Une bonne partie des enseignants du groupe scolaire privé Christine Camara, situé dans le secteur Kokoma, relevant quartier Sonfonia, sont en grève depuis quelques semaines. Ils ont boudé les classes pour réclamer l’amélioration de leurs salaires. Une revendication que la direction de l’école dit n’être pas en mesure de satisfaire, a appris un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Alors que les écoles publiques de la Guinée sont, pour la plupart, paralysées depuis l’ouverture des classes, certaines écoles privées en sont également touchées. C’est le cas du groupe scolaire Christine Camara, situé dans le quartier Sonfonia. 25 enseignants de cette école sont partis en grève, un peu plus d’un mois après l’ouverture des classes. Les grévistes demandent à ce que leurs salaires qui varient actuellement entre 12500 et 13000 GNF par heure soient portées désormais à 15000 GNF.

« Nous sommes au nombre de 25 enseignants en grève. Nous réclamons l’augmentation de nos salaires. Pendant la rencontre qui a eu lieu à l’ouverture des classes, la direction ou la fondation a fait une promesse. Pendant cette rencontre, nous avions demandé aux responsables de l’école de revoir notre salaire, ils nous ont fait comprendre que si l’effectif venait à grimper, ils pourront faire cette augmentation. Ils nous ont dit de leur accorder un délai de 2 mois, nous avons accepté donc de travailler le premier mois. Au deuxième mois, nous avons constaté que l’effectif a considérablement augmenté.

Alors, on a demandé à la fondation de tenir sa promesse d’augmenter nos salaires. Mais, à notre grande surprise, au lieu d’augmenter nos salaires à 15 000 GNF par heure, ils nous ont proposé d’augmenter 500 francs sur le salaire par heure que nous percevons actuellement. Ils nous ont fait savoir que Christine est en perte de 20% par rapport à l’année passée alors que l’école est très remplie d’élèves. On s’est dit donc que cette explication ne tenait pas. Et, puisqu’on a compris qu’il n’y a pas de volonté de satisfaire notre revendication, on a décidé partir en grève », explique Fodé Cissé, professeur de Français et porte-parole des grévistes.

Interrogé sur cette situation, le proviseur de l’école, Jacob Sagno, indique que l’école a tout fait pour retenir les enseignants, en vain. « Nous avons fait de notre mieux pour que les enseignants restent mais ils n’ont pas voulu. La première raison pour laquelle le salaire horaire n’a pas jusqu’ici été augmenté, c’est parce que chaque année, l’établissement scolaire perd en effectif du côté des élèves. Et cette année encore, nous avons connu une baisse du nombre d’élèves, ce qui diminue le taux de rentabilité.

Deuxièmement, le père fondateur de l’école vient de décéder, c’est difficile donc pour nous de penser à une augmentation de salaires. On leur a proposé quand même d’augmenter 500 francs guinéens sur le salaire par heure de chacun d’entre eux, ils n’ont pas accepté. Donc, nous avons cherché d’autres professeurs pour les remplacer, et les cours vont bon train. Actuellement, les cours se passent normalement », a dit le proviseur.

Jacob Sagno ajoute toutefois, que si les enseignants grévistes arrivaient à reconsidérer leur décision et qu’ils décidaient de venir reprendre les cours, ils seront le bienvenu.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

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