Zone aurifère par excellence, la préfecture de Siguiri subit aujourd’hui de plein fouet les conséquences de l’exploitation minière. Son environnement est fortement dégradé et les cours d’eau tendent tous à disparaître. Et, selon des informations recueillies par le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture, cette situation est entretenue par certains responsables locaux de l’environnement, corrompus.

Si l’exploitation de l’or à Siguiri rapporte de l’argent, il n’en demeure pas moins qu’elle engendre de graves conséquences sur l’environnement. Aujourd’hui, les températures sont régulièrement très élevées, les terres, autrefois cultivables, sont détruites et les cours d’eau sont en train de tarir l’un après l’autre. Dans certaines localités reculées de la préfecture, les citoyens sont obligés de parcourir de longues distances pour se procurer de l’eau à boire.

Selon des spécialistes, cette situation s’explique en grande partie par l’utilisation de produits chimiques dans les mines d’or. A ce sujet, ce sont les orpailleurs étrangers qui sont pointés du doigt. Mais, eux aussi, accusent les responsables en charge de l’environnement. C’est le cas d’un mineur Burkinabé que nous avons rencontré à Maléyah, localité située 80 km de la ville de Siguiri, où la nature est complètement dévastée.

Il indique que les cadres du secteur leur demandent de payer de l’argent pour pouvoir utiliser les produits chimiques dans les mines. « On m’avait chassé ici pour une première fois. Quand je suis revenu, j’ai négocié avec les services de l’environnement. J’ai payé une somme de 15 millions de francs pour commencer le travail, je ne suis pas le seul à payer de l’argent, tous les étrangers payent », explique-t-il.

Interrogé sur la question, le Caporal Ibrahima Sory, conservateur de la nature à Maléyah, rejette toute responsabilité. « Je suis un simple agent de terrain et non un décideur. Quand on me dit d’aller prendre une chose, je le fais. Moi, j’agis sous l’ordre de mes chefs qui sont aux bureaux. Vous pouvez aller les interroger, mais ne me créez pas de problèmes », répond-t-il sèchement.

De son côté, le directeur préfectoral de l’environnement, des eaux et forêts, reconnaît avoir appris cette nouvelle. Mais, Aboubacar Sidiki Keïta dit n’être pas bien situé pour l’instant sur cette question. « C’est une situation qui me fatigue aujourd’hui, j’ai appris comme vous que les orpailleurs étrangers sont de retour à Siguiri et qu’ils utilisent les produits chimiques.

Et, on m’a dit qu’ils sont en complicité avec certaines autorités. Mais, vous savez que moi, je suis coordinateur de la section de l’environnement et des eaux et forêts, je ne suis pas sur le terrain. Je suis en train quand même de mener des enquêtes là-dessus », a dit ce responsable.

A noter qu’en plus de l’exploitation minière, la préfecture de Siguiri est confrontée aussi à la coupe abusive du bois. Toutes choses qui contribuent à dévaster la nature.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin