Boubacar Barry, dit Barry Business au siège de l’UFDG

Ils sont sept (7) militants du principal parti de l’opposition guinéenne à avoir été interpellés sur la voie publique et détenus à la maison centrale, le 22 novembre 2018. Dans la journée de ce mercredi, 28 novembre, ces opposants ont été présentés au tribunal correction de Dixinn où ils sont interrogés, rapporte un journaliste que Guineematin.com a dépêché sur place.

Pour dénoncer les violations répétées des lois de la République, des accords politiques et exiger des enquêtes en vue de punir les coupables des assassinats de ses militants (plus de cent depuis 7 ans), l’opposition guinéenne a déclenché une série de manifestation sur les voies publiques. Malheureusement pour ses partisans, chaque fois que les demandes sont introduites, elles sont systématiquement rejetées par le pouvoir qui réprime les manifestations qui sont alors considérées comme illégales…

Par ailleurs, les personnes interpellées dans ces genres de manifestation sont emprisonnées et souvent condamnées. C’est dans ce cadre que 7 militants, parmi les plus engagés, de l’UFDG (principal parti de l’opposition guinéenne) sont actuellement jugés au tribunal correction de Dixinn. Boubacar Barry, communément appelé Barry Business et ses six camarades sont accusés d’avoir effectué des défilés et cortèges sur la voie publique.

A ces accusations, les sept opposants disent au contraire avoir été interpellés au moment où ils étaient à bord de leur véhicule en train de sensibiliser les jeunes pour rester à la maison et ne pas brûler des pneus sur la voie publique…

Malgré tout, le procureur, Bakary Camara a requis six mois de prison avec sursis contre Barry Business et Cie. Mais, le collectif des avocats a plaidé une relaxe pure et simple, arguant que le délit dont on parle est non constitué. L’audience a été suspendue pour la délibération.

A rappeler que les manifestations contre le régime Alpha Condé sont systématiquement interdites en République de Guinée depuis quelques mois. Alors qu’on parle de plus en plus de velléité du président Condé à s’accrocher au pouvoir après son deuxième et dernier mandat constitutionnelle, cette interdiction (contraire à la Constitution guinéenne, qui autorise les manifestations publiques par une simple lettre d’information- et non une demande d’autorisation- aux autorités locales) a visé à la fois des membres de la société civile qui voulaient manifester contre la hausse du prix du carburant, des activistes des droits humains contre l’éviction du président de la Cour Constitutionnelle, des syndicalistes qui réclament une augmentation des salaires, des opposants politiques, etc.

A suivre !

Mamadou Saïdou Hady Diallo est au TPI de Dixinn pour Guineematin.com

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