Comme annoncé dans nos précédentes publications, le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation est passé hier jeudi, 06 décembre 2018 devant l’Assemblée nationale pour défendre le budget de son département. Mais, Mory Sangaré était surtout attendu sur la grève des enseignants qui paralyse le secteur éducatif guinéen depuis plus de deux mois. Et, le ministre n’a pas manqué d’aborder cette question en tentant de justifier l’attitude du gouvernement face à cette crise, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Devant les parlementaires, Mory Sangaré a tenté de minimiser la paralysie du secteur éducatif guinéen. Pour lui, les cours ont repris aujourd’hui dans la plupart des écoles publiques du pays et que seulement les enseignants de Télimélé, Boffa, Boké et un peu Lélouma trainent encore les pieds. « Moi-même je suis allé à Pita, nous avons échangé et les cours ont repris. Je devais aller à Télimélé, ensuite à Boffa et Boké… pour leur expliquer et échanger avec eux. J’espère qu’ils vont accepter de comprendre », a dit le ministre.

Parlant du SLECG, le syndicat des enseignants à l’origine de la grève déclenchée le jour même de la rentrée des classes, le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation dit ne rien avoir contre l’organisation ni contre son leader Aboubacar Soumah. Cependant, Mory Sangaré ne comprend pas la démarche encore moins les motivations réelles des meneurs de la grève des enseignants.

« Nous n’avons rien contre Soumah, ce n’est pas de plein gré que je décide de suspendre le salaire. Il y a un effet dévastateur, rien qu’en l’apprenant, le concerné a des problèmes de psychose. Maintenant, regardez honorables députés, en 2018, le gouvernement a payé 40% des salaires avec effet rétroactif même pour les retraités. Et malgré tout, n’aurait été l’intervention des parents d’élèves, il n’y aurait pas eu les examens ». Histoire de dire que ceux qui mènent la grève ont des idées cachées derrière. « Ils ont précipité la grève dès la rentrée et ils ont refusé le dialogue », ajoute-t-il.

« Pour les 8 millions, personne ne peut le refuser. Ce qu’il faut, c’est de voir comment le faire », a dit Mory Sangaré qui dit comprendre la souffrance et les préoccupations des enseignants puisque lui-même est enseignant de profession. Il en a profité pour démentir ceux qui affirment que le gouvernement laisse perdurer la crise parce que tous les ministres ont leurs enfants qui étudient à l’étranger : « Mes enfants étudient au lycée Kipé à Conakry, contrairement à ce que certains soutiennent ».

Revenant sur le gel des salaires, le ministre loue les efforts de la commission qui a fait le travail puisque lui-même n’a pas échappé à la mesure. « Le gel des salaires, même le ministre que je suis s’est retrouvé dedans puisque de Labé, j’ai été affecté à Mamou et le salaire n’a pas suivi et puis de Mamou à Conakry. Nous apprécions le travail à ce niveau », a-t-il indiqué.

Selon Mory Sangaré, ce contrôle de routine a permis de déceler de nouveaux fictifs. « Maintenant la situation pour tous ceux qui sont dans cette situation a été réglée. Les 7.000 restants, considérez qu’ils n’existent pas, ce sont des fictifs. Grâce au contrôle, on a pu décanter cette situation et cela va continuer », promet le ministre.

Il a enfin, appelé les députés au secours pour un retour à la normale dans les localités où les cours n’ont pas encore repris. « En ce qui concerne la grève, je vous prie de vous ajouter à moi pour sensibiliser les enseignants de Boffa, Boké et Télimélé pour qu’ils acceptent de reprendre les cours ».

Abdallah Baldé pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

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