C’est sous le thème « Travailler ensemble ; collaborer avec les familles pour la prise en charge des nouveau-nés petits et malades » que la Guinée, à l’instar des autres pays du monde, a célébré ce samedi, 17 novembre 2018, la 10ème journée mondiale de la prématurité.

L’évènement a mobilisé plusieurs responsables du département de la santé, des partenaires techniques et financiers comme l’UNICEF, des responsables d’ONG ainsi que le personnel de l’Institut de Nutrition et de la Santé de l’Enfant (INSE) du CHU Donka, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

C’est la troisième fois que la Guinée célèbre la journée mondiale de la prématurité. Les autorités sanitaires de la Guinée et les partenaires du pays ont mis l’occasion à profit pour effectuer une visite dans certains centres de santé de Ratoma et de Matam pour s’enquérir de l’utilisation effective de la méthode dite de « Kangourou », consistant à mettre le bébé prématuré sur la poitrine de sa mère afin qu’il puisse bénéficier de la chaleur du corps de celle-ci.

Au CHU Donka, la visite a été précédée par une cérémonie à l’occasion de laquelle quelques discours ont été prononcés. Elle a été l’occasion aussi de procéder aussi à la remise officielle d’équipements offerts par la fondation « A la source de la vie » à l’INSE.

Maminata Bangoura

Plaçant l’évènement dans son contexte, Maminata Bangoura, médecin pédiatre à l’INSE a souligné que la prématurité est un problème de santé publique en Guinée, car elle est la principale cause de décès dans son service. « Elle (la prématurité : ndlr) est souvent associée à des complications graves, responsables des décès dans nos services. Sans traitement approprié, les survivants ont souvent des séquelles irréversibles telles que : une infirmité motrice cérébrale, un retard du développement psychomoteur… », explique-t-elle.

Sur les causes des décès des enfants prématurés, Maminata Bangoura cite entre autres le retard de la prise en charge, l’insuffisance des médicaments et des équipements dans le service, etc.

Dr Adama Ouédraogo

De son côté, le représentant de l’UNICEF à la rencontre, Dr Adama Ouédraogo, est revenu sur le thème choisi pour cette année. Un thème, dit-il, qui interpelle tout un chacun à créer un climat favorable à la survie des nouveau-nés. « La moralité néo-natale est un indicateur sensible de développement d’un pays et un indicateur révélateur de ses priorités et de ses valeurs.

Investir dans la santé des nouveau-nés et non seulement un impératif en matière de droit de l’Homme, la convention des droits de l’enfant ; mais aussi une décision économique avisée pour un pays d’avancer vers des lendemains meilleurs », souligne Dr Ouédraogo.

Il rappelle qu’en Guinée, le taux d’accouchement prématuré (14%) et le taux mortalité néonatale (estimé à 13%) restent encore élevés. C’est pourquoi, il souhaite la poursuite des efforts engagés pour encore minimiser ce taux, et encourage la pratique de la méthode dite de « Kangourou ».

Dr Madina Rachid, Directrice Nationale de la Santé Familiale et de Nutrition

Dr Madina Rachid

Au nom du ministre de la Santé, la Directrice Nationale de la Santé Familiale et de Nutrition, Dr Madina Rachid, a souligné toute l’importance que le gouvernement guinéen accorde à la réduction de la mortalité néonatale et infantile. Ce qui passera notamment, selon elle, par les soins efficaces.

« En Guinée, le taux d’accouchement prématurité est de 14/1000 naissances vivantes dont 6% de ces complications sont liées à la prématurité. Et, plus de ¾ des bébés prématurés peuvent être sauvés si on leur offre des soins efficaces», estime Dr Madina Rachid.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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