Le secrétaire général du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), Aboubacar Soumah, menace d’envahir l’école primaire de Jean Paul 2, située au quartier Taouyah, dans la commune de Ratoma. Les enseignantes de cette école, de niveau maternel, seraient interdites d’accès des lieux depuis la suspension de la grève des enseignants. L’annonce en a été faite ce samedi, 09 février 2019, à l’occasion d’une assemblée générale du SLECG, tenue à son siège à Donka, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

« La directrice de l’école primaire de Jean Paul 2 est allée recruter d’autres femmes dans le quartier pour remplacer ces enseignantes que voyez là. Pourtant, elles sont titulaires, engagées à la fonction publique. Elle a envoyé des policiers et des gendarmes à l’école là-bas pour empêcher à ces enseignantes d’accéder aux salles de classe. Les agents empêchent les titulaires de reprendre les cours parce qu’elles ont observé la grève », a révélé Aboubacar Soumah, face à une assistance médusée.

Devant cet état de fait, le secrétaire général du SLECG a dit son indignation tout en mettant en garde la responsable de ladite école. « Si d’ici à lundi, les femmes là ne reprennent pas, nous demanderons à tous les enseignants de débarquer dans son école. Je tiens sous la main comme ça, l’arrêté d’engagement de ces femmes là. S’ils veulent, ils n’ont qu’à déployer toute l’armée de cette école. Si le lundi, ces femmes-là ne reprennent pas, nous allons arrêter les cours dans tout Conakry le mardi pour nous rendre là-bas. Il ne faudrait plus qu’on se laisse faire », a lancé Aboubacar Soumah, sous un tonnerre d’applaudissements.

Par ailleurs, Aboubacar Soumah a rappelé que ladite école dépendait autrefois du ministère de l’Action Sociale. « Aujourd’hui, toutes les écoles maternelles sont au compte du Ministère de l’Education Nationale. C’est à ce titre que ces femmes-là sont allées en grève », a-t-il dit.

Nos multiples tentatives de joindre la responsable incriminée, entre 16h 34 et 17h 30, sont restées sans succès.

Au cours de cette assemblée générale, il a été également question des avancées enregistrées dans l’application du protocole d’accord liant le gouvernement au SLECG. Selon Aboubacar Soumah, le dégel des salaires des enseignants grévistes n’est pas appliqué à 100%. « J’ai reçu des appels de Conakry et de l’intérieur du pays comme Kissidougou, Gueckédou. Il y’en a qui parlent d’un mois, d’autres d’un mois. Mais, nous avons dit aux responsables du SLECG au niveau préfectoral ou communal de nous faire parvenir tous les cas pour qu’on s’en occupe. Nous avons aussi constaté que la prime de documentation n’a pas été payée pour les trois mois. Dès lundi, nous allons demander à l’inspecteur général du travail de régler la question ».

En outre, le secrétaire général du SLECG a fait l’état des mieux sur la mise en place de la commission interministérielle chargée du toilettage du fichier de la fonction publique. Selon lui, une commission paritaire composée de 20 membres, 10 pour chaque camp, a été mise en place, présidée par Dr Alpha Amadou Bano Barry, conseiller à la présidence chargé de l’enseignement supérieur. Il ajoute que 48 autres personnes ont été choisies dans les deux camps, soit 24 pour chaque camp, en vue de mener à bien la chasse aux fictifs. Le secrétaire général du SLECG a invité ses hommes à faire preuve de vigilance pour que tous les fictifs soient extirpés des rangs des enseignants. « C’est la condition pour obtenir nos 8 millions de FG ».

Pour finir, Aboubacar Soumah a dénoncé les actes d’engagement de jeunes gens à la fonction publique du ministre de tutelle, Billy Nankouman Doumbouya, qui a coopté ainsi plusieurs communicants du RPG Arc-en-ciel, le parti au pouvoir.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com
Tél : 628 17 99 17

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