Un séminaire de sensibilisation et de formation sur le harcèlement sexuel dans les industries hôtelières s’est ouvert hier, vendredi 30 novembre 2018, dans un réceptif hôtelier de la place. Une cérémonie organisée en marge de la célébration de la 5ème édition de la semaine mondiale en faveur du personnel d’étage de l’hôtellerie.

Une initiative de la Fédération de l’hôtellerie touristique, restauration, Catering et branche connexe, en partenariat avec l’Union Internationale des Travailleurs de l’Alimentation et branche connexe (UITA), a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette rencontre d’échanges et de sensibilisation, qui réunit une vingtaine de participants, vise à pousser le personnel d’étage de l’hôtellerie à « dénoncer » le harcèlement sexuel dont il est souvent victime de la part des clients.

Mme Doukouré Asmaou Bah

Dans son discours, madame Doukouré Asmaou Bah, secrétaire générale de la Fédération de l’hôtellerie touristique, restauration, Catering et branche connexe a dit que le personnel d’étage de l’hôtellerie, composé en majorité des femmes est souvent victime de harcèlement sexuel à leur lieu de travail. Pour cela, elle a invité ces femmes et hommes de chambre dans les hôtels à briser le silence. « Nous nous sommes retrouvés ici pour discuter de ce phénomène qui gangrène les hôtels, je veux parler du harcèlement que les employés des étages sont en train de subir. Donc, durant une semaine, nous allons discuter, recueillir des témoignages des victimes. Pour ceux qui ne connaissent pas le personnel d’étage, ce sont les femmes de chambre, ce sont les valets, ceux qui nettoient les chambres et font les lits. Je leur demande de briser le silence. S’ils sont harcelés dans les chambres, dans les étages, c’est d’en parler, parce que nous avons des instruments internationaux et des lois nationales qui défendent leur cause », a dit la bonne femme.

Outre le harcèlement sexuel, madame Doukouré Asmaou Bah a dit que le personnel d’étage de l’hôtellerie est victime parfois d’accidents de travail. « Que ce soit au sein de magnifiques établissements de luxe ou d’hôtels plus modestes, s’effectuent chaque jour dans l’ombre des tâches éreintantes, une répétition mécanique de gestes, le déplacement de meubles lourds, associés à une organisation de travail sous pression, au contact avec des produits toxiques et une longue liste de situations à risque. (…) Je voudrai donc dire à l’Etat, aux employeurs surtout d’être à l’écoute de ce personnel. Parce que c’est lui qui est en face des clients, c’est ce personnel qui se frotte avec les clients. Il n’y a pas que le harcèlement sexuel seulement, il y a aussi le harcèlement moral, le harcèlement psychique, le harcèlement physique. Donc, si vous écouter le témoignage de ces femmes de chambre, vous verrez qu’elles travaillent dans des conditions très difficiles. Sans compter le poids du travail, certaines femmes se blessent avec les vitres, les miroirs et autres », a-t-elle ajouté.

Elhadj Mamadou Saliou Diallo

De son côté, Elhadj Mamadou Saliou Diallo, secrétaire général adjoint de l’Organisation Nationale du Syndicat Libre de Guinée (ONSLG) a dit que la présente semaine mondiale a comme objectif principal la sensibilisation et la responsabilisation des travailleurs des étages de l’hôtellerie et leurs employeurs sur le harcèlement sexuel dans leur lieu de travail. « Entre vous et vos employeurs, la négociation collective devra être le socle du dialogue social que vous mettrez en œuvre afin d’aboutir à de parfaites collaborations en milieu de travail. Il n’existe pas de problème insoluble, il suffit seulement d’y mettre de la patience et de l’intelligence dans un dialogue franc et responsable », a-t-il conseillé.

Mohamed Cissé

Pour sa part, Mohamed Cissé, directeur national de l’hôtellerie, représentant le ministre d’Etat au tourisme, de l’Artisanat et de l’hôtellerie à cette cérémonie, a dit que le harcèlement sexuel dans le milieu hôtelier est devenu un problème que tout le monde doit combattre aujourd’hui. Pour y arriver, il a demandé aux acteurs de tout bord, à continuer la sensibilisation. « Il nous revient, nous acteurs du milieu, de faire une forte sensibilisation, de faire comprendre aux uns et aux autres, la délicatesse du métier, mais aussi le côté rémunérateur de notre métier. Quand je dis côté rémunérateur, si le métier est très dur, si le métier à ses risques souvent. Parce que quelque part, il est rémunérateur. Donc, je viens au nom du ministre d’Etat, pour vous remercier et vous encourager surtout dans l’action de sensibilisation pour que les uns et les autres soient au parfum de la délicatesse de ce travail. Et, rassurez-vous que si ce travail est bien fait, nous sommes dans un secteur qui est porteur de croissance, un secteur qui représente un levier économique de notre pays, auquel secteur on doit tous s’attacher ».

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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