Abdoulaye Bah, ancien président de la délégation spéciale de Kindia

« Pour nous, à l’UFDG, Honorable Kalémodou Yansané est élu maire conformément au scrutin interne proportionnel. Il a eu 23 conseillers qui ont voté pour lui et qui ont même signé dans le registre après avoir voté. Le décompte a eu lieu deux fois, les médias présents ont témoigné avec les images et photos. Il n’est pas question pour nous, à l’UFDG, d’une reprise du poste de maire. Kalémodou Yansané est le maire et reste le maire. Si maintenant par malheur, ils tentent de faire le forcing, je pense que la violence appelle à la violence… », a confié Abdoulaye Bah, ancien président de la délégation spéciale de Kindia, qui a reçu un reporter de Guineematin.com dans l’après-midi de ce mardi, 05 février 2019.

Comme annoncé dans l’une de nos précédentes publications, c’est demain mercredi, 06 février 2019, que le pouvoir a décidé de faire reprendre l’élection du bureau exécutif de la maire de Matoto. Depuis l’annonce de cette nouvelle, et au vu de la tension qui entoure cette élection, plusieurs citoyens redoutent des affrontements entre les partisans du RPG Arc-en-ciel et de l’UFDG ou entre les militants et les forces de l’ordre. Et, selon Abdoulaye Bah, l’ex-président de la délégation spéciale de Kindia, cette hypothèse n’est pas à écarter au cas où la victoire de Kalémodou Yansané ne serait pas confirmée. Il l’a dit au cours d’une interview qu’il a accordée à Guineematin.com, ce mardi 05 février 2019.

Décryptage !

« L’UFDG, dans sa volonté de marcher de manière normale et sérieuse, fait toujours appel à la justice guinéenne. Le RPG n’a aucun égard vis-à-vis des lois de la Guinée, encore moins de la justice. Même les magistrats ont peur ; mais, je rends ici hommage mérité à la Cour suprême qui a eu le courage de dire le droit dans un temps record. La requête a été déposée le 21 janvier, la Cour a entendu les parties, en l’occurrence l’UFDG le 28 et elle a décidé le 31 janvier. Ça, c’est à saluer. L’arrêt est très clair. La demande est recevable en droit et que les lois de la Guinée doivent être respectées par tous les Guinéens, y compris un ministre. Ensuite, le ministre, en matière d’élection politique en Guinée, n’est pas habilité à menacer, encore moins prendre un acte pour annuler une élection. Cette affaire relève du contentieux électoral prévu à l’article 114 du Code des collectivités guinéennes.

Donc, c’est le tribunal de première instance de la circonscription qui est habilitée à juger les affaires électorales comme on a fait à Kindia. A Kindia, on a déposé la plainte au niveau du tribunal. Ici aussi, si le RPG n’est pas d’accord avec l’élection incontestable, légale, sérieuse avec des témoins que sont les médias, il pouvait aller à Mafanco pour contester. Donc, notre parti est allé devant la Cour suprême pour dire que le ministre n’est pas habilité par la loi à annuler une élection. Ça, la Cour l’a dit expressément qu’il n’est pas compétent pour annuler une élection politique, c’est la justice de Guinée qui est compétente. On aurait aimé qu’il respecte les lois de son pays ; mais aussi et surtout, d’une décision de justice qui ne peut pas ne pas être claire. Enfin, la Cour estime qu’elle n’est pas compétente en matière électorale, elle a raison. Il est très bien dit à l’article 114 que ce sont les tribunaux de première instance.

A quoi s’attendre demain à Matoto ?

Donc, si le RPG ou le ministre était contre l’arrêt de la Cour suprême, il ne pouvait aller que devant le tribunal de première instance de Mafanco pour introduire une requête contre l’élection de Kalémodou Yansané. Mais là encore, il y a un délai à respecter. C’est pour dire que le droit n’est pas compliqué. C’est une question de règles et de principes, parce que la loi prévoit qu’il fallait 48 heures pour introduire une requête et le juge a trois jours pour trancher. Donc, on est largement hors délai. Si maintenant le ministre décide, en violation de l’article 114, également en niant une décision de la justice suprême de la Guinée, en ce moment, la Guinée devient dangereuse. Et, l’injustice appelle à la violence. Il faut que le ministre se ressaisisse, s’il aime la Guinée, si réellement il est dignitaire d’un régime comme celui de la Guinée, il doit être un bon exemple. Il doit se plier à la décision de la Cour suprême qui demande de quitter la circulation judiciaire, de quitter la circulation politique. Ce n’est pas son travail et il n’est pas habilité, il n’est pas compétent. Quand c’est trop, on risque de passer par d’autres moyens.

« Le scénario est que l’UFDG viendra avec la ferme volonté de faire élire les 5 ou 6 vices-maires qui restent. Pour nous à l’UFDG, honorable Kalémodou Yansané est élu maire conformément au scrutin interne proportionnel. Il a eu 23 conseillers qui ont voté pour lui et qui ont même signé dans le registre après avoir voté. Le décompte a eu lieu deux fois, les médias présents ont témoigné avec les images et photos. Il n’est pas question pour nous, à l’UFDG, d’une reprise du poste de maire. Kalémodou Yansané est le maire et reste le maire. Si maintenant par malheur, ils tentent de faire le forcing, je pense que la violence appelle à la violence. Nous sommes en droit de riposter, de résister face à des guinéens qui se considèrent super guinéens et prennent les autres guinéens comme des guinéens inférieurs. Je pense que demain c’est la violence si la loi est violée. Si l’arrêt de la Cour suprême n’est pas respecté, l’UFDG et les guinéens épris de justice et de démocratie ont droit de résister face à un gouvernement qui viole les lois et qui refuse de se plier à une décision de justice. Donc, demain tout est possible à Conakry et à Matoto. Ce n’est pas souhaitable ; mais, quand on vous pousse jusqu’au mur, vous n’avez qu’un choix, celui de rebondir sur celui qui vous pousse ».

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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