La fièvre aphteuse continue sa propagation en Guinée. Après avoir touché plusieurs préfectures de la Haute Guinée, la maladie vient d’être signalée dans la région forestière du pays. C’est notamment à Lola, où l’élevage est bien pratiqué. De retour d’une rencontre régionale consacrée à cette maladie, la directrice préfectorale de l’élevage de Lola a accordé un entretien au correspondant de Guineematin.com dans la préfecture. Pierrette YARATO a parlé de cette fièvre qui attrape les animaux et ses conséquences.

Décryptage !

Guineematin.com : vous rentrez d’une rencontre régionale tenue à N’Zérékoré et qui était consacrée à la fièvre aphteuse. Une maladie qui a fait son apparition récemment dans la préfecture de Lola entre autres. Parlez-nous de cette maladie qui reste très peu connue de nos concitoyens.

Pierrette YARATO : depuis le 29 janvier 2019, nous étions à N’Zérékoré avec une mission venue de Conakry pour nous parler de la maladie animale : la fièvre aphteuse. Depuis le mois de mai 2018, la fièvre là est apparue en Guinée. Elle a commencé par Kankan, avant de toucher Siguiri et Kouroussa. Aujourd’hui, elle a été signalée à Beyla, Kérouané, Lola et N’Zérékoré. Cette maladie est très dangereuse et très contagieuse.

Guineematin.com : quand vous dites qu’elle est très contagieuse, est-ce que ça veut dire qu’elle peut toucher aussi les êtres humains ?

Pierrette YARATO : non, c’est une maladie qui touche uniquement les animaux. Ça attaque les bovins, les caprins, les porcins mais elle n’est pas zoonose. Aujourd’hui, nous sommes obligés de sensibiliser tous nos éleveurs parce que beaucoup ne connaissent pas cette maladie. Cette maladie est très contagieuse. Vous imaginez depuis Kankan là-bas, Siguiri a reçu, Kérouané a reçu et elle se trouve aujourd’hui à Lola. Donc il faut être prudent, surtout avec le déplacement des animaux d’une localité à une autre. Cela peut favoriser la propagation de la maladie. Donc nous devons éviter le transfert des animaux et mettre en quarantaine tous les animaux qui se trouvent dans les zones touchées par la maladie.

Guineematin.com : comment peut-on reconnaître un animal qui est atteint de cette maladie, quels sont les symptômes ?

Pierrette YARATO : les symptômes sont là. Il y a des lésions (plaies, inflammations) au niveau du nez, des lèvres, entre les onglons, au niveau de la langue ; il y a aussi la perte d’appétit. Et la mortalité est très forte chez les jeunes animaux parce que les vaux n’arrivent pas à téter. Si vous constatez ça, vraiment le mieux c’est d’informer le service vétérinaire.

Guineematin.com : il y a souvent des éleveurs étrangers qui circulent avec leurs animaux dans les villages de la préfecture de Lola. Qu’est-ce que vous comptez faire dans ce sens pour couper la chaîne de propagation de la maladie ?

Pierrette YARATO : récemment, j’étais dans la sous-préfecture de Foumbadou, pour sensibiliser les éleveurs afin de ne pas camoufler les maladies. Avant, ils (les éleveurs) camouflaient les maladies parce qu’ils pensaient qu’en informant les vétérinaires, on va abattre tous les animaux. Nous les sensibilisons donc pour qu’ils signalent tout cas suspect de fièvre aphteuse. Et, chaque fois qu’un éleveur constate un cas de maladie, il doit informer les chefs de postes qui sont dans les villages, et ceux-là aussi doivent nous informer, on prend des précautions pour ne pas que la maladie se propage.

Je vous dis que bientôt on va faire la vaccination surtout dans les zones tampons, les zones où la maladie n’est pas encore arrivée. Le gouvernement guinéen, appuyé par la Banque Mondiale, la FAO et le PASAG, a obtenu le vaccin pour couvrir les zones tampons. Donc, les éleveurs sont tenus de déclarer les cas cliniques constatés.

Guineematin.com : est-ce qu’on peut consommer la viande d’un animal atteint de cette maladie ?

Pierrette YARATO : la consommation n’affecte pas les êtres humains. La fièvre aphteuse n’est pas une maladie qui contamine l’Homme, mais elle détruit l’économie du pays. Si tu es éleveur et n’arrives pas à traiter ton animal, tu peux l’abattre et consommer la viande. Mais, on ne se lève pas comme ça pour abattre aussitôt que possible, on veut que l’élevage évolue. Donc on est obligé de traiter les animaux malades.

Entretien réalisé à Lola par Léopold Konté pour Guineematin.com

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