Le verdict est tombé ce lundi 04 février 2019 au tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la mairie de Ratoma. Le capitaine Kaly Diallo, poursuivi pour l’assassinat de Thierno Hamidou Diallo lors d’une manifestation de l’opposition, a été reconnu coupable et condamné à 10 ans de réclusion criminelle. La défense a relevé appel, dénonçant une affaire « mal jugée », rapporte un journaliste que Guineematin.com a dépêché sur place.

Le capitaine Kaly a été condamné ce lundi, par le tribunal criminel de Dixinn, à 10 ans de réclusion criminelle et au payement d’un montant de 50 millions de francs guinéens à la partie civile à titre de dommages et intérêts. Le tribunal a aussi ordonné la confiscation des objets placés sous scellés en date du 26 août 2016.

Pour rappel, le capitaine Kaly Diallo, officier de police, était poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner. Des faits qui se sont produits le 16 août 2016 lorsque Thierno Hamidou Diallo a été tué par balle à Bambéto, dans la commune de Ratoma, à l’occasion d’une marche de l’opposition républicaine.

Peu après, c’est le capitale Kaly Diallo qui avait été mis aux arrêts et placé sous mandat, le 25 août 2016. Mais, au fil des débats, des sérieux doutes ont été émis sur la culpabilité de cet agent, considéré par certains comme la deuxième victime de ce crime…

En tous les cas, dans ses réquisitions d’il y a deux semaines, le procureur avait clairement demandé au tribunal d’acquitter le capitaine Kaly Diallo, expliquant que les infractions ne lui sont pas imputables puisqu’aucune preuve n’a été démontrée. « A la barre tout comme au niveau des enquêtes préliminaires, il n’a pas varié. Il a reconnu la détention de l’arme et les 13 munitions le jour de la manifestation. Le Capitaine Kaly Diallo a reconnu qu’il détenait ce jour une arme PMAK qui n’est pas conventionnelle pour le maintien d’ordre. Mais, sur le décès de Thierno Hamidou Diallo, il n’a jamais reconnu les faits. Le directeur central des unités d’intervention de la police nationale au moment des faits, Ansoumane Camara Bafoé, avait déclaré que l’arme n’a pas été utilisée ce jour. Le commandant de la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS) de Bambéto, Ibrahima Sory Dioubaté, qui a pris l’arme dans les mains de Kaly, a dit que lorsque le Capitaine Kaly a fait sortir l’arme, il a compris qu’elle n’a pas été utilisée ce jour. Il a même dit que si le Capitaine Kaly Diallo doit être poursuivi, c’est pour le non-respect des consignes données par ses chefs hiérarchiques. Ensuite, le rapport balistique a indiqué clairement que Kaly Diallo ne pouvait pas rester à une distance de 401 mètres et atteindre la victime, Thierno Hamidou Diallo, qui était au 3ème étage. D’après ce rapport, il est impossible pour Kaly de rester à cette position et atteindre une cible à cette distance », a expliqué le procureur, Boubacar 1 Bah.

Ainsi, ce lundi, dès après l’annonce de cette décision de condamnation, la défense a relevé appel à l’audience pour « affaire mal jugée ».

Avec Mamadou Baïlo Kéita qui est au tribunal pour Guineematin.com

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