Depuis quelques temps, la Guinée est obligée de faire recours à un laboratoire mauritanien pour analyser ces produits. Ce qui n’est pas à l’avantage de notre pays, selon la directrice générale de l’ONSPA. M’Mah Savané l’a fait savoir au cours d’un point de presse qu’elle a animé le mercredi, 07 novembre 2018, à Conakry.

A cette même occasion, elle est revenue sur la suspension de l’exportation des produits halieutiques guinéens vers le marché de l’Union européenne, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Revenant sur la genèse de la suspension de la Guinée par l’Union européenne, la Directrice générale de l’ONSPA a expliqué que c’est quand il y a eu la visite de l’office alimentaire vétérinaire de l’UE menée en 2007 en Guinée, qui a inspecté toute la filière depuis le débarquement jusqu’au port et à l’aéroport en passant par les laboratoires, les usines ainsi que les autorités compétentes, que cette suspension est intervenue.

Elle indique que les émissaires européens ont constaté une déficience, notamment sur la qualité de l’eau utilisée par la Guinée pour laver les produits ; mais également le manque de courant, le sous équipement et la non accréditation du laboratoire. « Compte tenu de tous ces problèmes, ils ont suspendu l’exportation des produits halieutiques de la Guinée vers le marché européen », rappelle madame Aribot M’Mah Savané.

Pour une réintégration rapide de la Guinée au sein dans ce marché, Madame Aribot M’Mah Savané soutient que sa structure a déjà élaboré des plans d’action permettant d’identifier toutes les activités qu’il faut mener par rapport au 11 recommandations faites par l’UE. « Au jour d’aujourd’hui, on a mené beaucoup d’activités : en 2016, nous avons envoyé une mission à l’UE où on a rencontré les décideurs. Maintenant, nous avons une assistance technique de l’UE qui est venue constater les points forts et les points faibles de notre structure de contrôle. Et à partir de cette évaluation, nous avons ensemble établi une feuille de route que nous sommes en train d’exécuter», explique la DG de l’ONSPA.

Par contre, madame Aribot M’Mah Savané déplore le manque de laboratoire d’analyse des produits halieutiques dans notre pays. « Nous avons identifié le laboratoire d’inspection sanitaire de la Mauritanie qui est accrédité. Nous avons pris contact avec eux à travers l’expert de l’UE. C’est là-bas où nous envoyons nos échantillons pour analyse. C’est des gros problèmes que nous avons parce qu’il n’y a pas un laboratoire en Guinée qui puisse le faire », a-t-elle souligné.

La DG de l’ONSPA ajoute que, même si la Guinée parvient à lever la suspension avec l’UE, il faut nécessairement continuer à faire ces analyses dont le transfert vers la Mauritanie coûte cher au pays. C’est pourquoi, elle sollicite ardemment la restauration du laboratoire central vétérinaire de diagnostic de l’élevage, section hygiène alimentaire. « On ne peut pas continuer tout le temps à envoyer des échantillons en Mauritanie, ça coûte extrêmement cher à la Guinée. Donc, nous sollicitons la restauration de notre laboratoire central, la mise à disposition des équipements pour le débarcadère de Téménétaye qui est identifié ; mais aussi les moyens techniques pour l’autorité compétente ainsi que l’appui aux opérateurs», demande-t-elle.

A en croire, madame Aribot, en dehors de la reprise de l’exportation de nos produits halieutiques vers l’UE qu’elle souhaite vivement, la Guinée est aussi en contact avec la Corée du Sud. « Actuellement, c’est la filière vers l’Asie qui marche beaucoup plus en Guinée. Il y a une vingtaine d’usines qui travaillent pour l’exportation vers l’Asie», précise-t-elle.

Il faut rappeler que l’ONSPA a pour mission principale d’assurer la politique du gouvernement en matière de qualité sanitaire des produits de la pêche et de l’aquaculture en Guinée.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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