Elhadj Ousmane Barry, maire contesté de Ouré-Kaba

Comme annoncé par une précédente dépêche de Guineematin.com, l’élection de l’exécutif communal de Ouré-Kaba (dans la préfecture de Mamou) a eu lieu ce lundi, 11 février 2019. A l’issue du vote, Elhadj Ousmane Barry (à égalité de voix avec son adversaire de l’UFDG) a été investi maire de cette commune rurale « parce qu’il est le plus âgé que son adversaire », dit-on. Mais, cet argument est déjà attaqué par l’UFDG qui dénonce une mascarade électorale et une violation de la loi.

Selon des informations confiées à Guineematin.com, cinq conseillers du RPG (dont deux qui voulaient se présenter contre Elhadj Ousmane Barry) ont été vidés de la salle de vote.

Joint au téléphone cet après, Madiou Diallo, le secrétaire fédéral de l’UFDG à Mamou, a parlé plutôt d’une séquestration. « Il y a eu cinq conseillers du RPG qui ont été vidés de la salle de vote. Ils ont été séquestrés au siège du crédit rural jusqu’à la fin du processus. Et, ce sont les gens du pouvoir qui ont fait cela parce qu’ils savaient que parmi ces cinq conseillers du RPG, il y a de potentiels candidat qui pouvaient battre celui qu’ils ont envisagé d’investir maire de Ouré-kaba », a expliqué Madiou Diallo.

Officiellement, 22 conseillers (sur les 23 élus le 04 Février 2018) étaient présents dans la salle de vote et que ces 22 élus ont tous participé à l’élection qui a propulsé Elhadj Ousmane Barry à la tête de la mairie de Ouré-kaba.

Mais, le secrétaire fédéral de l’UFDG jure que ce n’était pas la bonne information. Selon Madiou Diallo, « les cinq conseillers élus du RPG qui ont été séquestrés ont été remplacés par des individus qui sont acquis à la cause de Elhadj Ousmane Barry et du RPG. Ce sont ces individus qui ne sont pas des conseillers qui ont voté à la place des conseillers séquestrés ».

Cette information est confirmée au téléphone de Guineematin.com par plusieurs sources qui ont suivi cette élection. Certaines sources précisent d’ailleurs que « même les téléphones des cinq conseillers séquestrés ont été confisqués. Ceci, pour les empêcher de communiquer avec l’extérieur ».

Madiou Diallo

Mais, le comble dans cette histoire, indique Madiou Diallo, c’est le refus des autorités d’accepter un quelconque remplacement de la conseillère (Mariama Bah) de l’UFDG qui était absente des lieux. « Ils ont remplacé les cinq conseillers du RPG. Et, en même temps, ils ont refusé qu’on remplace la conseillère de l’UFDG qui était absente. Ils ont aussi refusé la procuration », a-t-il dénoncé.

Parlant de la démarche que va adopter l’UFDG face à cette situation, Madiou Diallo privilégie une option légale. « À partir du moment où la loi a été violée, c’est de notre droit de nous plaindre. Les dispositions légales ont été violées à plusieurs niveaux. D’abord, le dépôt légal de la convocation de l’élection n’a pas été respecté. La loi a prévu 72 heures. Mais, c’est seulement hier nuit que l’information a été donnée que l’élection allait se passer aujourd’hui (lundi). La deuxième violation de la loi, c’est le faut de faire sortir les conseillers légaux du RPG qui devaient participer au processus, pour les remplacer par de simples citoyens de Ouré-Kaba qui n’ont rien à voir avec l’élection. Et, tenez-vous bien ! Malgré le fait d’avoir remplacé cinq conseillers du RPG, ils ont refusé qu’on remplace la conseillère de l’UFDG qui était absente. Ils ont refusé aussi la procuration. Donc, compte tenu de tous ces facteurs, il est de notre droit de nous plaindre, même si nous connaissons tous la justice guinéenne… », a indiqué le secrétaire fédéral de l’UFDG à Mamou, tout en dénonçant une élection à l’image de celle de Matoto (Conakry).

A suivre !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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