Comme prévu, le Bloc Libéral a lancé ce mercredi, 05 décembre 2018, sa grève de la faim pour protester contre la militarisation de l’Axe et la non reprise des cours dans les écoles. Dr Faya Millimono, le président du parti, et ses collaborateurs sont allés s’installer sur l’esplanade du stade du 28 septembre de Conakry où ils comptaient passer quatre jours. Mais, ils ont été déguerpis des lieux par les forces de l’ordre, a constaté un reporter de Guineematin.com qui est sur place.

Plusieurs responsables du Bloc Libéral, en leur tête le président de la formation politique d’opposition, Dr Faya Millimono, des membres d’autres organisations de la société civile et des enseignants entre autres, ont rallié ce mercredi matin, l’esplanade du stade du 28 septembre de Conakry. Ils comptaient passer quatre jours sur les lieux sans manger ni boire pour protester contre l’installation des PA le long de l’Axe Hamdalaye-Kagbélen et la non reprise des cours dans les écoles publiques, due à la grève des enseignants qui dure depuis deux mois.

Mais, les grévistes n’ont pas duré longtemps sur place. Aussitôt installés, ils ont été déguerpis par la police. Les agents ont démonté leur tente, les obligeant de quitter les lieux. Une attitude qui irrite le président du BL, organisateur de cette grève de la faim. « Nous avons dit que nous allons refuser de nous alimenter pendant quatre jours. Nous sommes venus, on a posé notre tente et on s’est assis. Mais, on est venu nous déguerpir. Or, nous avions informé l’autorité municipale de Dixinn qui avait 72 heures pour dire si oui ou non, en argumentant, ce qui pouvait aussi être attaqué devant les cours et tribunaux, notre manifestation était autorisée.

72 heures après, on n’a pas eu de réponse. On veut maintenant nous dire que l’esplanade ici appartient au stade et que même si nous obtenions l’autorisation de la mairie de Dixinn, nous ne pouvons pas rester ici parce que désormais c’est le stade qui gère l’esplanade. Ça montre clairement que la Guinée est dans une phase de dictature. Ce que nous demandons au peuple de Guinée de faire, c’est le moment d’élever la voix au lieu d’attendre d’élever les mains. Personne n’est ami à un dictateur, un dictateur est un dictateur », a déclaré Dr Faya Millimono.

L’opposant s’insurge contre l’installation des PA qui vise, selon lui, à empêcher toute manifestation de rue et à asseoir une dictature dans le pays. Il dénonce aussi la crise éducative qui perdure, accusant le gouvernement guinéen d’être criminel : « Ce sont tous des gens qui ont leurs enfants, pas ici à Conakry. Et même s’ils sont ici à Conakry, ce n’est pas dans les écoles publiques, mais dans les écoles privées. Un gouvernement qui refuse d’envoyer les enfants à l’école, c’est un gouvernement criminel. Criminel parce que nous vivons l’économie de la connaissance. Les pays qui avancent sont ceux qui ont outillé leurs enfants.

La compétitivité d’un pays aujourd’hui, c’est sur le plan de la maîtrise, de la connaissance de la technique et de la technologie. Mais on dit à nos enfants nous, allez-y danser, on peut acheter des billets de concert pour vous, mais nous n’avons pas d’argent pour que vous alliez à l’école. C’est l’avenir même de notre pas qui est en jeu. Et c’est ce que nous sommes en train de démontrer un pas après l’autre. C’est au peuple de Guinée de se lever pour mettre fin à cette dictature », a lancé Faya Millimono.

Après avoir été chassés de l’esplanade du stade du 28 septembre, les grévistes sont allés s’installer devant l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Au cas où ils seraient déguerpis de cet autre endroit, ils promettent d’aller continuer leur grève de la faim dans l’enceinte du siège du Bloc Libéral. « Nous allons nous faire entendre quel que soit ce qu’ils vont mobiliser comme armada », a annoncé Dr Faya Millimono.

 

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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