L’actualité a été riche et variée au cours de l’année 2018 dans la préfecture de Faranah. Des événements heureux, d’autres tristes, des surprises, tout a été enregistré dans cette ville de la Haute Guinée. Guineematin.com, à travers son correspondant sur place, vous propose ci-dessous un récapitulatif de quelques faits et événements qui ont marqué l’actualité locale au cours des douze derniers mois.

Sur le plan politique

Comme dans les autres villes du pays, l’actualité politique a été marquée en premier lieu, à Faranah, en 2018, par la tenue des élections locales du 04 février. Les premières élections du genre depuis plus d’une décennie en Guinée. Si dans la commune urbaine, le processus s’est déroulé sans incidents, ça n’a pas été le cas dans certaines communes rurales comme : Hèrèmakono, Passaya, Sandenia et de Maréla où ces élections de proximité se sont soldées par des violences ayant causé plusieurs dégâts matériels. Et jusqu’à présent, les conseils communaux de Hèrèmakono et de Maréla, où respectivement l’UFR et l’UFDG ont remporté les élections, n’ont toujours pas pris fonction. Pourtant, les résultats de ces deux localités n’ont souffert d’aucune contestation.

Hèrèmakono, Maréla et la commune urbaine, sont les trois communes de la préfecture de Faranah où le RPG Arc-en-ciel, a perdu les élections locales. Dans la commune urbaine, c’est une liste indépendante, dirigée par un jeune activiste de la société civile de 31 ans qui a créé la surprise en raflant la mairie devant le parti au pouvoir dans un de ses fiefs historiques.

Sur le plan politique, l’an 2018 a connu la dissolution des deux sections du RPG Arc-en-ciel dans la commune urbaine de Faranah. Ce qui est une conséquence directe de la défaite du parti au pouvoir lors des élections locales du 04 février. Juste après la publication des résultats, plusieurs jeunes du RPG Arc-en-ciel ont laissé éclater leur colère, tenant pour responsables de cette défaite les secrétaires généraux des sections de Faranah 1 et 2. Ils sont allés retirer de force tous les biens mobiliers du parti que détenaient les deux responsables locaux avant de les dissoudre.

Ils ont mis en place une structure dénommée « comité de salut ». Un nom qui n’a pas plu au président de la République. Lors de sa dernière visite dans la ville, le 15 mai 2018, Alpha Condé a dénoncé cette appellation. « Nous ne sommes pas en guerre pour mettre un comité de salut », avait déclaré le chef de l’Etat. C’est pourquoi, la dénomination « comité de salut » a été remplacée par « comité de crise ». C’est ce comité qui gère actuellement les affaires courantes du parti au pouvoir dans la ville de Faranah.

Les vérités d’Alpha Condé aux cadres et aux sages de Faranah : c’est avec un sentiment de déception et même de colère que le président Alpha Condé est arrivé dans la ville de Faranah le 15 mai 2018, en provenance de la région forestière. Et comme à ses habitudes, le chef de l’Etat a craché ses vérités aux administrateurs, aux responsables de son parti et aux sages de la ville. S’exprimant en langue du terroir, Alpha Condé a tenu les sages pour responsables de la discorde enregistrée à Faranah et fustigé une mauvaise gestion administrative et financière de la part des responsables du RPG Arc-en-ciel qu’il avait traités de sangsues.

Sur le plan socio-économique

La ville de Faranah a été secouée pendant l’année 2018 par la hausse des prix des denrées de première consommation, due à l’augmentation du prix du carburant par le gouvernement. Partout, les citoyens crient à la montée en puissance des prix des denrées de première nécessité. Le panier de la ménagère en fortement fait les frais. A cela s’est ajoutée une longue pénurie de poissons dans la ville. Les vendeuses de poissons partaient se procurer de ce produit halieutique à Kissidougou pour venir le revendre à un prix d’or à Faranah.

Depuis la reconstruction du grand marché de Faranah par le président de la République, aucune politique de bonne gestion de ce bijou n’a été mise en place par l’administration du marché. Ce qui a poussé les femmes à refuser de s’installer dans ce marché. Selon les débats autour de la question que l’on entend très souvent dans les rues, bars cafés et d’autres lieux publiques, les magasins de ce marché ont été repartis aux autorités régionales, préfectorales et communales, à certains chefs locaux et certains responsables des forces de défense et de sécurité. Cette mauvaise répartition serait à l’origine du refus catégorique des femmes d’occuper le marché.

A cela, s’ajoute le stationnement anarchique des engins roulants sur la nationale au centre-ville, provoquant plusieurs accidents de circulation. Mais, grâce aux activités d’information et de sensibilisation menées par la nouvelle équipe de la mairie, aujourd’hui ces problèmes sont résolus. Tout le marché est occupé, la nationale est libérée et les policiers font leur travail, à la satisfaction des habitants de la ville.

Sur le plan éducatif

Comme ce fut le cas dans la plupart des villes du pays, le système éducatif a été fortement secoué durant l’an 2018 à Faranah. Cela, en raison des différentes grèves déclenchées par le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) qui réclame des meilleurs salaires pour les enseignants. La dernière grève, toujours en cours, a été marquée par des mouvements de protestation : sit-in et marches pacifiques, organisées par les enseignants grévistes et par les élèves. Des mouvements qui ont tous été dispersés par les forces de l’ordre.

Sur le plan coutumier

Depuis le 26 novembre dernier, Faranah a deux Sotikèmö (patriarches). Une première dans l’histoire de cette ville. Une guerre de succession au titre de patriarche sème une crise au sein des sages de Faranah. Deux frères de la lignée des « Oularé », appartenant aux deux grandes familles fondatrices de la ville de Faranah : « Doutiya et Diamanatiya » se disputent ce titre de chef coutumier. Cette crise perdure jusqu’aujourd’hui.

Sur le plan religieux

Un jeune imam d’une mosquée du quartier Tonkolonko 2 a été suspendu par l’inspection régionale des affaires religieuses de Faranah. Il a été accusé d’adultère avec la femme d’un gendarme. Cette question a divisé les religieux locaux en deux camps : l’un soutenant le jeune imam suspendu et l’autre soutenant sa sanction. Avant d’en savoir plus sur cette affaire, les autorités religieuses ont décidé de suspendre le jeune imam. Après les enquêtes, il s’est avéré que l’imam a été accusé à tort et sa sanction a été levée.

L’inspection régionale des affaires religieuses suspendu un autre prédicateur peu de la ville peu avant la fin de l’année. Cela, suite à des propos jugés incontrôlés que ce dernier a tenus au sujet des fêtes de fin d’année. Le leader religieux musulman avait déclaré que tout fidèle musulman qui mangera un plat préparé pour la célébration du 24 et du 31 décembre ira en enfer. Certains fidèles musulmans et mêmes membres de la ligue régionale des affaires religieuses qui étaient présents dans la mosquée au moment des faits, ont estimé que le prédicateur a dépassé les limites et ont remonté l’information au niveau des autorités religieuses. Ces dernières ont décidé de lui interdire de prêcher jusqu’à nouvel ordre.

Sur le plan sportif

Après 10 années passées en ligue 2, le Sankaran FC a dit au revoir à cette division du championnat national de football professionnel. Le club de Faranah est descendu en division d’honneur après plusieurs revers qu’il a subis sur son propre terrain. Une surprise et une grosse déception chez les fans du ballon rond, très nombreux dans cette préfecture de la Haute Guinée.

Plainte du préfet contre le collectif des anciens footballeurs de Faranah : la descente du Sankara FC n’est certainement pas un fait du hasard. Car, le collectif des anciens footballeurs de Faranah qui gère ce club, s’est confronté à une sérieuse crise financière. Il est allé emprunter un montant de 10 millions de francs avec le préfet afin de faire face aux dépenses liées aux deux derniers matchs du club. Mais le délai qui leur était imparti a expiré sans que les jeunes ne payent l’argent. 17 jours après l’expiration du délai, le préfet de Faranah a porté plainte contre eux à la justice. N’ayant pas les moyens de payer l’argent, les jeunes sont passés par l’inspecteur régional des affaires religieuses pour plaider le premier magistrat de la préfecture pour qu’il accepte d’attendre le paiement des arriérés de la subvention accordée aux clubs par la LGFP.

Mais, l’intervention de l’inspecteur régional des affaires religieuses n’a pas permis d’éviter la convocation des gestionnaires du Sankaran FC par la justice. Après plusieurs tiraillements, le préfet a dû attendre le paiement de la subvention par la Ligue Guinéenne de Football professionnel pour que son argent soit remboursé. Cette affaire a fortement marqué l’actualité dans la ville et fait objets de plusieurs émissions dans les radios locales.

Sur le plan footballistique toujours, il faut noter la tenue du tournoi inter-préfectures doté du trophée Alpha Condé, président de la République, dans la commune urbaine de Faranah. La compétition s’est jouée en avril-mai 2018 et elle a réuni les équipes des préfectures de Dabola, Dinguiraye, Faranah et Kissidougou. L’équipe préfectorale de Faranah a remporté le trophée et a représenté la région administrative de Faranah interrégional à Conakry. Compétition que l’équipe de Faranah n’avait cependant pas pu remporter.

Enfin, plusieurs décès ont marqué l’année 2018 à Faranah. Ce sont entre autres :
la mort tragique de deux jeunes animateurs de la radio communautaire Bambou FM. Il s’agit de Saïdou Samoura et Lansana Kadiatou Camara, âgés respectivement de 24 et de 35 ans. C’est après l’enregistrement d’une émission en Djallonké avec le plus grand charmeur de serpents de la région de Faranah qui est Khalo Moussa Keïra à Tambaya, dans la sous-préfecture de Passaya, que ces deux jeunes ont été fauchés par un tronc d’arbre. L’arbre qui était rongé par un feu de brousse depuis quelques jours est tombé sur eux alors qu’ils étaient de passage sur une moto.

Il y a ensuite la mort de l’inspecteur régional des affaires religieuses. Considéré comme l’homme à tout faire dans la région de Faranah sur les plans religieux et social, Elhadj Aly Béreté, a tiré sa révérence le 22 janvier 2018, laissant de nombreuses personnes sous le choc. La mort d’un autre jeune enseignant chercheur de l’Institut supérieur agronomique et vétérinaire, Valéry Giscard d’Estaing de Faranah a attristé plus d’un dans la ville. Le défunt était considéré comme le grand frère de lait de tous les étudiants de l’Institut et l’ami de tout le monde à Faranah. Bakary Kourouma est décédé dans un accident de la circulation survenu à Macenta, sa ville natale. La réception de son corps et son enterrement ont mobilisé une importante foule à Faranah.

Notons enfin, le décès de la caissière du trésor public, madame Dalogbè Camara, qui a rendu l’âme au Maroc par suite de maladie. Ses obsèques qui ont eu lieu à Faranah, sa ville natale, ont mobilisé des membres du gouvernement et de nombreux habitants de la ville.

Ce sont là entre autres quelques faits qui ont marqué l’actualité à Faranah au cours de l’année 2018. 

Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 620 24 15 13/ 655 69 10 35

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