Le procès opposant les citoyens menacés de déguerpissement à Kipé 2 à l’Etat guinéen, va s’achever sans connaître de débats proprement dits. Ce vendredi, 08 février 2019, le tribunal de première instance de Dixinn, en charge du dossier, a ordonné la clôture des débats après l’étude des pièces fournies par les parties. La juridiction a renvoyé l’affaire au premier mars prochain pour la délibération, a appris un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Il faudra encore trois de patience pour les habitants de Kipé 2, dans la commune de Ratoma, menacés de déguerpissement par le gouvernement guinéen, pour être situés sur le sort qui leur est réservé par la justice. Après de multiples reports, dus à l’absence de l’Etat, visiblement en manque d’arguments pour justifier sa décision de déguerpir ces citoyens sans aucune mesure d’accompagnement, le dossier a été appelé ce vendredi par le tribunal de Dixinn, en présence des conseils de l’agent judiciaire de l’Etat et ceux des citoyens.

Et, la présidente du tribunal a décidé de mettre le dossier en délibéré pour décision être rendue le 1er mars 2019. Car, même s’il n’y a pas eu de débats proprement dits, la juridiction a eu suffisamment du temps pour étudier les pièces fournies par les différentes parties. Et pour maître Paul Yomba Kourouma, l’un des avocats des 225 familles menacées de déguerpissement, il n’y a pas de doute que la décision qui sera prise par la justice sera à l’avantage de ses clients.

« Aujourd’hui, l’affaire a été mise en délibéré pour décision être rendue le 1er mars 2019. Les débats sont déclarés clos dans cette affaire. Cela, à la suite des observations du ministère public qui est censé être le représentant de l’Etat dans cette affaire. Lequel a attesté que la propriété querellée est bien celle des occupants qui sont nantis du titre de propriété dûment délivré par l’Etat lui-même. Et que le décret produit par le ministère de la ville est sans effet à l’égard des occupants de Kipé 2 en ce qui concerne le centre directionnel de Koloma.

Donc, les signaux de la victoire sont apparents dans cette affaire. La grande visibilité que le ministère public a eue dans cette affaire, la loyauté, la force de caractère et le courage, ont prouvé dans cette affaire, qu’il est vraiment le gardien de la légalité. Les faits sont criards, patents, et ne sauraient être autrement interprétés qu’en faveur des occupants actuels qui, juridiquement sont bien nantis des documents », a-t-il déclaré.

L’avocat précise que si, toutefois, l’effet contraire se produisait le 1er mars prochain, cette « décision sera censurée par une juridiction plus intelligente, qui infirmera la décision en question. Parce que l’Etat n’a aucun argument solide pour justifier sa décision de déguerpir des citoyens légalement installés et qui disposent de tous les documents nécessaires, attestant qu’ils sont propriétaires légaux des lieux », a laissé entendre maître Paul Yomba Kourouma.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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