Ce n’est un secret pour personne que les marchés de Conakry sont des endroits très sales. Mais, la réalité est beaucoup plus triste et déplorable au niveau du marché d’Enta dans la commune de Matoto. Sur place, de nombreuses vendeuses font leur petit commerce dans les tas d’immondices. Ces dames disent être obligées de s’asseoir sur les lieux et les autorités du marché se montrent impuissantes face à cette situation, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

La réalité est triste, mais elle tend à passer inaperçue, puisque devenue habituelle. Chaque jour, plusieurs dizaines de femmes viennent étaler leurs condiments aux abords d’une véritable montagne d’ordures avec ses odeurs nauséabondes et les mouches qui tournent autour. Certaines vendeuses s’asseyent même sur les immondices pour vendre. La situation est difficile à vivre mais ces dames en sont bien habituées.

Kadiatou Fofana

Et elles ne sont pas prêtes à quitter les lieux. Car, même si elles se plaignent de cette situation, elles se disent obligées de faire avec. « Avant, cet endroit était propre. Et même actuellement, le dernier samedi de chaque mois, des gens viennent ramasser toutes les ordures qui sont là, mais c’est la nuit que d’autres personnes viennent déverser encore des ordures ici. Moi, j’étais à l’intérieur du marché, mais ils nous ont dit de quitter parce qu’ils veulent construire des bâtiments là-bas, c’est pourquoi je suis là. Je m’assois ici pour subvenir aux besoins de ma famille. Nous souffrons beaucoup ici, mais n’avons pas le choix », explique Kadiatou Fofana, cheffe des vendeuses.

Fanta Condé

Tout comme elle, Fanta Condé, une autre vendeuse, dit n’avoir pour l’heure aucun autre choix que de rester sur les lieux. « Ce n’est pas notre choix de nous asseoir à côté des ordures pour vendre. Nous nous asseyons ici parce qu’on n’a pas de place. Quand nous payons nos taxes, ils disent qu’ils vont venir ramasser les ordures, mais on ne les voit pas », a-t-elle confié.

De leur côté, les autorités du marché se disent lassées de s’occuper de cette affaire. Hadja Hawa Condé, l’admiratrice du marché d’Enta, dit avoir tout fait pour que les vendeuses quittent les lieux où se trouve le dépotoir, mais sans succès.

Hadja Hawa Condé

Aujourd’hui, elle se dit impuissante face à cette situation. « Ce n’est pas moi qui les ai installées là-bas, ce sont elles-mêmes qui sont allées s’installer sur les lieux. Et nous avons tout fait pour qu’elles quittent là-bas, mais en vain. Une équipe est allée ramasser leurs bagages pour les envoyer ici (au bureau de l’administration du marché), impossible, les policiers sont venus les déguerpir, impossible. Qu’est-ce que moi je peux faire si les militaires, les policiers, sont fatigués ? Dès que tu touches une d’entre elle, elle te dit : mon mari ne travaille pas, mon fils a fini d’étudier il n’a pas trouvé du travail. Qu’est-ce que je peux faire en tant que femme ? Vraiment je n’ai pas de solution pour ça », a dit la responsable du marché.

Pour les vendeuses en tout cas, la solution n’est pas de les déguerpir mais plutôt de déplacer le dépotoir d’ordures. Toutes celles qui ont accepté de nous parler ont plaidé pour une telle démarche.

Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

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