L’immigration clandestine constitue aujourd’hui une préoccupation de tous les décideurs, tant dans les pays de départ que dans les pays d’arrivée des migrants. Les initiatives se multiplient pour freiner ce fléau plus que jamais d’actualité. C’est dans cette dynamique que l’ambassade la Belgique en Guinée, à travers un échange avec les médias, a dévoilé sa stratégie de lutte contre ce fléau avec ses partenaires, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est la maison de la presse qui a servi de cadre à cette entrevue entre l’ambassade de Belgique en Guinée et la presse nationale, autour du thème « prévention de l’immigration irrégulière des Guinéens en Belgique ».

Selon nos informations, les guinéens constituent la cinquième nationalité la plus représentée parmi les demandeurs d’asile en Belgique. Parmi les motifs invoqués par les guinéens demandeurs d’asile en Belgique, on peut noter é des problèmes politiques, ethniques ou des conflits interpersonnels. Les femmes soulèvent des raisons liées aux mariages forcés et surtout aux mutilations génitales.

Un phénomène contre lequel la Belgique est entrain de lutter, en collaboration avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), l’Union Européenne et les autorités locales. Selon Freddy ROOSEMONT, Directeur Général de l’Office Belge des Étrangers, « le constat est alarmant, d’autant plus que bon nombre de ces demandes sont injustifiées, composées de fausses déclarations. De même, d’autres abus de procédures, en particulier lors des demandes de visas, attirent encore l’attention des autorités. L’utilisation très fréquente de documents faux ou falsifiés est très répandue. Mais, cette pratique se retournera systématiquement contre le fraudeur grâce à une vérification approfondie et systématique des dossiers. Nous déplorons surtout le cas des jeunes qui choisissent la Méditerranée pour arriver en Europe avec tout les dangers qu’il y a ».

Par ailleurs, Freddy ROOSEMONT a expliqué que la migration en Belgique est encouragée, si elle s’inscrit dans un cadre légal. « La migration est une bonne chose, quand c’est légal. Mais, ce n’est pas une bonne chose quand c’est illégal, quand c’est un abus de la procédure d’asile. Ensemble, nous allons influencer les pensées des jeunes. Ce qui est triste, malgré les messages véhiculés, le nombre a de nouveau augmenté. On é on peut compter 140 ou 150 demandes par mois. C’est beaucoup trop ».

En outre, le Directeur Général de l’Office Belge des Étrangers a donné d’utiles conseils aux jeunes, proies faciles des trafiquants en tout genre. « Il faut surtout éviter de tomber dans le piège des gens qui vous demandent de l’argent, mais qui vous refilent des faux documents. On entend souvent des histoires dans lesquels la famille à revendu des biens tels que des parcelles de terrains ou des moutons, des vaches…pour pourvoir financer le voyage. C’est très triste et dommage parce qu’on pouvait investir dans le pays et réussir », soutient-il.

Pour intensifier la lutte contre la migration irrégulière et encourager l’insertion socio économique des candidats potentiels au départ, les autorités Belges basées en Guinée, en partenariat avec l’OIM et les autorités locales, compte procédé très prochainement au lancement du projet dénommé « OMEGA ».

Présent à la rencontre le chargé de communication de l’OIM Guinée, Lucas CHANDELLIER, a expliqué l’objectif visé à travers ce projet. « C’est un projet qui est basé sur la sensibilisation et l’information. Ce n’est pas un projet économique, c’est pour informer et sensibiliser les populations à la fois sur les dangers de la migration irrégulière mais également l’impasse que représente la migration irrégulière en Europe. Donc, on va se baser sur les discours à la fois des migrants retournés, mais également de la diaspora qui se trouve en Europe, qui va expliquer quelle est sa situation sur place, que ça soit des gens en situation régulière ou irrégulière. Ils nous expliqueront leurs réelles conditions de vie en Europe. Ça va être vraiment de compiler toutes ces expériences pour expliquer les difficultés liées à la migration irrégulière ».

Selon nos informations, rien qu’en 2018, les autorités Belges ont enregistré 1125 demandes d’asile introduites par des Guinéens. C’est pourquoi, apprend-on, dans ses prochaines activités de coopération au développement à travers différents outils et de canaux, la Belgique s’est engagée sur la période 2016-2023 à investir près de 75 millions d’euros en Guinée pour freiner la migration irrégulière.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

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