Des enseignants de Télimélé, affiliés au Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), ont exprimé leur colère ce mercredi, 02 Janvier 2019, face au gel de leurs salaires. Très tôt, ces enseignants grévistes ont fait le tour des établissements scolaires de la commune urbaine où des affrontements ont été signalés entre pro et anti grève, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

L’Ecole Primaire du Centre (EPC), habituel point de rencontre des enseignants, était cadenassée et quadrillée par les forces de l’ordre. C’est les alentours de cet établissement qui ont fait office de point de ralliement de plusieurs enseignants, venus de tous les horizons de la commune urbaine.

De l’EPC, les grévistes sont allés au lycée Ley-Wendou pour trouver que certains enseignants se sont désolidarisés du mouvement de grève lancé depuis le 03 octobre 2018. Très déçus, ils sont revenus au collège Kolly où des affrontements ont eu lieu entre les grévistes et ceux qui se sont désolidarisés du mouvement. Des injures et des jets de pierres entre enseignants sont enregistrés. Les élèves présents dans les salles de classes ont fini par prendre. L’intervention des forces de l’ordre a permis d’éviter le pire.

Selon Amadou Sylla, un des contestataires, « nous manifestons ce matin pour montrer au gouvernement que nous sommes opposés et farouchement opposés à ce gel de salaire. Ce gel n’est pas conforme à la loi. S’il faut geler les salaires, les familles sont derrière, comment nous pouvons aller reprendre les cours et comment nous pouvons enseigner ? Il y’a un adage qui dit, un sac vide ne s’arrête jamais. Si on a gelé, c’est pour nous dire de rester à la maison. Nous allons continuer à rester à la maison et manifester ».

Amadou Sylla

Plus loin, Amadou Sylla a dénoncé le revirement de certains enseignants qui ont décidé de reprendre les cours. « Si aujourd’hui on voit dans les sales de classes des enseignants avec lesquels on était depuis le début du combat, si on ne fait pas attention, on peut faire un crime. C’est une trahison qui ne dit pas son nom. Encore une fois, je remercie les braves dames, les enseignantes qui sont avec nous depuis toujours. On comprend que vous n’avez pas payé pour être à la fonction publique, vous n’avez pas un lit pour être à la fonction publique et vous n’avez pas été non plus un matelas pour être enseignantes. Nous vous remercions infirment chers enseignantes », a dit le gréviste, visiblement remonté.

A noter que la reprise des cours a été effective dans certains établissements scolaires de Télimélé. Toutefois, les enseignants ne comptent pas baisser les bras jusqu’à la satisfaction de leurs revendications, notamment l’augmentation de leurs salaires.

Le prochain rendez-vous est fixé pour demain jeudi en vue de l’élaboration d’une nouvelle stratégie de contestation.

De Télimélé, Ousmane Dieng pour Guineematin.com

Tél : 622 52 52 50

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin