Comme prévu, le procès opposant l’UFDG au ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation s’est ouvert ce jeudi, 31 janvier 2019. Le principal parti d’opposition du pays poursuit le Général Bouréma Condé, relative à l’annulation de l’élection du maire de Matoto, qu’il considère comme étant un abus de pouvoir. Les débats ont démarré en présence de toutes les parties concernées, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est sur place.

Comme on pouvait s’y attendre, les débats sont houleux devant la cour suprême. Ils ont commencé juste après l’ouverture de l’audience, maître Salifou Béavogui, l’avocat de Kalémodou Yansané (candidat de l’UFDG à la mairie de Matoto), a relevé un problème. Il s’est opposé à la qualification donnée au dossier par la cour, qui parle de contentieux électoral. L’avocat a souligné qu’il s’agit plutôt d’un abus de pouvoir de la part du ministre de l’administration du territoire.

« Nous sommes devant votre cour contre la décision du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, nous ne sommes pas là pour un contentieux électoral. Si c’était cela, nous ne serions pas venus vous déranger ici. Si la Haute cour de justice était mise en place, ce problème aurait dû être réglé autrement, mais elle n’a pas été mise en place. Parce que ce que le ministre de l’administration du territoire a fait est extrêmement grave. C’est un excès de pouvoir, pour ne pas dire que c’est l’immixtion de l’exécutif dans le judiciaire », a fait remarquer Me Salifou Béavogui.

Une position à laquelle s’est opposé l’avocat de l’Etat. Maître Joachin Gbilimou a indiqué qu’il s’agit bien d’un contentieux électoral. « C’est un contentieux électoral qui porte sur l’avant, pendant et l’après élection du maire de Matoto. Monsieur le président, ce n’est ni moyen ni plus qu’un contentieux électoral, parce de bout en bout, on ne parle que d’élection. La démocratie telle que souhaite le peuple de Guinée, voudrait que vous tranchiez cette affaire comme le prévoit la balance. Cette affaire est un contentieux électoral », a dit maître Gbilimou.

Mais, avant même l’intervention de l’avocat de l’Etat, le juge, Mohamed Aly Thiam, avait répondu favorablement à la précision apportée par l’avocat de l’UFDG. Il a déclaré que la cour prend en compte la demande de l’avocat. « A partir de l’instant, cette phrase ne sera prononcée ni dans les débats ni dans la décision », a-t-il promis.

Les débats se poursuivent actuellement devant la cour suprême.

De la Cour Suprême, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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