Comme annoncé précédemment, les ministres Alpha Ibrahima Kéïra de la sécurité et Amara Somparé de la communication sont passés hier vendredi, 07 décembre 2018 devant l’Assemblée nationale pour défendre leurs budgets sectoriels pour l’année 2019. La première remarque à faire dans la présentation des ministres, c’est la baisse des budgets alloués aux départements pour l’exercice 2019 par rapport à l’année qui s’achève, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Dans la loi de finances rectificative 2018, le budget du ministère de la sécurité et de protection civile s’élevait à hauteur de 348 milliards 762 millions 995 mille 221 francs guinéens. Il a été à hauteur de 79%, à en croire le ministre Ibrahima Keïra. Pour l’année 2019, cette enveloppe a été réduite jusqu’à 302 milliards 532 millions 339 mille francs guinéens. Cette baisse est perceptible sensiblement au niveau du titre II, réservé au traitement et salaires. Ce qui pourrait porter préjudice au recrutement de 613 agents de police, prévu en 2019.

Justement, parlant de la situation de la couverture de la police nationale à travers le pays, le ministre relève un constat alarmant. Sur un effectif de 11 255 agents, dont 957 affectés à la protection civile, 35 unités répertoriées n’ont aucun agent ; 180 unités n’ont qu’un seul policier. 63 % des effectifs sont concentrés. Soit en tout 505 unités, toutes catégories confondues. Tout un défi !

Pour corriger cette situation, grâce au programme d’appui à la réforme du secteur de la sécurité (PARSS), une cartographie opérationnelle des unités de la police et de la protection civile sur l’ensemble du pays a été réalisée grâce à l’appui de l’Union Européenne, a reconnu le premier flic guinéen.

Pour le ministre de l’information et de la communication, le défi réside dans la couverture du territoire national par la Radiotélévision nationale (RTG). A ce niveau, Amara Somparé, a décliné ses priorités. Il s’agit de « créer un environnement technique, technologique, politique, juridique et communicationnel favorable à la libre circulation des idées et des opinions en Guinée, à travers la conception l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique nationale d’information et de la communication pour le développement articulé autour des politiques sectorielles de communication dans leur complexité et leur interaction », a expliqué le ministre.

D’après le ministre, le gouvernement guinéen et Eximbank de Chine sont en négociation actuellement pour l’obtention d’un financement de 99 millions de dollars US pour la réalisation de la migration de l’analogie au numérique, programme qui permettra la rénovation et la modernisation complète du système de communication.

Dans ses projections, Amara Somparé entend faire des deux RTG : Koloma et Boulbinet une seule entité. Un programme de rénovation et de modernisation des installations est dans les objectifs de ce jeune ministre.

Parlant du budget, Amara Somparé est revenu sur celui de 2018 qui s’élève à 38 milliards 687 millions 574 mille francs exécuté à 93% à la date du 31 octobre. Pour 2019, ces allocations sont amputées de près de 4 milliards pour s’établir à 34 milliards 981 millions 281 mille.

Lors des débats, presque toutes les questions allaient à l’endroit du ministre de la sécurité. Les uns pour fustiger les bavures, parfois les tueries qui accompagnent souvent l’intervention des forces de sécurité lors des manifestions de l’opposition.

L’une des interventions les plus saisissantes, est celle du député uninominal de Gaoual, Ousmane Diallo qui a procédé à la lecture de la liste des 103 personnes mortes dans les manifestations politiques à Conakry. Des personnes toutes tuées sur l’axe Hamdallaye-Kagbélen sans qu’une enquête ne soit menée pour identifier et sanctionner les auteurs de ces crimes.

Les autres, à l’opposé, ont félicité le ministre Keïra sur le déploiement des points d’appui (PA), et en ont fait la demande pour les localités moins servies pour assurer la sécurité des personnes et des biens.

A ces questions, sont venues se greffer celles de l’acquisition des passeports par les Guinéens vivant à l’étranger, la confection des cartes d’identité, …Mais tous ont convenu qu’il faut arrêter les tueries, professionnaliser les forces de sécurité, accroitre la rigueur dans le recrutement et la gestion des effectifs de la police ; tout comme l’équipement et l’entretien des hommes ont également l’unanimité des députés intervenants.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

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