La Guinée a célébré la Journée Internationale du Migrant (JIM) ce mardi, 18 décembre 2018 à Conakry. L’occasion a été mise à profit pour intensifier les activités d’information sur les migrants de retour en Guinée, leurs expériences durant le parcours migratoire, leur réintégration socio-économique, ainsi que leurs aspirations et implications pour le développement de notre pays, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette journée a été proclamée depuis l’an 2000 par l’Organisation des Nations Unies. Une célébration qui intervient quelques jours après l’adoption du Pacte mondial sur les migrations par plus de 150 pays, dont la Guinée.

Cette année le ton a été donné par l’Organisation Guinéenne pour la Lutte contre la Migration Irrégulière (OGLMI). A travers une conférence de presse organisée ce mardi à son nouveau siège au quartier Belle Vue, l’OGLMI a annoncé qu’elle compte mener « des actions nécessaires au renforcement du plaidoyer pour une migration plus humaine, dans un esprit de solidarité ».

Mme Fatou N’diaye

Dans son discours, Mme Fatou N’diaye, cheffe de mission OIM/Guinée, est revenue sur le choix du thème de cette année, intitulé «Migration avec dignité». Selon elle, « ce thème n’a pas été choisi au hasard. Il faut accepter de tout perdre, sauf de perdre sa dignité, parce que, quand on perd sa dignité, on n’a plus rien. Le fait de se faire chicoter, le fait d’avoir faim et de demander à manger, alors qu’on a à manger chez soi, le fait d’arriver très bas, de ravaler son orgueil, est une perte de dignité. Donc, il y’a lieu de vous mettre en confiance, de monter au monde que les mouvements des populations ont toujours existé et existeront toujours. Mais, il faut les faire dans la légalité parce que dès qu’on opte pour l’illégalité, on perd sa dignité ».

Elhadj Mohamed Diallo

Pour sa part, Elhadj Mohamed Diallo, président de l’ l’Organisation Guinéenne pour la Lutte contre la Migration Irrégulière a rappelé le calvaire qu’il a enduré sur le chemin de l’Europe. « Ils nous traitent de clandestins, juste parce que nous sommes des étrangers sur leurs terres. Sur la route de l’eldorado, nous avons connu des tortures, nous avons connu des exploitations sans pareil. Il est difficile d’oublier tout ce qu’on a vécu, et surtout difficile de penser à nos frères et sœurs qui y sont encore et ceux qui sont entrain de s’embarquer tous les jours dans cet enfer du désert et de la mer. Aujourd’hui, notre souci majeur est d’informer, sensibiliser les jeunes des risques liés à cette voie irrégulière et surtout nous former pour orienter les jeunes sur les alternatives existantes afin de contribuer au développement de notre pays la Guinée », a-t-il expliqué.

Selon nos informations, en 2018, près de 3400 migrants et réfugiés ont perdu la vie. Et, de 2015 à 2018, plus de 15.000 migrants ont été retournés volontairement par l’OIM. A leur arrivée dans leur pays d’origine, ces migrants guinéens ont reçu des formations et ont été assistés pour la concrétisation des projets de leurs choix.

Au regard de ce triste constat, Elhadj Mohamed Diallo invite les jeunes guinéens à rester chez eux et d’y investir afin de vivre dignement. « Nous, migrants retournés, avons décidé de nous constituer en association pour contribuer à la lutte contre la migration irrégulière. Chacun de nous a un projet financé par l’OIM ou encours de financement. C’est une manière pour nous surtout d’invoquer l’espoir que les jeunes peuvent réussir ici… ».

Idrissa Somparé

De son côté, Idrissa Somparé, chargé de programmes à l’OIM/Guinée, a insisté sur le fait que « la migration n’est pas un phénomène négatif, la migration est un phénomène naturel qui, au contraire, devrait être bénéfique aux peuples et aux individus. Et, en faisant des choses comme celles que nous sommes entrain de faire, nous essayons d’aller dans cette direction là. Ces jeunes qui ont tenté une aventure migratoire, qui malheureusement n’a pas marché, ont pris conscience de cet état de fait. Je voudrai vous féliciter sincèrement. Je sais que ça n’a pas été facile. Voir des jeunes comme ça, prendre leur destin en main et décider de s’impliquer dans la sensibilisation et dans l’amélioration des conditions de vie de leur concitoyens en Guinée est à saluer ».

L’occasion a été mise à profit pour inaugurer le siège de l’Organisation Guinéenne pour la Lutte contre la Migration Irrégulière qui a reçu l’agrément régional, le 28 août 2018.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

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