministre Sakho a procédé à la nomination par intérim, entre-autres, de Zézé Béavogui, au Parquet Général de la Cour d’Appel de Conakry. Monsieur Zézé Béavogui avait été suspendu de ses fonctions de procureur de la République près le TPI de Labé, dans une affaire de libération d’un détenu accusé d’attaques à mains armées. N’est-ce pas ce qu’on appelle du deux poids, deux mesures.

Selon un juriste, spécialiste du Droit du Travail, cet acte de suspension des greffiers, pour fait de grève, est illégal. « En matière de suspension, c’est la loi L029 portant statut général des fonctionnaires qui doit s’appliquer. Dans l’arrêté du ministre, on parle de faute grave commise par les greffiers. Mais, en se fondant sur le Code du travail et sur le statut particulier des greffiers, la faute grave n’existe pas dans ce cas précis ».

En attendant, les cinq greffiers font contre mauvaise fortune, bon cœur. Ils gardent espoir, même si certains d’entre eux sont menacés d’expulsion de leurs logements à cause d’impayés, dans une conjoncture économique particulièrement compliquée.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

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