Les enseignants de Mamou ont rencontré les autorités éducatives de la région et des délégués du département de l’éducation nationale, dans la journée d’hier mercredi, 07 novembre 2018. La démarche visait à échanger avec les enseignants grévistes, très remontés contre le gel des salaires de certains d’entre eux par le gouvernement, rapporte l’un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture.

C’est le bureau préfectoral du SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée) de Mamou, qui a mobilisé ses troupes pour rencontrer lesdits responsables. La salle de conférence de la Direction Préfectorale de l’Education a servi de cadre à la réunion. On notait la présence du directeur national de l’enseignement secondaire, Abdoulaye Dianrougha Diallo ; de l’inspecteur national adjoint de l’enseignement secondaire, Mamady Sidibé ; et des autorités éducatives régionales et préfectorales de Mamou.

Le secrétaire général du bureau préfectoral du SLECG de Mamou, Thierno Souleymane Sall, a rappelé le calvaire que rencontrent les enseignants dont les salaires sont gelés. Ce discours, tenu devant de très nombreux enseignants, a eu suscité une vive émotion. « L’enseignant, même payé régulièrement, il a des problèmes à joindre les deux bouts. Je demande aux décideurs de revoir la copie. Si on gèle les salaires de ces pauvres enseignants et de ces enseignantes, dont certaines ont perdu leurs maris, si elles n’ont rien à la maison, comment l’enfant que vous voyez devant vous va téter ? Nous sommes des religieux, référons nous aux principes religieux. Un jour, personne d’entre nous ne sera là. Nous vous Prions d’avoir pitié des pauvres enseignants pour dégeler leurs salaires. Nous vous demandons humblement de dégeler les salaires pour qu’on puisse acheter du lait pour nos enfants », a imploré monsieur Sall.

Prenant la parole, Mamady Magassouba, directeur préfectoral de l’éducation de Mamou, a réitéré son inquiétude suite à l’échec massif enregistré à Mamou, qui s’explique selon lui par les grèves répétitives. « Nous n’avons pas d’ordures où jeter un enseignant. Il y a la grève et l’après grève. Mais moi, mes inquiétudes, c’est qu’avant la grève, nous avons enregistré des échecs massifs dans les années antérieures. En 2018, nous étions derniers dans le pays. Ça, c’est avant la grève. Ma deuxième préoccupation, c’est comment relever ce défi ? Puisque nous courrons vers un autre échec », pense monsieur Magassouba.

Présents à cette rencontre, les émissaires du MENA (Ministère l’Education Nationale et de l’Alphabétisation) sont revenus longuement sur leur tournée dans la région administrative de Mamou avant de demander aux enseignants de reprendre les cours.

« Nous avons fait le tour de la région. Nous vous félicitons et nous vous remercions de votre attitude. C’est malgré nous qu’on entend que les salaires des enseignants sont gelés. Le couloir de négociations entre syndicat et gouvernement n’est pas fermé. Mais, le gouvernement ne peut pas payer tout le monde à 8 millions de francs guinéens, le chauffeur, la femme qui balaye, le planton, celui qui a fait une étude doctorale. Nous sommes tous des enseignants, retournons à l’école pour l’avenir des enfants. Encore une fois, nous comptons sur vous, nous rendrons compte fidèlement au Ministre de l’éducation. On aurait aimé que nos enfants soient mieux souriants, nos écoles mieux portantes », a dit le directeur national de l’enseignement secondaire, Abdoulaye Dianrougha Diallo.

Notons qu’après cette rencontre, une autre mission est venue prendre langue avec les autorités éducatives et les chefs d’établissements pour leur dire de remonter les listes des enseignants grévistes. Selon nos informations, tous ceux qui ne vont pas reprendre les écoles d’ici le 15 décembre 2018 seront radiés de la fonction publique.

Autant dire que le bras de fer entre les deux camps est loin de connaitre son épilogue.

De Mamou, Boubacar ramadan Barry pour Guineematin.com

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