Ibrahima Kalil Keita, préfet de Siguiri

Les collectivités de la préfecture de Siguiri sont confrontées à un sérieux problème administratif. Les cadres mutés dans les différentes sous-préfectures abandonnent souvent leurs postes pour aller s’installer dans la commune urbaine de Siguiri ou ailleurs. La situation préoccupe les nouveaux élus locaux qui tirent la sonnette d’alarme, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Le problème touche beaucoup de localités de la préfecture de Siguiri. A commencer par les sous-préfets jusqu’au plus bas de l’échelle de l’administration locale, plusieurs cadres de l’Etat abandonnent leurs postes pour aller s’installer ailleurs. C’est le cas notamment de la sous-préfecture de Nabou, située à une centaine de kilomètres de la ville de Siguiri. Selon Daouda Kamissoko, le maire de la commune rurale, le sous-préfet est absent de la localité depuis plus de deux mois.

« Le sous-préfet a quitté ici depuis le 17 octobre 2018 et nous sommes le 26 décembre 2018, il n’est pas encore revenu. Tous les événements qui se sont passés ici, il n’était pas là. A chaque fois que je l’appelle il me dit qu’il vient, mais il n’est toujours pas venu et aucun membre de sa famille ne se trouve à Nabou. Aujourd’hui, il n’existe aucune autorité sous préfectorale à Nanou », explique le maire.

Tout comme celui de Nabou, le maire de Siguirini se plaint aussi de l’absence de la première autorité sous préfectorale. « Le sous-préfet est à Siguiri ville depuis un mois. Avant-hier je suis parti le rencontrer, il m’avait dit qu’il se prépare pour venir. Aujourd’hui nous n’avons pas de sous-préfet, pas de sous-préfet adjoint, pas de secrétaire de la commune ni de receveur, même leurs familles ne se trouvent pas sur place », déplore Daouda Keïta, le maire de Siguirini.

La situation est la même à Doko, une autre sous-préfecture de Siguiri. Selon Djanko Dansoko, un activiste de la société civile, dénonce l’abandon de la localité par ses administrateurs. « Le sous-préfet et sa famille sont à Siguiri depuis des mois, il vient une fois par semaine à Doko. Et des fois même il peut passer deux semaines sans venir ici. C’est sa femme qui est secrétaire de la commune, elle aussi est à Siguiri », a dit Djanko Dansoko.

A noter que ce phénomène d’abandon de postes est très récurrent dans les zones reculées de la Guinée. Beaucoup de fonctionnaires de l’Etat qui sont mutés dans ces localités s’y rendent juste pour prendre service. Après ils vont s’installer en ville.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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