Le projet d’implication des jeunes femmes et hommes au processus de paix et de prise de décisions en Afrique de l’Ouest et au Sahel a été officiellement lancé ce mardi, 15 janvier 2018, à la Bluezone de Kaloum. Ce projet de 40 jours démarre par la formation de 35 jeunes (majoritairement des femmes) venues des régions de Conakry, Boké et de Mamou. Ils seront formés sur le modèle de sensibilisation qu’ils doivent mener dans les différents lieux de regroupement des jeunes dans les régions concernées, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Ce projet est initié par le bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) basé à Dakar. Il sera exécuté par les antennes pays du Réseau Ouest Africain des Jeunes Femmes Leaders (ROAJELF) de la CEDEAO, sous le leadership du Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG), également basé à Dakar, au Sénégal.

Makalé Soumah

Dans son discours, Makalé Soumah, présidente du ROAJELF/Guinée a rappelé que c’est pour répondre à la demande du Conseil de Sécurité d’évaluer l’apport des jeunes aux processus de paix et au règlement des conflits, que l’UNOWAS a loué les services d’un consultant pour réaliser une étude dans la région. Selon elle, « cette étude a couvert les 17 pays d’Afrique de l’Ouest et le Sahel, conformément au mandat de l’UNOSWAS, qui veut appuyer le développement d’un programme de mentorat des jeunes, qui promeut le dialogue intergénérationnel et le coaching des jeunes femmes et hommes, afin de accroitre leur participation au processus dans la région en général et dans leur pays en particulier. C’est dans cette perspective que l’UNOWAS a entrepris, avec l’appui des associations et structures des jeunes dans chaque pays, une série d’activités afin de non seulement sensibiliser les jeunes et les acteurs aux niveaux local et national, sur le contenu des deux résolutions consacrées aux Jeunes, à la Paix et à la Sécurité ; mais aussi, de permettre une validation nationale de la partie du rapport consacrée à chaque pays, de même que les grands axes nationaux du programme de mentorat à développer et à mettre en œuvre dans les pays ».

Consciente que la jeunesse est un maillon important dans la préservation de la paix, Makalé Soumah a dit que ce projet, qui se déroulera en deux phases, permettra de sensibiliser cette couche sociale sur la non-violence. « Vous l’avez vu dans notre pays, récemment, il y a eu des cas de violences et ces cas de violences étaient perpétrées essentiellement par des jeunes manipulés. Donc, les jeunes doivent prendre conscience de leur statut de leader et essayer de construire le pays. Parce que, quand le pays est construit, c’est pour tout le monde, mais c’est notamment pour les jeunes. Parce que nous sommes l’avenir de demain. Nous devons nous éloigner de tout ce qui est violence, de tout ce qui est perturbation, de tout ce qui est manipulation. Nous devons nous impliquer dans la construction de notre pays, car c’est ce qui peut nous faire gagner », a-t-elle conseillé.

Mouctar Diallo

De son côté, le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, a dit que la participation de cette couche sociale à la vie de la cité, au débat public, à la prise de décision, est l’une des priorités de son département. Mouctar Diallo a mis à profit cette cérémonie pour inviter les jeunes à éviter la violence et à apprendre à réclamer pacifiquement leurs droits. « En Guinée, comme vous le savez, plus de 75% de la population a moins de 35 ans. Notre démocratie donc ne saurait, pour être légitime, se construire sans tenir compte de cette donne démographique et sociale. D’ailleurs, si la démocratie est la voie de la majorité, notre démocratie en l’état, doit prendre en considération la voix des jeunes, la voie jeune, ses préoccupations, tout comme ses aspirations, ses espoirs, tout comme ses challenges, ses opportunités d’aujourd’hui, tout comme ses défis de demain. Le monde entier, les grandes instances de décision ont vite compris et entériner cette obligation de l’apport des jeunes dans la gouvernance locale et mondiale, notamment en ce qui concerne l’UNOWAS, l’apport des jeunes au processus de paix et au règlement des conflits ».

Enfin, Mouctar a invité les intervenants dans le champ jeunesse à jouer efficacement leur partition. « Dans un contexte international marqué par l’exacerbation des tensions de tout genre, de recrudescence de la criminalité physique et numérique, et de montée de l’extrémisme, les jeunes ont un rôle crucial à jouer. Ils doivent être sensibilisés et protégés contre l’enrôlement, contre toute forme de manipulation. Eux-mêmes doivent sensibiliser leurs paires jeunes et promouvoir un monde plus sûr », a précisé le ministre de la Jeunesse.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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