Des jeunes gens, mis aux arrêts lors de la marche étouffée de l’opposition la semaine dernière, ont été jugés le mercredi passé, 31 octobre 2018, au Tribunal Correctionnel de Dixinn. Les treize (13) prévenus, poursuivis pour attroupement et outrage à agents, ont été situés sur leur sort avec des relaxes et des condamnations, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est à l’occasion de la marche avortée de l’opposition républicaine, le mardi 23 octobre 2018, que ces citoyens ont été interpellés par les services de sécurité. Mamadou Sanoussy Diallo et 12 autres ont été mis aux arrêts séparément dans les quartiers de Bellevue, d’Hamdallaye et Hafia2. Ils ont été arrêts à des heures et à des endroits différents. Dans ce groupe, on trouve des tailleurs, des gardiens, des chauffeurs, des mécaniciens, des maitres coraniques, des marchands, des médecins et des biologistes.

A l’issue de l’audience de ce mercredi, trois (3) d’entre eux ont été condamnés, les dix (10) autres sont repartis libres après avoir passé huit jours de détention à la maison centrale.

Après avoir décliné leur identité, ils ont tous rejeté en bloc les faits mis à leurs charges. Le prévenu Mamadou Marifa Diallo, conducteur de taxi, a laissé entendre qu’il a deux femmes et quatre enfants. « Ce jour, j’ai voulu faire rapidement deux voyages pour avoir ma dépense. Je suis père de quatre enfants et j’ai deux femmes. J’étais sorti pour chercher la dépense pour ma famille. Ils m’ont fait arrêter à la Bellevue. Je ne faisais pas partie des manifestants ».

Quant à Alsény Diallo, il explique avoir été arrêté à Hamdallaye, au moment où il quittait le travail pour rentrer chez lui. « Je quittais le travail, arrivé à Hamdallaye, j’ai payé de l’eau. Directement, les policiers sont venus m’arrêter avec le vendeur d’eau. Ils nous ont aussitôt déposés à la maison centrale. Il n’y avait même pas de manifestation à ce niveau ».

Le maitre coranique, Mody Yaya Baldé a dit que c’est en revenant de la Minière, où il donne des cours coraniques, qu’il s’est fait embarquer.

Tous les autres prévenus vont passer par les mêmes explications, arguant qu’ils étaient jute « au mauvais endroit et au mauvais moment ».

Prenant la parole, le procureur Boubacar 1 Bah a rappelé que cette marche était interdite par les autorités et que, c’est ceux qui ont décidé de braver cette interdiction, qui ont été interpellés.

Dans ses réquisitions, le procureur va demander au tribunal de retenir les nommés « Sanoussy Diallo, Mamadou Kanté, et Mamadou Kadia Diallo, dans les liens de la culpabilité d’attroupement et d’outrage d’agents en les condamnant à un mois d’emprisonnement. Et Mamadou Marifa Diallo à 6 mois avec sursis et 300 000 francs guinéens d’amende. Les 9 autres, je vous demande de les relaxer pour délit non établi ».

Quant à l’avocat de la défense, maitre Alsény Aissata Diallo, il va demander la relaxe pure et simple de ses clients. « Tous les 13 prévenus ont été victimes d’abus d’autorité. Ils sont tous des innocents dans cette affaire. Je vous demande de les relaxer tous pour délit non établi ».

Au terme de l’audience, les trois prévenus, à savoir Sanoussy Diallo, Mamadou Kanté, et Mamadou Kadia Diallo, ont été condamnés à 6 mois avec sursis et au payement d’une amende de 500 mille francs guinéens. Pour les 10 autres prévenus, le tribunal les a relaxés pour délits non établis.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 654 416 922/664 413 227

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