Les femmes, membres du SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée), décident de redoubler d’engagement dans leur bras de fer avec le gouvernement. Elles l’ont réaffirmé ce jeudi, 06 décembre 2018, à l’occasion d’une assemblée tenue au siège du mouvement, en présence du puissant Aboubacar Soumah, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’éducation guinéenne est en péril depuis le déclenchement de la grève générale et illimitée des enseignants le 03 octobre dernier. Malgré les menaces, intimidations, procès et gel des salaires, les enseignants tiennent le coup et continuent d’observer le mouvement.

Dans la journée de ce jeudi, les femmes du SLECG se sont retrouvées pour se pencher sur l’avenir de leur mouvement. Le secrétaire général du SLECG, Aboubacar Soumah, qui a présidé la rencontre, a mis en garde contre le risque d’année blanche qui guette  notre pays. « Si nous tenons à la grève, jusqu’à la fin de décembre, alors les institutions internationales chargées du contrôle des formations au niveau des nations, vont déclarer une année blanche.

C’est ce que le gouvernement veut. Or, nous ne voulons pas aller à l’année blanche, parce que ce sont nos enfants qui sont là. C’est pour cela qu’on multiplie les pressions pour qu’il nous amène à la négociation. Mais, le gouvernement reste indifférent. Pourtant, ils ont les moyens. Tous ces hauts cadres  de l’Etat, qui refusent de négocier avec nous, ont leurs enfants aux États-Unis », soutient-il.

Par ailleurs, Aboubacar Soumah a dit que le SLECG n’acceptera pas les conditions posées dans les préalables pour les négociations avec le gouvernement. « Lorsque l’USTG a adressé une correspondance au Premier ministre pour la reprise des négociations, on a vu sa réponse. Le Premier ministre, dans sa deuxième lettre qu’il a adressée avant hier au secrétaire général de l’USTG, le camarade Abdoulaye Sow, les préalables qu’il a indiqués dans cette correspondance sont inacceptables.

Il demande comme préalable à l’ouverture des négociations la suspension de la grève et que ces négociations soient ouvertes avec les syndicats qu’ils ont créés. C’est le SLECG qui a signé le protocole d’accord du 13 mars  et engagé la grève. Si ce n’est pas la confusion, comment se fait-il que le gouvernement puisse encore  faire allusion à la participation à ces négociations des syndicats qu’eux-mêmes ont créés ? J’ai dit depuis très longtemps, il n’y a plus d’intersyndicale à l’éducation. C’est seul le SLECG qui va discuter et négocier avec le gouvernement, que ça soit clair et entendu par la partie gouvernementale ».

Pour sa part, Adama Kansaghel Diallo, enseignante à l’école primaire des Dabadins, située à 50 mètres du siège du SLECG à Dixinn, a appelé les femmes à une forte mobilisation et à rester unies pour obtenir gain de cause. « Qu’on soit incorruptible, il (Aboubacar Soumah, ndlr) a accepté de perdre tout, de laisser tout pour les enseignants et enseignantes de Guinée. Acceptons tout, perdons pour le moment, pour l’honorer pour notre cause, notre cause commune, qui est la cause de l’enseignant guinéen.

Alpha Condé, Kassory Fofana sont des fils de ce pays. Kassory n’est pas plus qu’une Yansané, Soumah ou autres en Guinée. Nous allons nous lever pour dire à Kassory, que nous enseignantes de Guinée, nous avons besoin que nos enfants soient à l’école et non dans les rues. La directrice a remonté nos noms. Aujourd’hui, son salaire est gelé, nos salaires sont gelés », a dévoilé l’institutrice.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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