Le gel du salaire des enseignants grévistes passe mal. Après Kankan, ceux de Faranah ont exprimé leur colère ce samedi, 03 novembre 2018, devant le gel de leur salaire par le gouvernement de Kassory Fofana. C’est à travers une marche que les enseignants se sont fait entendre devant « cette injustice ». La manifestation a tourné court suite à l’intervention des forces de l’ordre, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Très tôt le matin, de nombreux enseignants grévistes de la ville de Faranah se sont regroupés à la base du SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée) pour manifester contre les autorités scolaires, notamment le Directeur Préfectoral de l’Education (DPE).

La marche avait pour itinéraire la base du SLECG pour la DPE. A 9 heures, munis de pancartes, les enseignants ont pris le chemin de la DPE pour exprimer leur ras-le-bol. Au cours de leur protestation, ils scandaient des slogans hostiles aux autorités scolaires : « à bas le DPE, à bas l’intimidation, à bas l’injustice sociale,… »

Mais, à quelques mètres de la rentrée de la DPE, les gendarmes de l’escadron mobile numéro 3 vont entrer en action. Les agents vont pulvériser du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Sur place, deux enseignantes vont se faire arrêtées. Elles seront relâchées une demi-heure plus tard.

Interrogé sur le terrain, Alain Kognon Bilivogui, secrétaire général du SLECG de Faranah, a dit que les enseignants se sont mobilisés « pour dénoncer l’injustice dont certains enseignants sont victimes. Tout le monde sait que depuis le 3 Octobre, tous les enseignants sont en grève. On ne peut pas payer certains enseignants et laisser les autres. Donc, ça c’est une injustice de la part de monsieur le DPE, c’est lui qui a fait cette liste. En plus de cela, monsieur le DPE a ordonné aux concessionnaires de déloger tous les enseignants grévistes et surtout les enseignants étrangers. C’est pour quoi tous les enseignants se sont mobilisés pour sortir pour dénoncer cela. Malheureusement, à 20 mètres de la DPE, les gendarmes sont venus disperser notre marche. Mais, qu’à cela ne tienne, c’est un avertissement, nous allons revenir. On attend le billetage. Si à ce niveau aussi, les salaires de certains enseignants sont gelés, nous allons retourner pour toujours exprimer notre mécontentement. Pour le moment, nous avons enregistré 14 cas d’enseignants dont le salaire est gelé ».

Plus loin, monsieur Bilivogui va lancer un appel à la mobilisation générale pour faire face à ceux qui veulent étouffer la grève. « Je vais dire aux enseignants de Faranah de rester unis. Nous allons toujours nous mobiliser pour combattre l’injustice. Nous sommes toujours derrière le mot d’ordre de grève. Nous allons l’observer jusqu’à ce que les négociations soient terminées. Je leur demande de rester tous à la maison le lundi, personne ne doit partir à l’école. Je demande aux parents de garder leurs enfants, la grève n’est pas terminée, pour la sécurité de leurs enfants », a-t-il lancé.

A noter que depuis le 3 octobre, le système éducatif de notre pays est secoué par une grève générale et illimitée. Les enseignants demandent un salaire mensuel et individuel de 8 millions de francs guinéens. Dans la préfecture de Faranah, aucune autorité scolaire n’a pu mobiliser les enseignants pour tenir les cours.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel: 620 24 15 13

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