Guinée : les Forces Sociales et le SLECG se coalisent contre le Gouvernement Kassory Fofana

La dernière menace du Premier ministre de radier les enseignants grévistes qui ne reprendront pas le chemin des classes jusqu’au 31 décembre 2018, ne semble pas ébranler les membres du SLECG. Au cours d’une assemblée générale tenue ce mercredi, 26 décembre 2018 au siège de l’organisation syndicale, Aboubacar Soumah a remobilisé ses troupes pour continuer à boycotter les cours jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. Et le leader du SLECG peut compter désormais sur le soutien de certains membres des Forces Sociales de Guinée.

Plusieurs activistes de la société civile ont pris part à cette rencontre des enseignants, en grève depuis trois mois environ. Ils sont venus exprimer leur soutien et leur solidarité au combat que mène le SLECG, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le bras de fer entre le gouvernement et les enseignants grévistes dans la crise qui secoue l’éducation guinéenne est peut-être loin de trouver son épilogue. Malgré les multiples menaces et intimidations du Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, les enseignants grévistes restent droits dans leurs bottes. Au cours de l’assemblée générale du SLECG tenue ce mercredi, 26 décembre 2018, Aboubacar Soumah, le secrétaire général de l’organisation, a demandé à ses collègues de continuer à observer la grève.

« Chers camarades, nous ne pouvons pas à l’heure où nous sommes, suspendre la grève pour quelles que raisons que ce soient ; sauf si et seulement si le gouvernement nous fait des propositions concrètes sur les 8 millions que nous avons réclamés et qui sont négociables. Le Premier ministre a dit que, si à la date du 31 décembre nous ne reprenons pas, il va nous radier. C’est cette décision qui nous a amenés aujourd’hui à commencer les manifestations de rue et on poursuivra ces marches jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites », a-t-il introduit.

Très remonté contre le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, qui ne cesse de brandir des menaces contre les enseignants grévistes, le secrétaire général du SLECG souligne que « le Premier ministre qui dit que l’Etat n’a pas les moyens, il est là pour rétablir un ordre financier, comment il était ici ? Nous savons dans quelles conditions il a quitté la Guinée pour aller faire sa prétendue formation de doctorat. Nous savons qu’il a tous ses enfants aux Etats-Unis, il a acheté des villas aux Etats-Unis.

Par quel argent, par quels moyens financiers ? Ce n’est pas l’argent du pays ? Alors aujourd’hui, il dit qu’il est venu pour rétablir l’ordre financier, il n’a pas un copeck à nous donner. Les mesures de radiation, il n’a qu’à tenter de le faire, il n’a qu’à tenter de radier un seul enseignant. Chers camardes, ne désarmez pas. Le gel de salaire d’un mois, deux mois et trois mois, nous avons tenu. Il ne faudrait pas que ce mot de radiation nous ébranle. Soyons solidaires entre nous, resserrons les rangs et battons-nous. Je vous jure, si on est unis comme on est maintenant, la victoire est à une minute », a laissé entendre Aboubacar Soumah sous les applaudissements de ses collègues.

Trouvant légitime le combat des enseignants grévistes, les Forces Sociales de Guinée (FSG) ont décidé de soutenir l’équipe d’Aboubacar Soumah. L’administrateur de la Cellule Balai Citoyen de Guinée, Sékou Koundouno, a porté le message de ses collègues devant les enseignants fortement mobilisés.

« A bas l’intimidation ! A bas les menaces ! Ils ne peuvent pas vous radier, ni Alpha Condé, ni son Premier ministre. Le coordinateur national des Forces Sociales, en l’occurrence monsieur Abdouramane Sanoh, président de la PCUD, me charge de vous dire que ce n’est pas un soutien qu’on vous apporte.

Le SLECG est membre des Forces Sociales, après quatre-vingt-dix jours (90) jours de constat, nous prenons toute l’artillerie, les ressources humaines, les moyens financiers et autres pour nous mettre à votre disposition pour prouver à ce gouvernement que ce qui était faisable au précambrien et au quaternaire n’est pas faisable aujourd’hui. Nous vous rassurons d’une chose, celui qui tentera de radier un seul enseignant, je vous assure que dès après la signature de l’acte, tout le peuple de Guinée se mettra en mouvement. Ce n’est plus une question du monde des enseignants et chercheurs, l’éducation guinéenne est menacée et nous le savons que l’éducation est le socle de toute la nation », a dit Sékou Koundouno.

A noter que le SLECG a mis cette occasion à profit pour démentir l’information qui circule sur les réseaux sociaux et qui fait état de la suspension d’Oumar Tounkara, deuxième secrétaire général adjoint du syndicat, après des rencontres qu’il a eues avec le gouverneur de la BCRG et le Premier ministre. Aboubacar Soumah a indiqué que cette information est totalement fausse, assurant que son adjoint n’est pas suspendu.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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