La crise qui mine actuellement le système éducatif guinéen et les manifestations politiques qui se soldent par des morts et des dégâts matériels préoccupent aujourd’hui bon nombre de guinéens. C’est notamment les responsables du Parti de l’Unité et du Progrès(PUP).

A l’occasion de l’assemblée générale de l’ex-parti au pouvoir hier, samedi 03 novembre 2018, son leader Fodé Bangoura a déploré les pertes en vies humaines enregistrées à l’occasion des manifestations de rue et la paralysie des cours dans les écoles qui dure depuis plus d’un mois, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

« Quand un guinéen meurt, c’est toute la Guinée qui est endeuillée. Ces jeunes qui meurent, quand ils sortaient chez eux, ils n’avaient pas demandé à mourir. 98 personnes, je pense que c’est trop. Une âme c’est déjà beaucoup à plus forte raison 98 ». C’est en ces termes que le président du PUP a réagi aux tueries enregistrées à l’occasion des manifestations politiques à Conakry.

Pour lui, les crises cycliques que connait notre pays sont causées par le non-respect des textes de lois : « Trouvons les voies et moyens pour arrêter ces crises cycliques. Il y a trop de casses, il y a des morts. Mais ça, ce sont les conséquences du non-respect des textes de lois. Les lois existent, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, dès l’instant qu’elles sont approuvées, essayons au maximum de les respecter », a-t-il exhorté.

L’autre sujet qui préoccupe le président du PUP, c’est la crise qui secoue le secteur éducatif guinéen. L’opposant regrette la perturbation des cours qui dure depuis plus d’un mois, en raison de la grève des enseignants. Il craint que l’attitude ferme du gouvernement ne contribue à radicaliser davantage les positions.

« Je suis préoccupé de la situation des enfants. Nous sommes des parents d’élèves. Geler ou pas geler les salaires des enseignants, ce n’est pas important. Ce qui est important, c’est de faire d’arrêter la crise. Il ne faut pas que les positions se radicalisent. Il faut les ramener à une flexibilité, à une compréhension », indique Fodé Bangoura.

Le leader du PUP souligne que cette crise ne profite nullement à la Guinée. Au contraire, dit-il, le pays est en train de perdre : « Si les enfants ne sont pas formés, ça sera une génération sacrifiée. Nos enfants seront qui demain ? Qu’est-ce qu’ils pourront faire s’ils ne sont pas formés à un moment où tout est électronique et pendant ce temps nos enfants sont encore assis à la maison, victimes de ce système électronique ?

Parce que si les enfants sont à la maison, c’est la télévision, les jeux, et les séries qu’ils vont regarder. Donc au lieu de créer, ils sont en train de consommer. C’est pourquoi, il faut qu’ils soient à l’école, il faut qu’ils soient formés pour qu’ils ne soient pas des éternels consommateurs. Et pour cela, il faut gérer cette situation pour qu’on sorte de cette crise qui a trop duré », a dit l’ancien homme fort du feu président Lansana Conté.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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