Comme annoncé sur Guineematin.com, quatre personnes, dont une femme, sont poursuivies par le tribunal criminel de Dixinn. Ibrahima Ly (alias Mouzby), Kadiatou Bah (dite Gallé), Momo Camara (alias Kabagny) et Mamadou Djouma Diallo sont accusés d’assassinat, de vol à main armée, de détention, de vente, de consommation de chanvre indien et d’association de malfaiteurs, a-t-on appris sur place.

Pour la journée du mardi, 11 décembre 2018, l’heure était aux plaidoiries et réquisitions des parties au procès. Pendant des heures, l’on a assisté à un débat houleux entre le Procureur et les avocats de la défense.

Dans ses réquisitions, le procureur Daouda Diomandé a expliqué que les quatre accusés ont commis des attaques à main armée en 2012 aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays (Mamou, Pita, Dalaba et Labé). Ainsi, monsieur Diomandé va demander au tribunal de retenir dans les liens de la culpabilité les quatre accusés. « Pour la répression, vous condamnerez Ibrahima Ly, Momo Camara et Mamadou Djouma Diallo à 15 ans de prison », a-t-il requis. En ce qui concerne la dame, Kadiatou Bah, dite Gallé, le procureur va demander une peine de 10 ans de prison ferme.

Des réquisitions qui n’ont pas été du goût de la défense qui dénonce le fait que le parquet n’ait présenté le certificat médico-légal attestant les cas de mort, mais aussi les armes (PMAK) qui ont servi à commettre les 25 attaques évoquées par le procureur. « Ce ministère public ne s’est fondé sur aucun élément de droit, aucun élément objectif. On est en matière criminelle, on ne peut pas juger une personne sans les éléments de preuve. Il nous parle d’un informateur fantôme qui n’a jamais été identifié et n’a jamais été entendu, ni à l’enquête préliminaire ni par le juge d’instruction. A aucun moment on nous a présenté une arme. On parle de PMAK, ces armes sont les dotations de qui ? Nous savons que c’est les forces de sécurité et de défense. Un civil ne peut pas avoir une PMAK ni deux ou trois ».

La défense a également regretté le non respect de la durée de la détention préventive infligée à ses clients, qui ne doit point excéder 18 mois. Pourtant, a-t-il fait remarquer, Ibrahima Ly et ses coaccusés croupissent en prison depuis 6 ans maintenant (le 06 avril 2012, ndlr). Ce qui l’amène d’ailleurs à demander au tribunal de renvoyer le ministère public à mieux se pourvoir et que ses clients soient déclarés non coupables.

L’affaire a été renvoyée au 18 décembre 2018 pour décision être rendue.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

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