Alors que la crise perdure dans le système éducatif guinéen, certaines initiatives commencent à voir le jour en vue de renouer le fil du dialogue entre les enseignants et le gouvernement. Au cours d’une assemblée générale tenue ce samedi, 3 novembre 2018, le SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée) a annoncé avoir reçu des émissaires du gouvernement. La démarche vise à aider à la résolution de la crise née de la grève déclenchée le 03 octobre dernier, a constaté que Guineematin.com a dépêché sur place.

De nombreux enseignants ont pris part à cette rencontre au cours de laquelle, Aboubacar Soumah a renouvelé son appel « à poursuivre la grève générale et illimitée, jusqu’en 2020 s’il le faut ». Pour le secrétaire général du SLECG, le moindre faux pas va être fatal.

Selon les responsables du SLECG, le bureau exécutif de la structure a eu une rencontre avec des personnalités de l’Etat, sans les nommer, dans le souci de chercher une solution à la crise qui perdure. « Le bureau national du SLCEG a rencontré à son siège, le 31 octobre 2018, de hautes personnalités de l’Etat. Leur porte-parole nous a clairement dit qu’il y a des possibilités d’aider des enseignants, et que le budget 2018 étant déjà voté, que toute dépense en dehors de ça provoquera irrémédiablement des dégâts (cris de protestation des enseignants). Il nous a cependant dit que le budget de 2019 est sur la table. Il a précis qu’il ya des possibilités de faire quelque chose pour les enseignants », a expliqué Oumar Ouamouno, secrétaire administratif du SLECG.

Cependant, pour pouvoir faire quelque chose pour les enseignants, ajoute Oumar Ouamouno, « le porte-parole de la délégation a dit qu’au sein du secteur éducatif, il y a beaucoup de fictifs qui se comptent par milliers, certains sont à l’extérieur. Ils ont le statut enseignant, mais ils ne sont pas en situation de classe ».

Devant cet état de fait, poursuit le secrétaire administratif du SLECG, « les émissaires du gouvernement souhaiteraient qu’on mette en place une commission tripartite, composée du SLECG, du ministère du budget et du ministère de la fonction publique pour mener à bien ce travail. Ils nous ont fait savoir qu’en deux semaines, ce travail peut être fait. C’est pour vous dire qu’on mettra sur pied une commission tripartite ».

Toutefois, Aboubacar Soumah viendra lever le doute dans la tête des enseignants qui avaient déjà commencé à marmonner. « Nous avons accepté que la délégation revienne ici, après demain lundi, 05 novembre, 2018. Mais, nous leur avons dit, pas de recensement sans la proposition du gouvernement. Nous leur avons dit que nous sommes en novembre, si la proposition de payement nous est faite, nous exigerons que ça commence au mois de novembre. Ils nous ont fait comprendre que le budget 2018 étant bouclé, ils ne pourraient pas faire face au payement en fin novembre. On nous a proposé janvier 2019. On leur a répondu que c’est à condition que ce soit rétroactif. Nous allons accepter de signer le protocole, si la proposition qui nous sera faite est consistante. Je vous demande d’accepter cela, si la proposition d’augmentation qui sera faite est consistante ».

Pour finir, le secrétaire général du SLECG fera remarquer que tout ceci est subordonné de la levée du gel du salaire des enseignants. Pendant ce temps, la grève va se poursuivre, a annoncé Aboubacar Soumah.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

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