Finies les heures de gloires pour le Grand Hôtel de l’Indépendance (GHI), plus connu sous le nom de Novotel. Ce complexe hôtelier qui a été, à un moment donné, le leader du secteur en Guinée, traverse actuellement des moments difficiles. Moments difficiles en tout cas pour les travailleurs, qui n’ont pas reçu leurs salaires depuis deux mois, a appris Guineematin.com, à travers un de ses journalistes.

Ils sont 160 environ, les employés du Novotel de Conakry. Selon des témoins qui nous ont parlé sous anonymat, tous n’ont pas reçu leurs salaires des mois de décembre et janvier passés. « Depuis que l’ancien directeur de l’hôtel a quitté, il n’a pas été remplacé. Donc, c’est une grande pagaille qui est là. Ça fait deux mois que les travailleurs n’ont pas été payés. Il s’agit des mois de décembre 2018 et de janvier 2019. Depuis que Capi (NDLR : Ibrahima Capi Camara, nommé Directeur Général de l’Office guinéen de la publicité, le 30 juin 2018) a quitté, il n’a pas légué la gestion. Mais, c’est le Directeur Administratif et Financier (DAF) nommé, Mohamed Keïta, et le trésorier du nom de Mamadou Konaté qui gèrent en toute opacité », explique notre source.

Et, ce n’est pourtant pas l’argent qui manque, ajoute un autre. Même si l’hôtel Novotel a souffert de la concurrence de plusieurs hôtels de luxe construits ces dernières années à Conakry, nous sources assurent qu’il continue de générer une importante manne financière. Car, en plus des clients ordinaires, cet hôtel reçoit aussi des clients qui y sont logés par l’Etat. Et, ce sont des montants faramineux qui sont versés au niveau des responsables de l’hôtel. « Vous savez, quand l’Etat envoie des hôtes, c’est lui qui paie. L’Etat a payé récemment 1 milliard 50 millions de francs guinéens. Ça, c’est pour une première fois.

Une deuxième fois encore cinq cent millions (500 000 000) de francs guinéens. A part ces montants, l’hôtel génère de l’argent parce qu’il y a tout le temps des cérémonies ici, des chambres sont permanemment occupées. Bref, il y a des activités dans l’hôtel. Donc, c’est juste qu’il y a une mauvaise gestion. Ce sont les deux responsables qui se partagent l’argent, je parle du DAF et du trésorier », confie ce dernier.

L’autre inquiétude des travailleurs du GHI Novotel, c’est que le complexe hôtelier doit de l’argent à certaines pharmacies. Ce qui fait que les employés ne peuvent plus prendre des médicaments au nom de l’hôtel. En plus, des vols sont enregistrés très souvent au sein du complexe hôtelier. « Juste un exemple, il y a un employé qui était en congé et qui est venu voler un frigo à l’hôtel. On l’a pris à 4 heures du matin. Sans oublier aussi que la boutique de monsieur Diallo Sadakadji (un homme d’affaires) a été cambriolée ici. Une valeur de 400 millions de francs guinéens a été emportée dans sa boutique. Jusqu’à présent, personne n’en parle ».

Interrogé sur cette situation, Mamadou Konaté, le trésorier du Novotel, reconnaît que les travailleurs n’ont pas perçu leurs salaires des deux derniers mois. Mais, il nous a renvoyé vers le DAF : « je ne suis pas gestionnaire, il y a des gens qui gèrent. Moi, je suis juste le trésorier. C’est le directeur financier qui gère actuellement l’hôtel », a-t-il précisé.

Bien qu’étant nommé directeur général de l’OGP (Office Guinéen de la Publicité), Ibrahima Capi Camara ancien directeur du GHI Novotel est toujours en rapport avec l’administration dudit hôtel. Car son remplaçant n’a pas été nommé encore. Joint au téléphone par Guineematin.com, Capi Camara a reconnu aussi que les travailleurs ne sont pas payés depuis deux mois. Cependant, il dit s’être retiré de la gestion directe de l’hôtel depuis le 07 juillet 2017, laissant une délégation de pouvoirs à monsieur Mohamed Keïta qui est le DAF.

« C’est effectif, les travailleurs ne sont pas payés. Mais, l’argent auquel vous faites allusion (1 milliard 50 millions et 500 millions), si j’ai bonne connaissance, je crois que c’est la présidence qui avait payé. Moi-même j’avais fait des démarches pour que cet argent-là soit payé. Et après bon, je ne sais pas comment ça a été dépensé. Bon, il faut dire qu’au moment où je quittais la masse salariale faisait les 300 et quelques millions par mois. S’ils ont eu un milliard, et vous enlever 600 millions il va rester 400 millions. Mais, ils avaient aussi des dettes fournisseurs d’après ce que je sais.

Moi-même en partant déjà, il y avait déjà un peu de dettes fournisseurs. Mais, moi je m’arrangeais toujours avec les gens, je continuais à payer au fur et à mesure, on les payait. Mais la priorité quand même étant les salaires, et avec deux mois d’arriérés de salaire, j’ai recommandé et ils ont suivi la recommandation, ils ont payé octobre et novembre. Et après, il est resté le mois de décembre », a-t-il expliqué.

En outre, le directeur de l’OGP reconnaît que l’hôtel reçoit des clients même si ce n’est pas à l’image des autres hôtels de la place. « Moi-même où je suis, je continue à leur envoyer des clients. Le peu de clients qui viennent, je les envois avec le paiement par l’OGP. C’est ma façon de les aider », a indiqué monsieur Capi Camara.

Alors, s’il est évident que l’hôtel reçoit des clients et que la présidence a versé plus d’1 milliard 500 millions de francs guinéens récemment, pourquoi les travailleurs du GHI Novotel ne sont toujours pas payés ? Des gens profitent-ils pour se remplir les poches sur le dos des travailleurs de l’hôtel ? Nous avons vainement essayé de joindre Mohamed Keïta, le Directeur Administratif et Financier de l’hôtel pour avoir des réponses à ces interrogations.

A noter que depuis le départ du groupe Accor, le GHI Novotel est géré par les nationaux. Et avec un accord trouvé entre l’Etat et la direction, l’hôtel ne paie ni eau, ni électricité.

Affaire à suivre !

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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