Comme annoncé précédemment, après plus de six semaines de grève, les enseignants de Mamou sont descendus dans la rue, ce lundi, 19 novembre 2018, pour protester contre le gel des salaires et réclamer le payement de huit millions (8 000 000 GNF) comme salaire de base pour les enseignants de Guinée.

Le sit-in qui était prévu à la direction préfectorale de l’éducation (DPE) a été empêché et les enseignants ont été dispersés avec du gaz lacrymogènes par les agents des forces de l’ordre qui quadrillaient la zone où se situait cette institution préfectorale de l’éducation, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Mamou.

C’est une grande première à Mamou depuis que le SLECG (syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée) a déclenché le 03 Octobre dernier, la grève des enseignants qui paralyse actuellement le secteur de l’éducation en Guinée. Après une série de sit-in (dénués de toute violence) la semaine dernière devant la DPE, les enseignants grévistes de Mamou ont été systématique empêchés ce lundi d’atteindre leur position habituelle. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires qui réclament le dégèlement des salaires et le payement de huit millions (8 000 000 GNF) comme salaire de base pour les enseignants de Guinée.

Dans la matinée, face à la mairie, sur la route qui mène à la DPE, un jeune homme (un enseignant selon certaines sources au sein du bureau préfectoral du SLECG) a été molesté par les forces de l’ordre. Ce, sous le regard impuissant de certains conseillers communaux de la mairie de Mamou.

Cette action des forces de l’ordre a immédiatement exacerbé les tensions et radicalisé la position les enseignants. Ces derniers ont alors décidé de battre le pavé pour exprimer leur ras-le-bol. Avec des slogans comme : « rendez nous nos salaires, vive les enseignants » ou encore « à bas les traîtres, à bas les médiocres, à bas la dictature », les enseignants ont emprunté la route commerciale. Tout au long du trajet, ils ont été accompagnés par des groupuscules de jeunes qui réclament aussi l’ouverture des classes.

Aux abords du lycée Elhadj Aboubacar Doukouré (le seul lycée public qui étudie actuellement à Mamou), les tensions ont dégénéré en affrontement. Pendant quelques minutes, des projectiles étaient visibles en l’air, tandis que les tirs de gaz lacrymogènes retentissaient du côté des forces de l’ordre. « Mohamed Camara, un enseignant qui se trouvait à l’intérieur du lycée Doukouré a été légèrement blessé par un projectile. Il saigne un peu au niveau du front », a confié un enseignant dudit lycée.

Un autre face à face a été constaté aussi au lieu de regroupement des enseignants à « deux étoiles » entre les enseignants grévistes et les agents des forces de l’ordre. Des jets de pierres n’ont pas été enregistrés ; mais, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour barrer la route aux manifestants qui voulaient à tout prix se rendre à la DPE pour tenir leur sit-in.

Finalement, les enseignants grévistes se sont dispersés ; mais, à bord de plusieurs pick-up, les agents des forces de l’ordre continuent de faire le tour du centre ville [surement à la recherche d’éventuels groupes de protestataires].

A noter que les activités sont complètement paralysées dans la commune urbaine.

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin