Venu de France où il a vécu pendant 47 ans, Mohamed Cissé, fondateur de l’association SOS pauvreté, solidarité internationale Guinée, accuse la police de Tanènè, dans la préfecture de Dubréka, d’abus graves. Ce citoyen franco-guinéen qui s’est confié à Guineematin.com, indique que les agents de sécurité l’ont brutalisé avec son équipe avant de retirer l’argent et les biens qu’ils avaient.

Selon Mohamed Cissé, c’est dans la nuit du 18 décembre 2018, alors qu’il venait de finir une campagne de sensibilisation dans cette sous-préfecture, que ses collègues et lui ont été agressés, leurs biens emportés par des agents de police.

« Après quelques heures de sensibilisation autour de notre ONG, c’était pour faire connaître notre ONG, au moment où on s’apprêtait à rentrer, vers 20 heures, quatre policiers à motos sont venus nous trouver sur les lieux. Ils sont venus faire sortir le chauffeur, ils nous ont conduits au commissariat. Arrivés là-bas, ils nous ont demandé de présenter les documents de l’ONG. J’ai donné les statuts, le règlement intérieur, l’ordre de mission, évidemment qui n’a pas été visé par l’autorité comme ils nous reprochaient, plus le règlement en question. Alors, quand ils ont vu tous ces documents, ils ont dit encore que ce sont des dossiers fantômes. Donc, qu’ils vont procéder à la fouille. Ainsi, ils ont pris tout ce que j’avais en poche. Ce qui était dans le sac aussi, ils ont pris. Ils m’ont bousculé, je suis tombé. Ils m’ont mis dans la cellule. Ils ont fait de même aux autres collègues », a-t-il expliqué.

Selon monsieur Cissé, ces policiers ont agi avec la complicité du sous-préfet, du commissaire central de Tanènè, Naby Moussa Sylla, et un autre capitaine de police du nom de Mory Mansaré. « Ces agents de police ont reçu l’ordre du sous-préfet Mohamed Youla. Aux environs de 4 heures du matin, il y a la vice-présidente de l’ONG qui faisait partie de la délégation qui a réussie à appeler le secrétaire général du syndicat de Tanèné, un certain monsieur Kaba. C’est ce dernier qui a donc mobilisé des sages et le coordinateur de l’antenne de Tanènè qui n’était pas au courant. Ils sont venus plaider au commissariat.

Mais je vous dis qu’ils avaient pris tout notre argent. Moi, j’avais 300 euros en espèce. J’avais des parfums achetés à Paris, des clés USB, j’avais une gourmette qui faisait 22 carats ; en fait mon sac était comme un bureau. J’avais aussi un montant de 5 millions 800 mille francs guinéens. Ils ont tout pris. Les autres aussi, le photographe avait 1 million 800 mille francs guinéens, la vice-présidente avait un million et quelques aussi. Donc, environ 10 millions de francs guinéens nous ont été retirés par les agents sans compter les 300 euros et les autres biens », souligne Mohamed Cissé.

Il indique que lui et son équipe qui ont recouvré leur liberté vers 4 heures du matin grâce à l’intervention des sages de Tanènè, mais sans leur argent. C’est pourquoi, il promet de poursuivre ces agents devant les tribunaux. « J’interpelle les autorités sur ce que nous avons subi. Ce sont des choses qui déshonorent notre pays, qui déshonorent l’uniforme. Tant que les lois ne seront pas respectées, ce pays ne sortira pas de l’auberge. (…) Le préfet de Dubreka est intervenu en vain, jusque-là, nous n’avons pas notre argent et les autres biens.

Donc, nous avons formulé une plainte au niveau de la justice. Une autre plainte aussi est en phase d’être formulée et qu’on va déposer à l’état-major de la gendarmerie, direction de la justice militaire. Comme moi, je pense que tant d’autres personnes en ont été victimes aussi, et qui n’ont peut-être pas voulu saisir les autorités compétentes. Donc nous, nous allons poursuivre ces agents et le sous-préfet de Tanènè ».

A noter que selon Mohamed Cissé, son ONG qu’il présentait aux habitants de Tanènè, a pour objectif de lutter radicalement contre la pauvreté en milieux agricole, de l’élevage et de la pêche.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin