Patrouilles mixtes à Conakry : ce qu’en disent certains citoyens

Comme annoncé précédemment, le gouvernement guinéen a décidé d’impliquer désormais l’armée dans la lutte contre l’insécurité et le grand banditisme à Conakry. Les autorités ont mis en place des unités mixtes composées de la Police, la Gendarmerie et l’Armée qui vont effectuer des patrouilles sur les principaux axes de la capitale et ses environs.

Cette mesure, annoncée officiellement hier lundi, 19 novembre 2018 et qui est rentrée en vigueur le même jour, est diversement appréciée sur le terrain. C’est le constat fait par un reporter de Guineematin.com qui a interrogé plusieurs habitants de Conakry sur la question.

Décryptage !

Diouma Diallo

Abdoulaye Diouma Diallo, démarcheur à Bambéto : si c’est vrai que c’est pour sécuriser les citoyens et leurs biens qu’ils viennent, c’est une bonne chose, nous allons nous en réjouir. Mais, il y a certaines choses que les agents font sur le terrain, ce n’est pas bon. C’est par exemple, brigander les gens, venir trouver des gens qui sont tranquillement assis et les frapper, retirer leurs biens, pénétrer dans les concessions et frapper des pauvres vieux comme ce qui s’est passé à Wanindara, renverser des marmites, proférer des injures et même tirer sur les gens, cela n’est pas bon. Si c’est la même chose que ces gens-là aussi viennent faire, nous allons préférer qu’ils ne viennent pas. Mais, si c’est pour sécuriser effectivement les citoyens et leurs biens comme ils l’ont dit, ils seront le bienvenu.

Mohamed Camara

Mohamed Camara, mécanicien à Koloma : si le gouvernement a déployé des dispositifs de sécurisation des citoyens, c’est une bonne chose. Si tu entends les gens dire : je veux de l’argent, c’est parce que tu es en sécurité. Si tu n’es pas en sécurité, tu ne peux pas parler d’argent. Cette initiative ne va pas changer à 100%, mais ça va diminuer beaucoup l’insécurité. Parce que partout dans le monde, il y a l’insécurité.

Maire Fodé

Alpha Mamadou Bobo, alias maire Fodé, commerçant à Bambéto : il est important de sécuriser les citoyens et leurs biens, mais on n’est pas arrivé à un stade où il est nécessaire que l’armée intervienne dans les quartiers, l’armée c’est au camp. La police et la gendarmerie suffisent pour sécuriser les citoyens et leurs biens. Dans tous les cas, si c’est pour la sécurité qu’ils viennent, on le saura. On sait qu’avant la prise de cette mesure, les forces de l’ordre se sont rendues coupables de beaucoup d’exactions dans notre zone ici. Moi je dis que ce qui est bon dans un pays, c’est la vérité. Et, la vérité, c’est le respect strict de la loi. Le respect de la loi est plus fort que la police, la gendarmerie et l’armée.

Sékou Sylla

Sékou Sylla, chauffeur de camion-citerne : depuis que j’ai appris cette nouvelle, je suis très content parce qu’à l’heure actuelle, l’insécurité est devenue de mise à Conakry. Il y a des voleurs, des bandits qui font semblant qu’ils sont des politiciens et qui profitent des manifestations politiques pour faire leur sale besogne. Donc, si les autorités ont pris une telle mesure, cela me réjouit beaucoup parce que cela permettra de lutter contre cette insécurité qui nous inquiète aujourd’hui.

Elhadj Ciré Camara

Elhadj Mamadou Ciré Camara, fonctionnaire retraité rencontré à Cosa : je crois que le déploiement de ces unités mixtes, c’est par rapport à la situation actuelle où on assiste à des tueries et autres. Mais, il aurait été plus important si on responsabilisait les maires, les chefs de quartiers, les chefs de secteurs pour lutter contre l’insécurité que de déployer des unités sur le terrain. Parce que, j’ai l’impression que le gouvernement a récupéré tout, que ça soit pour la sécurité ou l’assainissement, tout est au niveau de l’administration centrale maintenant. Alors que si on donnait la possibilité aux responsables locaux en les associant aux forces de sécurité, l’insécurité allait diminuer beaucoup.

Mamadou Sow

Mamadou Sow, ingénieur agronome rencontré à Cosa : tout ce qu’on souhaite, c’est que cette mission ne vienne pas pour entrer dans les concessions, frapper des femmes et des vieux et renverser des marmites, puisque c’est ce qui se passe habituellement au niveau de certains endroits de Conakry. La police et la gendarmerie peuvent venir au niveau de la route, mais qu’on leur dise de pas ne pas entrer dans les concessions pour y commettre des exactions sur des paisibles citoyens.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

AVIS & COMMUNIQUÉS

PUBLIREPORTAGE

OFFRE D'EMPLOIS