La marche pacifique que l’opposition républicaine comptait organiser ce jeudi, 29 novembre 2018, a été empêchée par les forces de l’ordre. Les opposants n’ont pas pu rallier l’esplanade du stade de Dixinn d’où devait partir la marche. Une situation qui n’a pas été du goût des organisateurs qui ont dénoncé les « manœuvres d’intimidation » du pouvoir tout en promettant de remettre ça, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Malgré cette énième interdiction, l’opposition républicaine a décidé de maintenir sa marche qui devait partir de l’esplanade du stade du 28 septembre pour le palais du peuple. Mais, c’était sans compter sur la détermination des forces de l’ordre. A peine sortis du domicile de l’opposition à Dixinn, les marcheurs ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène.

Après avoir été gazés et empêchés de rejoindre l’esplanade du stade de Dixinn, les opposants ont battu en retraite et se sont retrouvés au domicile du chef de file pour tenir un point de presse. Ils ont saisi l’occasion pour dénoncer « les manœuvres d’intimidation » du pouvoir avant de promettre d’organiser de nouvelles manifestations.

Revenu à moto au domicile du chef de file de l’opposition, Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, a dénoncé le régime en place. « Dans ce pays, on a l’impression que nous sommes dans la jungle. Toutes les manifestations sont interdites. Ça, c’est une honte pour notre pays. Un gouvernement, qui se veut démocratique, ne peut pas communiquer devant le monde entier, en disant que toutes les manifestations sont interdites dans le pays. C’est un gouvernement hors la loi. Dans un pays normal, on peut assigner en justice un gouvernement qui se comporte comme ça. Nous disons que nous ne sommes pas d’accord de la façon par laquelle ce pays est gouverné. Nous exerçons notre droit constitutionnel. Mais aujourd’hui, je trouve ça ridicule. Chaque fois qu’on a envie de manifester, la police, la gendarmerie, l’armée, on amène du gaz lacrymogène. On a vu même des gendarmes, des policiers avec des armes de guerre. La manifestation devait commencer à l’esplanade du stade du stade du 28 septembre. Pour un gouvernement qui se respecte, il nous aurait au moins laissé aller jusqu’à l’esplanade. Mais, on a bougé juste, on n’était même pas arrivée à l’Oasis, vous avez vu le détachement, avec quelle hargne ces gens-là sont arrivés avec l’intention de nous tuer ? ».

En outre, Fodé Oussou a dit que dans un pays où il n y a pas d’opposition, où l’opposition n’exerce par son droit, ce pays ne doit pas être considéré comme un pays démocratique. « Moi, je me pose la question, qu’est-ce que le président Alpha Condé en tant que président de la Guinée, souhaite avoir comme image ? Parce que, vous avez été témoin, les manifestations n’ont pas commencé maintenant, monsieur Alpha Condé a été président, il a participé à des manifestations. Mais, aucun gouvernement ne s’est comporté de la sorte. Vous avez vu comment ils sont parvenus à militariser Hamdallaye ? C’est une honte pour notre pays. (…) L’objectif, c’est d’essayer de nous intimider, c’est de nous empêcher d’exercer nos droits. Mais là, si c’est ça l’objectif du gouvernement de monsieur Alpha Condé, c’est un objectif complètement faussé. Parce que, nous allons nous retrouver, nous allons vous donner la date des prochaines manifestations », a-t-il annoncé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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