De nombreuses écoles publiques de la Guinée sont, de nos jours, dans un piteux état. En plus des infrastructures qui ne payent pas de mine, le manque de matériels didactiques est lésion. C’est le cas de l’école primaire de Condeta, dans la commune rurale de Linsan où il n’y a qu’un seul livre de français pour sept (7) élèves, rapporte l’un de correspondants de Guineematin.com basé à Mamou.

L’école primaire de Condeta, dans le district de Simminyah, à 18 kilomètres de la commune rurale de Linsan, n’échappe pas à la triste réalité que connaissent les écoles publiques de la Guinée : infrastructures inadéquates, manque de matériels didactiques, salles de classes archicombles…

Selon nos informations, cette école a été construite en 2006 grâce à une collaboration entre ressortissants et résidents de la localité. Un hangar avait été construit à l’époque pour recevoir 15 élèves, dont 7 filles.

Malheureusement, l’infrastructure n’a pas résisté aux intempéries et a fini par céder. Elle a été réhabilitée par le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) en 2012.

Aujourd’hui, l’école primaire de Condeta connait énormément de difficultés. Selon le directeur, Mamadou Aliou Diallo, « mon école a trois groupes pédagogiques avec un effectif total de 72 élèves, dont 22 filles. Les trois groupes pédagogiques sont : la CP 1 avec 20 élèves, dont 4 filles ; la CP2 avec 35 élèves, dont 13 filles ; et la CE 2 avec 17 élèves, dont 6 filles ».

Par ailleurs, le directeur de l’école primaire de Condeta a dénoncé l’enclavement de la localité et la réticence des certains responsables de familles à envoyer leurs enfants à l’école. « L’accès est très difficile pour arriver ici. Les parents d’élèves refusent d’envoyer les enfants à l’école, surtout les jeunes filles. Outre les matériels didactiques qui manquent ici avec plusieurs élèves pour un livre, les tables-bancs aussi sont insuffisants pour tout cet effectif. Vous voyez, 4 élèves par table. Le bâtiment est trop vétuste, il est complètement dégradé », se désole Mamadou Aliou Diallo.

En outre, l’enclavement de la zone se remarque aussi sur le plan de la téléphonie. « Nous n’avons aucun réseau au centre ici. Il nous faut marcher 2 à 3 kilomètres pour avoir un réseau. C’est difficile pour moi de communiquer avec mes chefs et ma famille qui est restée à Kindia. Je demande au gouvernement, plus singulièrement à mon ministère de l’Education, de nous aider à parfaire notre école ».

Elhadj Mahmoud Diallo

Quant à Elhadj Mahmoud Diallo, président de l’Association des Parents d’Elèves et Amis de l’Ecole de Condeta, il sollicite l’aide des bonnes volontés. « Nous avons réalisé cette école grâce au gouvernement et aux partenaires techniques et financiers. Nous en sommes très contents. Mais, nous demandons aux personnes de bonne volonté de nous aider à bonifier notre seule école pour qu’un jour, qu’on trouve des cadres dans ce village. Car, seul le savoir peut développer une nation. Une localité sans la formation, on ne parlera pas de progrès. Nous avons beaucoup de difficultés ici, mais notre préoccupation majeure, c’est cette école », a fait savoir le président de l’APEAE.

De retour de Condeta, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél. : 625 69 89 19

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