Massacre du 28 septembre : « c’est Dieu et mon impartialité qui m’ont sauvé », dit Amadou Diallo

19 février 2019 à 22 10 02 02022
Amadou Diallo

Comme annoncé précédemment, l’ancien correspondant de la BBC en Guinée, Amadou Diallo, a accordé récemment une interview à Guineematin.com, depuis Dakar où il vit et travaille désormais. Le célèbre journaliste a évoqué plusieurs sujets, notamment le massacre du 28 septembre 2009, qui a coûté la vie à plus de 150 personnes, selon le bilan des ONG. Lui, qui a été témoin oculaire des faits, a raconté ce qu’il a vu ce jour-là dans le stade du 28 septembre de Conakry et comment il en est sorti vivant.

Décryptage !

Guineematin.com : vous étiez correspondant d’un grand média international, donc vous étiez forcément sollicité par les opposants au régime Conté quand ils voulaient se faire entendre. Quels rapports aviez-vous avec les leaders de l’opposition, dont Alpha Condé, Bâ Mamadou, Siradio Diallo et Jean Marie Doré ?

Amadou Diallo : écoutez, je vous ai dit que de 1996-1997 jusqu’en fin 2009, j’étais correspondant de la BBC. A l’époque, il n’y avait pas de radios ou de télévisions privées. Ce n’est pas comme maintenant. Avant, il n’y en avait pas. Et, pendant toute cette période, évidemment, c’était la BBC, RFI et Africa N°1 qui couvraient l’actualité guinéenne. En tout cas qui couvraient les leaders de l’opposition mais aussi de la mouvance présidentielle parce que nous on couvrait tout le monde. On n’avait pas de sujets de prédilection. L’actualité, elle s’impose à vous.

Que vous soyez de la mouvance ou de l’opposition, nous on couvrait l’actualité et certainement avec beaucoup plus de professionnalisme. C’est ce qu’on a fait. Les leaders politiques, notamment ceux de la mouvance avaient la RTG ; mais, les autres, ils n’avaient pas accès à la RTG. Le Professeur Alpha Condé n’avait pas accès à la RTG, Bâ Mamadou, Jean Marie Doré, Siradio Diallo n’avaient pas accès à la RTG. Donc, s’ils devaient se faire entendre, c’est à travers nous, en tant que journalistes.

Vous pouvez aller voter pour X ou Y s’il y a élection ; ça veut dire qu’en tant que citoyen, vous avez votre opinion sur la marche de votre pays. Seulement, si vous voulez être journaliste objectif et indépendant, vos convictions politiques ne doivent pas rejaillir. Ça, quand même, c’est difficile. Beaucoup de journalistes ne parviennent pas à le faire. Et, pourtant, c’est ce qu’il faut faire. Mais, si vous ne pouvez pas faire cela, en ce moment, mieux vaut aller militer. Personnellement, je n’ai jamais milité.

Guineematin.com : vous attendez quel moment pour le faire ?

Amadou Diallo : (rires).

Guineematin.com : il y a parfois une passerelle entre le journalisme et la politique. Certains quittent l’un pour aller dans l’autre.

Amadou Diallo : absolument ! Vous savez, les journalistes côtoient les politiciens et ils voient comment les politiciens travaillent. Ils apprennent avec les politiciens la politique. Mais, personnellement, je n’ai jamais milité. J’ai préféré rester journaliste parce que déjà le médium pour lequel je travaille, la BBC, n’admet pas ce genre de positions. Vous ne pouvez pas être journaliste à la BBC et être militant, ce n’est pas possible. Là, vous allez choisir. Si vous voulez faire carrière à la BBC, vous devez rester journaliste. Et, moi, j’ai choisi de rester journaliste.

Maintenant, vous me dites jusqu’à quand je vais rester journaliste, est-ce qu’un jour je vais militer, ça, je laisse le choix à l’avenir. Tout à l’heure vous m’avez demandé quels rapports j’entretenais avec ces opposants, on entretenait d’excellents rapports avec eux. A la limite, c’était nos amis puisque vous savez que les journalistes et les leaders politiques, ce sont des partenaires. Ils ont besoin de la presse, mais la presse aussi a besoin d’eux. C’est comme ça que ça fonctionne. Mais, c’était des amis. Il n’y avait pas de problème (….)

Guineematin.com : qu’en était-il avec le capitaine Moussa Dadis Camara ?

Amadou Diallo : je pense qu’avec Dadis, l’effervescence était au maximum. C’était le top. Tout le monde avait soutenu Dadis, comme tout le monde avait soutenu à un moment donné le CMRN. Il est venu avec des idées nouvelles, des idées novatrices. Les gens ont vu en lui quelqu’un qui pouvait changer la Guinée. Parce que vers la fin du régime du Général Lansana Conté, vous savez toute la pagaille qu’il y avait, toutes les contradictions au sommet de l’Etat au point que même les plus proches, même les parents du Général Lansana Conté se rendaient compte que ce n’était plus lui qui dirigeait la Guinée et ils se sont joints à la dynamique du changement qui avait été déclenchée par le syndicat en 2006 et 2007.

Donc, Dadis était soutenu par les forces vives à l’époque, parce que l’opposition et la société civile s’étaient coalisées et avaient créé une plateforme qu’ils appelaient les forces vives de la nation. Et, les forces vives soutenaient le capitaine Dadis et le CNDD. Comme vous le savez, ce soutien n’a pas duré parce que le capitaine Dadis a, je crois, été poussé par certains de ses proches collaborateurs… C’est très dommage. Je pense que le capitaine Dadis aurait pu faire beaucoup de bonnes choses pour la Guinée. Malheureusement, certains de ses proches l’ont poussé à commettre l’irréparable. Ils l’ont poussé à vouloir se présenter à l’élection présidentielle qui devait venir, ils l’ont poussé à dire qu’il n’avait pas été condamné par qui que ce soit, qu’il était guinéen comme tout autre guinéen et qu’il était libre de se présenter s’il veut se présenter. Et, c’est là que tout a été gâché.

Se rendant compte que le capitaine Dadis veut ainsi se présenter aux prochaines élections (alors qu’il avait dit au départ que le pouvoir ne l’intéressait pas, qu’il n’allait pas se présenter), les forces vives se sont retrouvées et lui ont retiré leur soutien. Et, c’est pour cela que la manifestation du 28 septembre a été organisée. Vous connaissez la suite. Ça a été très difficile aussi bien pour moi que pour tous les Guinéens, j’imagine. Tous les Guinéens de près ou de loin, tout le monde a été touché par les évènements du 28 septembre. J’étais au stade du 28 septembre et je sais que c’est par la grâce de Dieu que j’ai pu survivre, que j’ai pu sortir du stade du 28 septembre. Je sais aussi que c’est par la grâce de Dieu que tous ceux qui sont sortis du stade du 28 septembre sont sortis ce jour, tellement la répression était forte, tellement la violence était forte et aveugle.

Guineematin.com : qu’est-ce qui s’est exactement passé ce jour au stade du 28 septembre ?

Amadou Diallo : personne ne peut vous dire exactement tout ce qui s’est passé ce jour-là. Personnellement, je ne saurais vous dire ce qui s’est passé ce jour-là puisque lorsque les armes de guerre crépitent, vous n’êtes pas militaire, vous êtes civil, évidemment, vous vous cherchez et tout le monde se cherchait. Et, lorsqu’entre 11 heures et 12 heures ce jour-là, les armes crépitaient dans l’enceinte du stade, c’était la débandade. Le stade était plein, archicomble de jeunes surexcités, très contents d’avoir bravé l’interdiction de manifester parce que le stade avait été interdit aux jeunes. La junte n’avait pas autorisé la manifestation ; mais, l’opposition, les forces vives avaient décidé de braver l’interdiction, d’aller à la manifestation pour dire non à la candidature du capitaine Dadis.

Alors, lorsque les armes ont commencé à crépiter, c’était donc la débandade. Personne ne savait ce qui se passait. On a vu les militaires foncer sur les gens et tirer comme si c’était la chasse. Et, c’est pour cela que je vous dis que personne ne peut vous dire exactement ce qui s’est passé. Ce que vous pouvez dire, c’est ce que vous avez vu de votre côté, là où vous étiez, ce que vous avez vu. Vous ne pouvez pas embrasser tout ce qui s’est passé dans le stade étant donné que les armes crépitaient ; que les militaires tiraient sur tout ce qui bougeait ; que les gens tombaient et mouraient devant vous. Vous vous cherchez évidemment.

Guineematin.com : vous, c’est quoi votre histoire du 28 septembre ? Vous êtes arrivé comment ? Qu’est-ce qui s’est passé devant vous et comment en êtes-vous sorti ?

Amadou Diallo : écoutez ! Le matin, c’est comme si je savais que ce jour-là, ça allait chauffer. Donc, je suis arrivé très tôt. A 9 heures, je suis arrivé avec certains confrères à l’esplanade du stade et on travaillait là. Les premiers moments d’accrochages entre les jeunes et les forces de l’ordre ont eu lieu vers 9 heures. Comme la manifestation était interdite, évidemment, les forces de l’ordre étaient là aussi, déployées comme d’habitude. Donc, les forces de l’ordre ont commencé à disperser et des accrochages ont eu lieu le matin vers 9 heures. On était donc dispersés ; mais, nous sommes restés aux alentours et les gens se sont regroupés par petits groupes. Le premier groupe qui avait été dispersé était vraiment très petit. Et, lorsque les gens ont commencé à déferler vers le stade, la police et la gendarmerie étaient débordées.

Les gens sont allés forcer les portes du stade et pénétrer à l’intérieur. Moi, j’étais avec certains amis, des journalistes. Lorsqu’on a su que le stade est plein, que les gens ont forcé les portes et les barrières qui étaient à l’intérieur et que les leaders qui étaient venus chez Jean Marie Doré devaient arriver (parce que tous les leaders s’étaient retrouvés chez lui et c’est de là-bas qu’ils sont allés au stade), j’ai demandé à certains confrères d’aller au stade parce que l’évènement ne se déroule pas là où nous étions à ce moment-là. Nous étions en périphérie et l’évènement se déroulait à l’intérieur du stade. J’avoue que certains collègues n’avaient pas voulu partir. Ils avaient certainement leur raison de ne pas partir. Moi, je suis allé. J’ai été escorté par un groupe de jeunes qui m’avait reconnu et qui était très content de voir le reporter de la BBC arriver.

Donc, je suis arrivé seul à l’intérieur du stade vers 11 heures, escorté par ce groupe de jeunes. Mais, vers midi, j’ai dû sortir de là parce que je devais faire ma communication avec la BBC. Je devais passer en direct pour le journal de midi puisque c’était programmé et c’est un évènement assez important. Je leur avais dit qu’il y avait cette manifestation, qu’elle était importante et que ça pouvait dégénérer. Et, on s’est convenu qu’à midi, je devais passer en direct. Donc, je quitte la pelouse, je sors juste parce qu’il y avait beaucoup de bruit. Je vais sous un cocotier pour avoir un peu de calme afin de faire ma communication… Et, c’est là que j’ai entendu les premiers coups de feu.

Guineematin.com : la communication n’était pas encore faite ?

Amadou Diallo : j’attendais qu’on m’appelle. Mais, à partir de là, ce n’était plus possible parce que comme je vous l’ai dit, les militaires étaient arrivés en masse et ça tirait de partout. Tout le monde se cherchait et c’était la débandade totale. Moi, j’étais à deux mètres de la pelouse. Je me suis demandé est-ce qu’il fallait courir, est-ce qu’il fallait rester débout quelque part, je me suis dit non, je ne cours pas. Je ne suis pas un manifestant, je vais rester là où je suis. Je suis resté arrêté là et j’ai aperçu d’autres confrères, notamment Mouctar Bah de RFI.

Guineematin.com : à l’intérieur du stade ?

Amadou Diallo : évidement. Il (Mouctar Bah) est venu rester avec moi. Et, d’autres journalistes de la presse privée qui nous ont aperçus, qui pensaient qu’en étant avec nous ils étaient sauvés (rires) ! Ils sont donc venus rester avec nous ; et, même d’autres personnes de la société civile. J’ai dit à Mouctar : « on ne court pas, on reste là, on n’est pas des manifestants ». Ce qui peut nous arriver, ce que j’avais imaginé, c’était qu’on nous arrête parce que lorsque les militaires vont nous trouver, nous allons présenter nos badges de presse et peut-être, ils vont nous arrêter. Je n’ai pas imaginé le scenario inverse, c’est-à-dire qu’ils vont tirer sur nous.

Guineematin.com : ou bien vous violenter.

Amadou Diallo : nous violenter, ça pouvait arriver, mais pas tirer sur nous comme ils étaient en train de le faire avec les autres. Donc, on est resté là, Mouctar et moi plus certains journalistes de la presse privée, on n’a pas couru. Entretemps, il y a un jeune militaire qui arrive et qui nous demande : « qu’est-ce que vous foutez là ? » Nous avons sorti nos cartes de presse pour dire que c’est la presse. Il dit : « la BBC et RFI, c’est vous qui parlez mal de la Guinée. C’est vous qui vendez mal la Guinée à l’étranger. C’est vous qui vilipendez la Guinée. C’est vous, allez à genoux » ! Alors, on s’est mis à genoux, il a braqué l’arme sur nous.

Il était en train de crier et vraiment de nous insulter. Il nous a mis vraiment à terre. Et après, il a dit : « mettez les mains au dos ». C’est en ce moment que j’ai commencé à douter, même à avoir peur parce que souvent, j’ai vu des cas où on vous demande de mettre les mains au dos et puis on tire sur vous. Lorsqu’il a dit : « mettez les mains au dos », là, j’ai commencé à avoir peur. Tout au début, c’était la débandade, je n’avais pas eu peur parce que moi j’étais habitué à couvrir la violence, chaque fois que les partis politiques ont manifesté en Guinée, il y a eu de la violence. Donc, on était plus ou moins habitué à entendre les armes crépiter.

Guineematin.com : et là, il y avait l’arme sur vous ?

Amadou Diallo : oui, l’arme sur nous. C’était ma première fois. Et, là, j’ai commencé à avoir peur. Entre-temps, Dieu faisant bien les choses, et c’est pourquoi j’ai dit que c’est Dieu et mon impartialité qui m’ont sauvé parce que la situation était critique, un autre militaire, apparemment plus gradé que le jeune militaire en question est arrivé. Et, ce militaire lorsqu’il est arrivé, il a dit au jeune « non ! Arrêtes ! Les gens là, je les connais, ce sont des journalistes, levez-vous » ! Nous nous sommes levés. J’ai dit : « et pourtant, on lui avait dit que nous sommes des journalistes ». Il a dit : « non ! Comprenez la situation. A pareils cas, des choses comme ça peuvent arriver ». Le militaire dit : « nous étions ensemble à Labé, il y a deux jours ». C’est-à-dire lorsque le capitaine Dadis est allé à Labé pour, dit-il, défier Cellou Dalein Diallo parce que vous savez qu’il était allé à Labé avec un MIG. Je vous ai dit que moi, quel que soit l’évènement, je ne cherche pas à savoir qui est derrière, je le couvre. Ce qui est important, c’est l’évènement, ce n’est pas de savoir qui est derrière. Et, donc, à Labé, et Mouctar Bah et moi-même, nous étions avec le capitaine Dadis. Nous avions demandé à nos différentes rédactions de nous laisser partir à Labé puisque ça pouvait dégénérer aussi. C’était la première sortie du capitaine Dadis, ça pouvait dégénérer. On ne savait même pas qu’il serait là avec un MIG. Et, donc, nos rédactions nous ont laissés partir.

Et, lorsque le capitaine Dadis, à la tribune, nous a vus, il était tellement content. Il a dit : « voilà, la BBC est là. Mon frère Amadou est là ! Mon frère Mouctar de RFI est là ! Donc, la communauté internationale saura ce qui se passe à Labé ». Et, c’est comme ça que ce militaire nous a vus à Labé. Et, ayant entendu le capitaine Dadis dire que BBC et Mouctar Bah de RFI sont là, il a dû nous remarquer. Et ça, ça a été très utile parce que ce militaire, c’est justement grâce à ça, à notre déplacement à Labé, qu’il a su que nous sommes des journalistes. Imaginez si on n’avait pas été à Labé qu’est-ce qui allait nous arriver. C’est pourquoi, je dis aux jeunes journalistes que leur talisman, c’est leur objectivité, leur impartialité. Moi, sous le régime du président Lansana Conté, ça a été mon talisman.

C’est l’objectivité, c’est l’impartialité et c’est l’équilibre de l’information. C’est d’ailleurs les valeurs et principes de la BBC. Mais, il faut en faire son talisman. Donc, c’est ça qui m’a sauvé : Dieu et mon impartialité, mon objectivité. Parce que si je n’avais pas été à Labé, on ne sait pas ce qui allait se passer. Et, c’est comme ça que ce militaire a appelé un policier et il a dit : « il faut les conduire jusqu’à la sortie ». Je me rappelle, le policier avait une branche d’acacia qu’il brandissait. Il disait : « journalistes, journalistes », parce qu’à chaque 5 à 10 mètres, il y avait des bérets rouges et il y avait des gendarmes. Même à l’extérieur du stade, j’ai vu des gendarmes ; mais, je ne peux pas aujourd’hui les reconnaître. Même celui qui m’a sauvé, je ne peux pas le reconnaître.

Guineematin.com : vous ne savez pas qui est ce militaire ?

Amadou Diallo : non, je ne le sais pas ! Je ne le connaissais pas du tout ! Et, aujourd’hui, je ne peux pas le reconnaître aussi. Donc, ce policier à qui il avait demandé de nous conduire jusqu’à la sortie avait peur aussi. Il brandissait cette branche et disait : « journalistes, journalistes », pour qu’on puisse franchir les barrages des militaires. Il continuait à dire : « journalistes, journalistes » sans arrêt parce qu’il avait vraiment peur et on voyait ce qui se passait. Et, c’était quoi ? Ce sont des cadavres qu’on voyait.

Guineematin.com : en sortant du stade ?

Amadou Diallo : oui, en sortant du stade, c’est des cadavres qu’on a vus. Des gens qui étaient morts, sur lesquels on avait tiré ; des gens qui étaient là blessés par balles et qui demandaient de l’aide. On les observait ; mais, on ne pouvait rien faire.

Guineemaitin.com : on a parlé aussi de viol. Personnellement, est-ce que vous avez vu des cas de viols ce jour ?

Amadou Diallo : ça, je n’ai pas vu. C’est pourquoi, je vous ai dit que personne ne peut dire tout ce qui s’est passé ce jour-là. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu de viols, il y en a eu certainement parce qu’à Dakar ici, j’ai vu des filles qui avaient été victimes de viol, qui ont fui la Guinée et qui sont venues se réfugier ici. Donc, des viols, il y en avait eu ; mais, moi, je n’en ai pas vu. Mais, j’ai vu des gens qui étaient morts, des blessés par balles ; et, j’ai demandé même à certains de regarder, ils ont dit non, on ne regarde pas tellement que c’était effrayant.

Et, donc, ce policier, arrivé au niveau du portail, à la sortie, il a soulevé ses deux mains pour nous dire : « ma mission s’arrête là ». Mais, sa mission ne s’arrêtait pas là parce qu’à l’esplanade aussi, c’est là où il y avait tellement de militaires. Maintenant, on est sorti du stade ; mais, comment quitter l’esplanade pour arriver au quartier Landréah ? C’était au maximum 50 mètres ; mais, pour nous, c’est comme si c’était 10 000 kilomètres.

Guineematin.com : ça continuait à tirer ?

Amadou Diallo : évidemment que ça continuait à tirer et les gens continuaient à mourir. C’était toujours la débandade. Les gens mourraient comme des mouches, on peut dire ! Mais, puisque le policier a dit que sa mission s’arrêtait là, moi, je suis resté serein. Je suis venu vers une femme militaire, de grande taille et que je ne connaissais pas non plus. J’ai dit : « madame, nous sommes des journalistes, est-ce que vous pouvez nous aider à traverser ? » Parce qu’il fallait absolument avoir de l’aide pour traverser cette route où il y a la station-service, je ne sais pas si elle est toujours là-bas.

Guineematin.com : bien sûr ! Elle est toujours là-bas.

Amadou Diallo : pour arriver là-bas, c’était vraiment compliqué ! J’ai dit donc à cette dame militaire, de taille imposante : « madame, nous sommes des journalistes. Est-ce que vous pouvez nous aider à passer ? » La dame n’a absolument rien dit. Elle ne m’a pas répondu. Elle a accédé à ma demande sans rien me dire parce qu’elle a pris son fusil qu’elle tenait de façon horizontale. Elle nous poussait avec son fusil en disant « dégagez ! Dégagez ! »…

Guineematin.com : c’était pour vous aider à passer ?

Amadou Diallo : c’était pour nous aider par rapport à ses collègues militaires qui pouvaient s’en prendre à elle aussi parce qu’en pareille situation, elle-même, elle risquait. Mais, pour nous aider, elle a fait semblant de nous bousculer avec son arme qu’elle tenait avec ses deux mains. Elle nous a poussés jusqu’à ce qu’on traverse la route, elle s’est retournée. Cette femme aussi nous a vraiment aidés. Mais, sitôt qu’on traverse, nous tombons cette fois sur des gendarmes. Ces gendarmes aussi nous entourent. Là aussi, on dit journalistes, BBC et RFI, puisque j’étais avec Mouctar. Il ne fallait pas le dire ! Ils se sont excités sur nous pour dire encore c’est vous qui vilipendez la Guinée, c’est vous qui disiez de mauvaises choses sur la Guinée. Vous allez voir, vous allez comprendre, vous allez entendre. Et, le premier qui est venu vers moi a mis sa main dans ma poche, j’avais mon portable, il l’a pris et je sais que d’autres aussi avaient pris le portable de Mouctar. Et, j’avais mes appareils dans mon sac puisque jusqu’à maintenant j’avais mon sac de reporter et j’avais mis mes appareils à l’intérieur. J’avais un sac qui avait plusieurs poches ; et, je mettais toujours les appareils au milieu par précaution. Et, c’est là qu’un gendarme qui était parmi ceux qui nous entouraient a sorti son poignard, il a pris ma main et il m’a donné un coup.

Guineematin.com : il vous a poignardé ?

Amadou Diallo : non ! Il ne m’a pas poignardé, il a tenu la lame. Et, je pense que certains avaient des poignards dans les poches puisque lui, il avait sorti son poignard de sa poche. Il a tenu la lame et m’a tapé avec la manche ; et, ma main s’est enflée automatiquement. Il voulait prendre mes appareils ; mais, c’est en ce moment que quelqu’un qui me connaissait aussi est arrivé. Et, c’est pour cela que je remercie toujours Dieu parce que ce jour-là, sans la présence de Dieu, je ne sais pas si je serais en train de parler aujourd’hui. Donc, là aussi, lorsqu’il a voulu prendre les appareils alors que j’avais enregistré beaucoup de sons, j’allais perdre tous ces sons, il y a un jeune du CNDD qui est arrivé. Il était dans le quartier, aux alentours, et observait ce qui se passait.

Guineematin.com : il n’était pas du maintien d’ordre ?

Amadou Diallo : non ! C’est un civil. Il n’était pas avec les gendarmes et il n’était pas avec les militaires. Il était distant ; mais, il observait les choses. Il était du protocole du CNDD et il s’appelle Katy. Il est neveu ou petit fils d’Emmanuel Katy qui a longtemps été Directeur Général de la RTG ; mais, qui est décédé (paix à son âme). C’est ce Katy qui sort, quand il a vu les gendarmes avec nous, il est venu pour dire non ! Il a brandit son badge du CNDD pour dire : « laissez-les, je les connais, c’est des journalistes ». Il est venu parler aux gendarmes avec beaucoup d’autorité pour dire : « laissez-les c’est des journalistes ». C’est en ce moment que les gendarmes se sont dispersés. Mais, l’un d’entre eux avait pris mon portable ; et, heureusement, il n’avait pas pu prendre les appareils. J’ai dit à Katy : « écoutes, ce gendarme-là (que je ne peux pas reconnaître aujourd’hui), il a pris nos portables ». Il a appelé le gendarme et lui a dit : « donnes les portables ». Le gendarme a sorti les portables, j’ai pris mon portable et puis j’ai continué. C’est comme ça que nous sommes rentrés dans le quartier et nous avons été accueillis par une famille que je remercie aujourd’hui. Une famille d’un avocat à Landréah.

Imaginez-vous, de 12 ou 13 heures, jusqu’aux alentours de 20 heures. Et, c’est dans cette famille qu’on faisait maintenant tous nos papiers. Nous avons transformé le salon et la cour de cette famille en une salle de rédaction parce qu’il y avait moi, Mouctar et d’autres journalistes. On était très nombreux. On a transformé leur salon et leur cour en une salle de rédaction. Ils nous ont donné à manger. Cette famille, honnêtement, je la remercie aussi. Mais, tout cela, je dis que ce sont les différentes manifestations de Dieu. C’est comme ça qu’on est resté là jusqu’aux alentours de 20 heures ; et, à partir de là, nous avons décidé de quitter parce que les choses se sont calmées, il n’y avait plus de tirs. Mais, on se demandait s’il n’y avait pas de barrages. C’était dangereux. Nous avons emprunté des ruelles ; mais, il n’y avait personne dans la circulation.

Guineematin.com : il n’y avait pas de véhicules ?

Amadou Diallo : pas de véhicules ! On a pris nos véhicules et on a forcé. Et, moi, j’avais aussi des amis que je devais déposer avant d’arriver chez moi. J’arrive chez moi vers 20h30- 21h ; mais, j’avais oublié mon sac dans lequel j’ai mes appareils et tout ce que j’avais enregistré, j’avais oublié ce sac à Dixinn dans cette famille. Il fallait évidemment que je retourne là-bas parce que ce sont des choses précieuses et je devais faire un reportage pour les éditions matinales de la BBC, le lendemain, parce que j’avais l’électricité, j’avais la connexion internet et je pouvais rester chez moi la nuit et travailler.

Mais, je n’avais pas de sac et pas d’appareils. J’ai dit que je vais repartir pour chercher mon sac ; mais, la famille a dit : « pas question, vous ne sortez plus » ! J’ai dit qu’il me faut sortir, je ne peux pas enregistrer ça et garder, par la grâce de Dieu, on n’a pas saisi mon sac parce que les appareils d’autres journalistes avaient été cassés. Donc, j’ai dit qu’il me faut ressortir. Mon premier garçon a dit : « Papa, si vous devez sortir, nous allons sortir ensemble parce que si vous allez mourir, nous allons tous mourir ensemble ».

Guineematin.com : il avait quel âge ?

Amadou Diallo : il était au lycée. Qu’est-ce qu’il pouvait ou qu’est-ce que moi je pouvais devant ces militaires ? Mais, il a dit : « si vous devez mourir, on va mourir ensemble. Vous ne sortirez pas seul, nous allons sortir ensemble, si vous tenez à ressortir ». J’ai dit « OK » !

Guineematin.com : d’accord de sortir avec lui ?

Amadou Diallo : sortir avec le garçon parce que sinon ce n’était pas possible. Toute la famille s’est arrêtée devant moi : madame, les enfants pour dire « non ! Vous ne sortez pas ! Vous ne sortez pas » ! Mais, l’alternative que j’ai trouvée, c’est de sortir avec le jeune. Je suis sorti avec lui et on a emprunté des routes, on est arrivé quand même à Dixinn parce que j’avais appelé la famille, ils m’ont dit que le sac est là. J’ai dit : « gardez-le très bien, j’arrive ». Donc, je suis revenu à Dixinn, reprendre le sac et repartir. J’ai fait un reportage que beaucoup de personnes retiennent aujourd’hui encore parce que j’avais des sons précieux. C’était les coups de feu qu’on entendait. On entendait le crépitement des armes distinctement. J’avais tout enregistré et c’est justement lorsque ce reportage a été diffusé le matin que la junte s’est dite : « il faut l’avoir ». C’est là que mes ennuis ont commencé. Parce que les gens ont dit : « il faut l’avoir » parce qu’avec ce reportage, il est clair… jusqu’à présent les gens ont ce reportage sur leurs portables. A partir de là, évidemment, mes ennuis ont commencé. La junte voulait coûte que coûte avoir ma peau…

Guineematin.com : et vous n’avez pas cherché à négocier ?

Amadou Diallo : négocier avec qui ?

Guineematin.com : avec les responsables de la junte.

Amadou Diallo : mais, le capitaine Dadis, lui-même disait à l’époque qu’il ne maîtrisait pas l’armée. Vous allez négocier avec qui ? Vous allez appeler qui ? Sinon, le capitaine Dadis, je le connaissais et il me connaissait. D’ailleurs, il avait beaucoup d’admiration pour moi. Je connaissais aussi beaucoup d’autres de la junte ou beaucoup qui sont autour de lui ; mais, c’était une époque de folie. Le capitaine avait lui-même dit qu’il ne maîtrisait pas l’armée.

Guineematin.com : certains estiment qu’il n’y avait pas que l’armée. Il y avait d’autres qui ont perpétré des actes pas forcément au compte de la junte ; mais, qui ont plutôt crée des problèmes à la junte. Est-ce que vous croyez à de telles explications ?

Amadou Diallo : je ne sais pas parce que comme je viens de vous le dire, telle que les choses se sont passées au stade du 28 septembre, c’était difficile de distinguer même qui est militaire, qui est ceci, qui est cela parce que ça tirait dans tous les sens. Et, comme on n’était pas dans les secrets de Dieu, c’est difficile de dire est-ce qu’il y a eu d’autres personnes. Honnêtement, ça, je ne peux pas le dire. Je sais qu’il y avait des militaires au stade et je sais qu’il y avait des gendarmes au stade. C’est ce que je sais, honnêtement.

Guineematin.com : et vous n’avez pas réellement su si c’est Dadis qui a dit d’aller tirer sur les gens ?

Amadou Diallo : ça aussi, je ne peux pas le savoir. Je ne peux pas dire que c’est lui ou bien ce n’est pas lui. Est-ce que les gens sont allés d’eux-mêmes ? Je ne peux pas faire ce témoignage. Je ne peux accuser qui que ce soit ; je dis ce que j’ai vu, ce que j’ai vécu. C’est à la justice de faire le reste du travail.

Guineematin.com : l’arrivée des leaders de l’opposition au stade, comment cela s’est passé ?

Amadou Diallo : écoutez ! Je vous ai dit que c’était la débandade. Quand les leaders sont arrivés, moi, j’étais déjà au stade. Ce que je dis, les leaders étaient chez Jean Marie Doré. Tous étaient regroupés là. Et, eux aussi, lorsqu’ils ont appris que les jeunes ont bravé l’interdit, les barrières de sécurité et même le portail du stade, parce que je crois que la porte était fermée, et que les gens sont à l’intérieur, en nombre, c’est en ce moment qu’eux aussi se sont décidés à venir. Mais, quand même, ce n’était pas facile d’atteindre le stade parce que les gendarmes et les militaires étaient déployés déjà.

Donc, moi, j’étais déjà à l’intérieur du stade. Mais, je crois que quand ils sont arrivés eux-mêmes, ils n’ont pas pu prononcer un seul mot. Je crois qu’ils n’ont pas pu prononcer de discours parce que dès leur arrivée, les tirs avaient commencé. Et, de toutes les façons, beaucoup ont dit qu’il n’y avait même pas une sonorisation. Même s’ils avaient voulu prononcer leurs discours, ils ne pouvaient pas se faire entendre avec cette marée humaine.

Guineematin.com : le capitaine Dadis avait demandé aux leaders de l’opposition de reporter le rassemblement, ce que ces derniers ont refusé. Avec le recul, pensez-vous qu’ils auraient dû reporter la manifestation ? Et quel conseil donneriez-vous aux opposants au cas où ils souhaitent manifester et que les autorités interdisent la manifestation ?

Amadou Diallo : écoutez ! Est-ce que j’ai la qualité de donner un conseil ? Je ne le pense pas. Je suis journaliste, je ne suis pas un acteur politique. Je ne fais pas la politique et je n’ai pas fait la politique. Qu’est-ce que je vais conseiller aux acteurs politiques, c’est un peu difficile. Je sais seulement que la manifestation était interdite et que, semble-t-il, tard la nuit, le capitaine Dadis avait parlé avec certains leaders politiques pour dire d’annuler la manifestation. Mais, pouvaient-ils annuler la manifestation parce que si la conversation entre le capitaine Dadis et ces leaders a eu lieu vers 1 heure ou 2 heures du matin ou même minuit, comment ils pouvaient annuler cette manifestation ? Etant donné qu’entre eux leaders politiques, ils pouvaient se concerter ; mais, comment ils allaient toucher leurs militants ?

Je pense que c’était quasiment impossible pour eux de toucher leurs militants entre minuit, 1 heure, 2 heures du matin et 6 heures, 7 heures du matin pour dire aux militants que la manifestation a été annulée. Je crois que les leaders politiques n’avaient pas le choix que de venir au stade parce qu’ils n’avaient même pas le temps. Mais aussi, je pense que la Guinée ne doit pas être dirigée par l’humeur de ceux qui gèrent le pays. La Guinée doit être, à mon avis, gérée par les lois et les principes. Tant que le pays va être géré par l’humeur du chef, évidemment, ce qui est arrivé au stade du 28 septembre va toujours arriver. Je pense qu’il est important que la Guinée soit dirigée par les lois. Et, si les lois autorisent les manifestations, elles doivent se tenir. Si les lois n’autorisent pas, voilà. Mais, je pense qu’on a une constitution qui autorise les manifestations. Maintenant, c’est à la discrétion de ceux qui organisent les manifestations de faire en sorte qu’il n’y ait pas de débordement. Ensuite, à l’Etat d’encadrer les manifestations pour empêcher qu’il y ait des débordements, des infiltrations, parce que j’entends souvent dire en Guinée : « on ne veut pas qu’il y ait la manifestation parce qu’il se peut qu’il y ait une infiltration ». Mais, qui infiltre qui ? Je pense que c’est aux organisateurs d’en tenir compte et d’avoir leur propre structure de maintien d’ordre ; mais aussi au pouvoir public de jouer son rôle, sa partition qui est d’encadrer la manifestation.

Je pense qu’une manifestation autorisée évite à 90% des affrontements entre forces de l’ordre et militants qu’une manifestation qui est interdite et qui doit se tenir parce que les leaders politiques vont se dire nous allons manifester parce que la loi nous autorise. Pourquoi ne pas organiser les manifestations et les encadrer ? Pourquoi ils interdisent si la loi guinéenne autorise ? Maintenant, ceux qui gèrent le pays disent toujours qu’il y a troubles à l’ordre public. Peut-être, ils ont des raisons ; mais, à mon avis, on peut interdire une fois ou deux fois, mais quand on interdit une fois, deux fois, trois fois, quatre fois et même cinq fois, ça devient une habitude. En ce moment, ça veut dire qu’on gère le pays par les humeurs du Président et non pas par les règles et par les lois. Ça devient autre chose.

A suivre très prochainement la dernière partie de cette interview avec le célèbre journaliste Amadou Diallo. Nous parlerons entre autres de ses ennuis après le 28 septembre 2009 et il nous dira comment il a réussi à sortir de la Guinée.

Interview réalisée à Dakar par Nouhou Baldé pour Guineematin.com

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Dr Ibrahima Kourouma à Kaporo rails : « le centre va être complètement dégagé »

19 février 2019 à 18 06 44 02442
Dr. Ibrahima Kourouma, ministre de la Ville et de l’aménagement du territoire

Une opération de déguerpissement du centre directionnel de Koloma, dans la commune de Ratoma, a démarré ce mardi, 19 février 2019. Une initiative du Ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire qui vise à débarrasser cet espace de nombreux bâtiments appartenant à des particuliers et des garages de mécaniciens, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dr. Ibrahima Kourouma

C’est le ministre de tutelle qui a lancé cette opération au quartier Kaporo-rails, à quelques pas de Prima Center. Dans son discours, Dr Ibrahima Kourouma est revenu sur les faits. « Les instructions du président de la République sont claires. Tous les domaines appartenant à l’Etat vont être récupérés. Il faut que les gens comprennent que nous allons les récupérer, sans état d’âme. Il faut que chacun de nous comprenne que c’est un domaine réservé de l’Etat, le Centre Directionnel de Koloma. Mais, comme malheureusement on fait fi de l’Etat, les gens sont venus s’installer de façon illégale. Et aujourd’hui, il faut que les gens comprennent que ce que nous avons commencé ne s’arrêtera que lorsque le Centre Directionnel sera complètement dégagé. Il n’y a pas question pour nous d’y mettre fin. Nous avons commencé aujourd’hui, nous allons aller jusqu’au bout, ça va prendre une semaine ou dix jours. Mais, le centre va être complètement dégagé. Ça, c’est les instructions du président de la République. Nous allons faire en sorte que ses instructions soient respectées », a lancé le ministre.

Par ailleurs, Dr Ibrahima Kourouma dira que son souci est d’aménager les lieux mais que l’opération se poursuivra, notamment à la décharge de Dar-es-Salam. « On veut qu’il y ait un cadre de vie décent. Donc, la récupération des domaines de l’Etat ne se limite pas qu’à Kaloum. Là-bas, on a travaillé ensemble pour récupérer. Ici, nous allons récupérer. Nous allons travailler pour qu’à la fin du mois, Dar-es-Salam soit complètement dégagé. On a demandé à ce que les gens quittent, mais ils s’en foutent. Les habitants savent qu’ils doivent quitter. La fois dernière, nous avons non seulement envoyé l’inspection pour travailler avec les chefs de secteurs et les chefs des quartiers pour sensibiliser les gens afin s’ils quittent, mais nous avons envoyé un huissier qui est venu déposer les documents pour les délais de préavis avec des dates fixes pour que les gens quittent. Ils n’ont pas accepté. Je suis venu moi-même en personne, sur instruction du Président de la République, demander à la population de quitter. Je l’ai fait avec les chefs des quartiers et les chefs des secteurs. Famille par famille, nous avons circulé pour que les gens comprennent. Ils savent qu’ils y sont illégalement installés », a laissé entendre le ministre.

Pour sa part, Elhadj Youssouf Diallo, habitant de cette zone dite réservée, se dit surpris de voir que le déguerpissement a commencé sans qu’il n’ait été ni dédommagé, ni recasé. « Quand on nous a appelés chez le chef de quartier, il nous a été dit que ceux qui sont dans les garages n’ont qu’à quitter les lieux. En ce qui concerne les habitations, les propriétaires allaient être dédommagés et recasés avant de quitter. Même Alpha Condé, c’est ce qu’il avait dit quand on l’a reçu ici, à l’ambassade de l’Arabie Saoudite. Au jour d’aujourd’hui, moi je n’ai encore rien vu de la part du gouvernement pour nous dédommager ou nous recaser, du temps de Lansana Conté à maintenant. Ils ont couché tous les bâtiments du lieu. Moi, j’ai fait plus 30 ans ici. Je suis victime du déguerpissement du temps Lansana Conté, j’ai quatre parcelles et quatre bâtiments. Nous, c’est aux Soussous et aux Bagas qu’on a donné des attaches de colas et ils nous ont donné ici. Maintenant, s’ils vont nous faire quitter ici sans rien, on s’en remet à Dieu », a déploré le sage, le livre coranique entre les mains.

Face à ce déguerpissement, Amadou Diallo mécanicien de son état, se demande où donner la tête avec ses véhicules. « Aujourd’hui, je ne sais où aller, je suis en train de déplacer mes véhicules pour les envoyer ailleurs. Mais, c’est vraiment très difficile pour moi. J’ai envoyé trois voitures à la station ici à côté de Prima Center où je paye 15 000 fg par jour, sans compter les frais de déplacement. Et j’ai beaucoup de voitures à déplacer ».

A rappeler que le Centre Directionnel de Koloma compte 140 hectares.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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Collège Château d’eau : « le niveau d’exécution des cours est de 42 % » (Principal)

19 février 2019 à 17 05 09 02092
Abdoulaye Damba, principal du collège Château d’eau

Les trois mois de grève du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée(SLECG) ne sont pas restés sans conséquences sur le niveau d’exécution des programmes dans les écoles publiques de notre pays. En dépit des séances de rattrapage, initiées par le département, le niveau d’exécution des cours reste faible dans certaines écoles de Conakry. C’est le cas du collège Château d’eau d’Almamya, dans la commune de Kaloum, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La grève déclenchée par le SLECG a porté un coup dur au système éducatif guinéen. Il aura fallu trois mois de paralysie, ponctués de manifestations parfois violentes des procès contre les grévistes, pour qu’on en arrive à un protocole de sortie de crise. Le gouvernement et le syndicat ont fini par accorder leurs violons.

Selon Abdoulaye Damba, principal du collège Château d’eau, son école avait été affectée par cette grève du SLECG. Mais, avec les cours de rattrapage, l’établissement se bat tant bien que mal pour exécuter les programmes conformément au calendrier scolaire établi par le département.

« Actuellement, nous sommes en train de faire composer les enfants. Mais, avant les compositions, par endroit, certains enseignants étaient à un pourcentage normal puisqu’un groupe d’élèves venait, alors qu’un autre groupe était à la maison. Mais, avant les compositions, il y a certains enseignants, parce qu’il a été demandé s’ils pouvaient reprendre ou continuer avec les leçons qu’ils ont trouvé, qui n’ont pas accepté de continuer, ils ont dit qu’on doit reprendre. Alors, on a fait un programme de rattrapage. A ce niveau, le pourcentage que nous avons est de 42% d’exécution. Mais, d’ici là, nous allons chercher à combler après les compositions, parce que les cours continuent jusqu’au soir, parce beaucoup d’enseignants grévistes ont pris conscience et font ce qu’ils doivent faire », a-t-il expliqué.

En outre, monsieur Damba a dit que son école est habituée à exécuter les programmes, même pendant les moments difficiles, rappelant notamment la période d’Ebola. « Pendant la période d’Ebola, les cours n’avaient commencé qu’en janvier. Et malgré tout, on avait terminé le programme. Donc, pour cette fois-ci aussi, le programme sera terminé conformément au programme établi par l’IGE (Inspection Générale de l’Education). D’ici juillet, ça sera les compositions. Ça veut dire que les cours doivent continuer jusqu’en juin 2019. Donc, d’ici là, on aura terminé les programmes, c’est sûr », a-t-il dit avec insistance.

À noter que le collège Château d’eau a un effectif de 945 élèves, dont 325 filles. Le corps enseignant est composé de 41 personnes, dont 5 femmes.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 621 09 08 18

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Viol sur une fillette de 3 ans : un accusé fait ses aveux au tribunal

19 février 2019 à 16 04 55 02552

Les violences sexuelles perpétrées a l’encontre des mineures sont devenues monnaie courante en Guinée. Les juridictions compétentes de la place sont souvent saisies pour que les présumés auteurs répondent de leurs actes. C’est dans ce cadre que Mohamed Condé, âgée de 28 ans, accusé d’avoir introduit ses doigts dans les parties génitale d’une fillette de 3 ans, a comparu au tribunal criminel de Dixinn, ce mardi 19 février 2019, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’accusé Mohamed Condé, employé d’un service de gardiennage, a commis ces faits le 02 août 2016 au quartier Gbessia, dans la commune Matoto. Il a été arrêté et mis sous mandat de dépôt le 29 août 2016.

A la barre du tribunal de Dixinn, Mohamed Condé a, dans un premier temps, tenté de nier les faits articulés contre lui. «Je ne reconnais pas les faits. Rien ne s’est passé entre nous. Moi, je suis gardien. Je faisais le thé devant la villa où j’assurais la garde. C’est ainsi que la fillette est venue s’asseoir sur mes pieds. Mais, rien ne s’est passé entre elle et moi. C’est la maman de la fillette qui a inventé tout ça pour me mettre devant les faits accomplis ».

Cependant, quand le procureur Bakary Camara a pris la parole, il a rappelé a l’accusé les aveux de l’accusé à la gendarmerie et devant le juge d’instruction. « Pourtant, vous avez reconnu les faits à la gendarmerie et au niveau du juge d’instruction. Vous venez au niveau de l’instruction définitive, vous tentez de tout nier. Alors que, c’est ici que vous devriez dire la vérité. Parce que, c’est ici que la décision finale va être rendue ».

Après ce rappel du procureur, l’accusé va finalement décider d’avouer les faits. « Oui, j’ai introduit mes doigts dans le vagin de la fillette. Je voulais aller au delà, mais le bon Dieu m’a aidé. J’ai pu me ressaisir. Je suis l’auteur de cet acte. Mais, je le regrette et je demande pardon à la fille, à sa maman et au tribunal », a-t-il dit.

Après ces aveux, le tribunal a renvoyé l’affaire au mardi, 26 février 2019, pour la comparution de la partie civile, absente de la salle d’audience.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

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Evolution des cours au Lycée-collège Bonfi : ce qu’en dit le proviseur, Mory Condé

19 février 2019 à 16 04 19 02192

Quelques semaines après la suspension de la grève du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), les cours se poursuivent dans les écoles de Conakry et de l’intérieur du pays. Malgré les trois mois de grève, le pourcentage d’exécution des programmes semble avoir connu une certaine progression. C’est le cas au lycée-collège Bonfi, dans la commune de Matam, où l’on avoisine les 40% de taux d’exécution du programme, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Après la pluie, c’est le beau temps dans les écoles publiques de la Guinée. Quelques semaines après la suspension de la grève des enseignants, et qui a paralysé le système éducatif guinéen, élèves, enseignants et encadreurs redoublent d’efforts pour se rattraper.

Mory Condé, proviseur du lycée Bonfi

Au lycée-collège de Bonfi, dans la commune de Matam, les choses évoluent à la satisfaction du proviseur. Dans un entretien accordé à un de nos reporters ce mardi, 19 février 2019, Mory Condé est revenu sur l’état d’avancement du programme d’études. « Moi, je pense que tout va bien depuis que les professeurs ont rejoint l’école. Les programmes avaient déjà atteint un certain niveau. Les contractuels qui étaient venus avaient déroulé les programmes jusqu’à un certain niveau. Avec l’arrivée des titulaires, ils ont vite progressé. A l’heure qu’il fait, les états d’avancement sont là. Il y a une progression sensible », a dit monsieur Condé.

Par ailleurs, pour ce qui est des statistiques proprement dites, le proviseur a fourni les chiffres suivants, en date du 07 févier 2019. « Normalement, jusqu’au 07 février, il était prévu de réaliser 48,39 % du programme annuel. A la même date, les statistiques varient selon les classes et les matières. En Terminale Sciences Mathématiques par exemple, nous sommes à 42,83 % en Maths ; 36,33% en Physique et Chimie. En Terminale Sciences Expérimentales, on a réalisé un taux de 33,15% en Biologie ; 34,03 % en Chimie ; et 36,33% en Physique. En ce qui concerne les Sciences Sociales, nous avons pu réaliser 39, 53% en Français ; 36,33 % en Philosophie ; et 42,84 % en Anglais ».

Pour ce qui est de la 10ème année, c’est pratiquement le même constat qui se dégage des statistiques fournies par le proviseur. « Là aussi, il était prévu que l’on soit à 48,39%. Mais, à la date du 07 février, ce n’est pas le cas. En Maths, on est 35,33% ; en Physique et Chimie, ça tourne autour de 33,15% ; en Français, nous sommes à 39,61% », a révélé Mory Condé.

Pour les autres promotions, à savoir les 7ème, 8ème, 9ème, 11ème et 12ème, les cours ont été dispensés entre 30 et 40% pour une prévision de 48, 39%. Soient des écarts relativement importants. « Mais, à cette allure-là, s’il n’y a pas de perturbation, les délais seront respectés, le pourcentage d’exécution sera à niveau d’ici la fin juin. C’est pour dire que le retard sera rattrapé », a dit monsieur Condé.

Selon le constat du reporter de Guineematin.com, une soixantaine d’élèves, collégiens et lycéens confondus, se trouvaient à l’entrée de l’école au moment où les cours se tiennent dans les salles de classe. Selon le proviseur, ces élèves sont des retardataires qui viennent trouver que le portail de l’école est déjà fermé. « C’est un problème que nous avons. Les élèves viennent vraiment en retard. Donc, je demande aux parents d’élèves de libérer très tôt les enfants pour qu’ils viennent à l’heure. Malgré les sensibilisations, ils viennent toujours en retard. Je profite de cet entretien pour demander aux parents d’élèves et à l’APEAE (Association des Parents d’Elèves et Amis de l’Ecole, ndlr) de nous aider pour ça. S’ils sont trop nombreux au dehors, il peut y avoir des débordements », a expliqué Mory Condé.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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Manque de cartes d’identité à Kankan : « que personne ne se laisse tromper par un agent »

19 février 2019 à 15 03 56 02562

Malgré la forte demande, il est devenu quasiment impossible pour le commissariat central de police de Kankan de confectionner les cartes d’identités nationale pour les citoyens. Des difficultés qui s’expliquent par un problème que connait en ce moment le fournisseur officiel, Sabari Technologie, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Depuis le début du dépôt des candidatures au compte du prochain recrutement au sein de l’armée guinéenne, on a noté une forte demande en carte nationale d’identité à Kankan, notamment de la part des jeunes. Cette demande accrue crée une crise qui pousse les autorités à réagir.

commissaire Abdoulaye Sanoh

Selon les autorités du commissariat central de police de Kankan, la crise est liée à un problème qui sévit du côté du fournisseur officiel, Sabari Technologie. A en croire le commissaire Abdoulaye Sanoh,
commissaire central de police de Kankan, c’est le partenaire technique qui peine à fournir les pièces. « C’est Sabari Technologie qui est chargé d’aller prendre les cartes, les envoyer pour que le commissaire central les gère. Donc, pour le moment, ils ne sont pas venus. Quand ils seront là, le nombre de cartes d’identité qui sera disponible, ils vont me rendre compte. Mais, c’est une société qui est chargée d’aller chercher les cartes et les déposer », expliqué l’officier de police.

Durant cette période de pénurie de cartes d’identité nationale, il n’est pas rare de voir certains agents de la police arnaquer les citoyens avec de fausses promesses. Conscient de cet état de fait, le commissaire Sanoh Abdoulaye invite les citoyens à ne pas tomber dans ce piège. « Le conseil que je donne à toute la population de Kankan, c’est que pour le moment, il n’y a pas de cartes d’identité, que personne ne se laisse tromper par un agent pour dire qu’on peut avoir de la carte d’identité, tant dis qu’il n’y en a pas. Le jour que les cartes d’identité seront disponibles, cela fera l’objet d’un communiqué et avec le montant que chaque citoyen doit payer », a précisé le commissaire central de police de Kankan.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél : (00224) 627 24 13 24

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Tournoi de football ou les retrouvailles entre les ressortissants de Télimélé à Conakry, Coyah et Dubréka

19 février 2019 à 13 01 56 02562

La Coordination internationale pour le développement de Télimélé (CIDT) a le plaisir d’informer le public qu’elle organise, du 23 mars au 20 avril 2019, un tournoi de football inter-sous-préfectures à l’intention des ressortissants de Télimélé à Conakry, Dubréka et Coyah.

Ce tournoi, qui s’inscrit dans le cadre de l’exécution du Plan d’actions 2019 de la CIDT, vise à créer et à maintenir la cohésion entre les fils et filles de la préfecture de Télimélé vivant dans la capitale guinéenne et ses environs. Il sera doté du trophée Feu Amadou Katoumba Barry, ancien footballeur décédé et ancien Directeur Préfectoral de la Jeunesse à Télimélé.

Au cours de cette compétition prévue au terrain de Nongo-Unité, dans la commune de Ratoma, la CIDT, à travers sa Cellule Technique basée à Conakry, mettra l’occasion à profit pour sensibiliser les ressortissants de Télimélé sur les enjeux de développement de leur préfecture d’origine.

Les organisateurs lancent un appel pressant aux responsables d’associations de ressortissants, particulièrement les structures de jeunesse des 14 Sous-Préfectures de Télimélé en vue de leur participation à la réussite de ce tournoi, premier du genre à Conakry.

Les entreprises et les annonceurs désireux d’associer leur image à cet évènement grandiose sont priés de se mettre en rapport avec le Comité d’organisation.

Créée en 2013 à Bruxelles, en Belgique, la CIDT est une structure fédératrice des associations de ressortissants de Télimélé à travers le monde. Depuis 2015, elle s’est dotée d’une Cellule technique basée à Conakry, qui l’assiste dans ses activités. Elle a également une antenne locale à Télimélé.

Pour plus d’informations, contacter nous par téléphone à l’un des numéros suivants : 622302952/ 622222846/ 662155555 /669394333 ou par email en écrivant à foulassore05@gmail.com ou à ibrahimasory02@yahoo.fr

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Primes non payées : un contractuel de l’éducation dénonce l’existence de listes parallèles

19 février 2019 à 12 12 17 02172
Mamadou Baïlo Bah, enseignant-contractuel, chargé des cours d’Economie au Lycée des Jeunes Filles Dar-es-Salam

Alors que de nombreux contractuels de l’éducation sont à couteaux tirés avec le gouvernement pour leur recrutement à la fonction publique, d’autres n’ont jamais perçu leurs primes de trois mois d’activités. C’est le cas de Mamadou Baïlo Bah, enseignant-contractuel, chargé des cours d’Economie au Lycée des Jeunes Filles Dar-es-Salam, dans la commune de Ratoma. Dans une interview accordée à un de nos reporters, au siège de Guineematin.com, monsieur Bah a dénoncé cette situation et interpelle les autorités.

Guineematin.com : vous avez donné cours depuis le mois d’octobre 2018. Vous nous apprenez que vous n’avez pas reçu les primes promises à vous par le gouvernement. Comment en est-on arrivé là ?

Mamadou Baïlo Bah : c’est au début du mois d’octobre que nous avons vu une lettre circulaire à la Direction Communale de l’Education (DCE) de Ratoma, venant du ministère de l’Education Nationale, qui demandait aux DCE de recruter des enseignants contractuels au compte de l’année scolaire 2018/2019. Nous avons déposé nos et on a été pris. Ensuite, on a été dans les différentes écoles. Personnellement, on m’a muté au lycée des jeunes filles de Dar-es-Salam. Il y a des dossiers qui attestent que nous avons été mutés. Dans les écoles, on nous a donnés des emplois de temps. Moi, j’ai commencé les cours le 08 octobre 2018 et j’ai continué jusqu’en fin janvier 2019. Ce qui fait quatre (4) mois.

Guineematin.com : récemment, les contractuels ont reçu leurs primes de trois mois, soit au total 1 million 200 mille francs guinéens. Comment se fait-il que ne soyez pas sur la liste des bénéficiaires de ces primes ?

Mamadou Baïlo Bah : vers la fin du mois de décembre, ils avaient initié de venir payer les enseignants contractuels qui ont travaillé depuis le début de l’année scolaire. Et, lorsqu’ils sont venus payer ces contractuels en début d’année, moi et un autre ami, de la même école que moi, nous n’avons pas été payés. Nous avons cherché à savoir si nous étions seuls dans ce cas de figure, on a appris effectivement qu’au lycée Sonfonia, au lycée-collège Kaporo Rails, à Kipé, et un peu partout, certains n’avaient pas été payés. Il y a des gens qui ont été omis.

Guineematin.com : que vous ont dit les responsables de vos écoles et même au delà ?

Mamadou Baïlo Bah : bien sûr que nous avons demandé les raisons de notre omission. A l’école, nos chefs ont dit que c’est peut être à la DCE que nous avons été omis, peut-être qu’ils n’auraient pas remontés nos noms avec la liste des gens qui sont venus payés. Ensuite, nous avons demandé à l’inspectrice régionale de l’éducation de Conakry, qui m’avait trouvé dans une salle de classe au plus fort de la grève. Elle nous a dit de faire la liste des gens omis pour la lui déposer. A son retour de l’intérieur du pays, où elle était partie pour le payement des contractuels, mais sans jamais obtenir de résultats. Comme ça a trainé, je me suis rendu à la DCE de Ratoma mais on m’a répondu que le département ne leur a rien dit sur notre cas. J’ai appelé l’inspectrice régionale de l’éducation qui m’a répondu que ce n’était pas à elle de payer les gens, mais de remonter les listes de ceux qui n’ont pas été payés. C’est pourquoi, nous nous demandons aujourd’hui pourquoi on n’a pas été payé, parce que c’est un droit que nous réclamons. On ne sait pas où se plaindre.

Guineematin.com : on a appris que les responsables de certaines écoles ont remontés des noms de gens qui ne seraient même pas des contractuels. Qu’en est-il ?

Mamadou Baïlo Bah : oui, c’est bien vrai parce que le jour de la paye, j’ai vu des visages que je n’avais jamais vu. Il ya des personnes qui ont été payées et qui n’ont jamais donné cours dans notre école. Nous sommes face à une injustice. Pourquoi des gens qui ont travaillé ne sont pas payés ? Pourquoi paye-t-on des gens qui n’ont rien fait. Vous savez, on a abandonné nos heures dans les écoles privées pour être contractuels au public. Personnellement, j’avais 18 heures de cours dans les écoles privées. C’est ce que j’ai réduit à 6 heures pour aller au public. Aujourd’hui, on n’a rien reçu, même un kopeck. Il y en a qui logent loin et qui payent du transport pour aller enseigner mais sans jamais rien percevoir jusqu’au moment où je vous parle. J’ai tout laissé pour rendre service à l’Etat. L’Etat nous a utilisés et veut nous jeter comme une peau de banane qu’on jette à la poubelle.

Guineematin.com : n’avez-vous pas pensé à vous constituer en mouvement pour réclamer vos droits ?

Mamadou Baïlo Bah : il y a une coordination des enseignants contractuels. Les autorités ont dit qu’il y a un surplus dans les écoles. Ils ont dit qu’il y en a dix sept mille. Mais, si vous comptez les enseignants qui évoluent dans les écoles, ça n’atteint même pas les 10 mille contractuels. D’où viennent les 7 milles autres là ? On se demande bien. Ils ont gonflé les listes. Qui l’a fait ? A quel niveau ? C’est là la question. Ils ont aussi parlé d’un test de recrutement à la fonction publique, nous n’avons pas peur de ce test. Mais, à partir du moment où ils ont payé certains pour omettre d’autres, on se demande si le prochain test ne connaitra pas le même sort. On pourrait organiser un test formel pour recruter ceux que l’on souhaite, à notre place ou à la place des enseignants qui ont eu le test. C’est ce qui nous inquiète.

Guineematin.com : quel appel avez-vous à lancer ?

Mamadou Baïlo Bah : l’appel que je lance au gouvernement, c’est de penser à nous. Nous avons souffert et nous les avons sauvés à un moment où ils avaient chaud. N’eut été les contractuels, ça allait péter. On na accepté de se sacrifier contre vents et marrées. On nous a traités de menuisiers, de mécaniciens, etc. Mais, nous avons eu le dos large, nous avons accepté de donner les cours pour sauver l’Etat. A leur tour, ils ne devraient pas jeter à la poubelle comme une peau de banane. Aux enseignants contractuels, comme le bureau de la coordination l’a dit, qu’on cesse de donner les cours. On ne s’est pas engagés pour remplacer qui que ce soit, tout monde sait qu’il y a un manque criard d’enseignants tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Donc, on doit cesser d’abord de donner cours dans toutes les écoles publiques jusqu’à ce que nos situations soient réglées.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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Attaque du cortège de chef de l’opposition par la police : voici un communiqué des FSG

19 février 2019 à 12 12 00 02002

Les Forces Sociales de Guinée s’indignent et condamnent sévèrement le traitement qui fut réservé au chef de file de l’opposition Monsieur Cellou Dalein Diallo par les compagnies mobiles d’intervention et de sécurité (CMIS), le samedi 16 février 2019 lors de son retour à Conakry.
L’objectif de ce communiqué n’est aucunement de marquer un soutien politique quelconque mais bien de dénoncer un nouveau cas de non-respect des règles constitutionnelles.

Pour rappel, les images et vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, médias et d’autres citoyens riverains de la zone de l’incident font état que des véhicules de la compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) ont brutalement pris à parti le cortège emmené par Monsieur Dalein. Sans raison légitime ni sommation, ceux-ci ont à plusieurs reprises percuté son véhicule avant de le forcer à l’arrêt et le cribler de gaz lacrymogène. Des photographies publiées par les médias sont sans équivoque quant à la violence des faits. Il s’agit d’un acte clair d’intimidation à caractère politique. Cela est inacceptable.

Rappelons l’article 10 de notre Constitution : « Tous les citoyens ont le droit de manifestation et de cortège. Le droit de pétition est reconnu à tout groupe de citoyens. Tous les citoyens ont le droit de former des associations et des sociétés pour exercer collectivement leurs droits et leurs activités politiques, économiques, sociales ou culturelles. Tous les citoyens ont le droit de s’établir et de circuler sur le territoire de la République, d’y entrer et d’en sortir librement ».

Le récit des faits perpétrés à l’encontre du cortège du chef de file de l’opposition samedi dernier démontre à nouveau la fébrilité du respect de la Constitution. Cela représente une menace grave pour l’Etat de droit et les principes démocratiques de base.

Nous réclamons que l’enquête ouverte par le procureur auprès du TPI de Dixinn soit conduite au-bout et ne ressemble pas aux autres enquêtes. Nous exigeons que les responsables soient sortis de l’ombre, jugés, que le nécessaire soit fait pour que pareils cas de brutalité deviennent définitivement choses du passé et que les unités de maintien de l’ordre cessent d’obéir à des ordres délibérément illégaux des pouvoirs civiles. Les pouvoirs passent, mais l’Etat et la Nation demeurent.

Les Forces Sociales de Guinée ne toléreront et ne laisseront passer aucune violation, peu importe l’entité concernée, car le droit est impersonnel et que tout groupe de citoyen peut être concerné à tout moment.

Ensemble, unis et solidaires, nous vaincrons !

Conakry, le 19 février 2019

La coordination Nationale

Le chargé des Opérations

Ibrahima Diallo

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Lettre ouverte aux extrémistes de tous bords

19 février 2019 à 11 11 51 02512

En écrivant cette note, je m’adresse surtout à ceux qui s’agitent aujourd’hui oubliant un passé récent qui est encore et pourtant vivace dans les esprits et dans nos mémoires.

Je dirai aussi à ceux qui ont oublié ce passé qui a fait des ravages de comprendre que ce message veut dire que rien n’est éternel. En tout cas pas ce pouvoir d’Alpha Condé qui nous fait jaser et où les extrémistes rivalisent d’ardeur pour paraître et faire plaisir en même temps au diable.

Ce diable va disparaître et nous laisser ici en tout ceux que le Dieu Tout Puissant prêtera vie jusqu’au delà du régime de Monsieur Condé.

Comme Sékou Touré et d’autres, Alpha Condé partira de cette terre des hommes et rejoindra le royaume du silence puisqu’il est mortel.

Quel héritage va nous laisser Alpha Condé, qui va bénéficier de cet héritage et qui va être victime de cet héritage ? Dans un proche avenir, ceux qui survivront de son régime le sauront.

Comme du temps de la révolution du responsable suprême de la révolution qui a supprimé l’essentiel de ce que la Guinée avait de cadres intellectuels, de riches commerçants et industriels et de planteurs, ceux qui sont aux affaires profitent de leur position sociale pour faire du tort à une grande partie de la population.

Avec l’appui de certains extrémistes, ceux-là même qui exécutaient soit les ordres du guide de la révolution ou eux-mêmes prenaient des initiatives pour éliminer des cadres rivaux puisqu’ils cultivaient soit un complexe d’infériorité, soit parce que seulement ces cadres avaient de belles femmes.

Ils en ont profité pour éliminer à tort des guinéens dans le tristement célèbre camp Boiro de Conakry. Ils en ont éliminé soit par fusillade, soit par pendaison, soit la Diète noire.

Ils sont connus ces tortionnaires qui ont accusé, tué et pillé leurs biens ces tortionnaires qui finalement après la disparition du guide suprême de la révolution se sont retrouvés nus, sans défense et donc, livrés à eux-mêmes.

Après la prise du pouvoir puisqu’on parle de coup d’état à tort, le pouvoir était dans la rue pour preuve, chacun de ces tortionnaires héritiers voulait s’en accaparer et ce qui devait arriver arriva.

Ces extrémistes ont été arrêtés et ont payé à la place du guide de la révolution pour lequel ils prétendaient avoir agit. Ils ont été tous passés par les armes sans rancune et ils n’étaient pas nombreux ceux qui ont aidé les nouveaux orphelins à pleurer et d’ailleurs personne n’osait pleurer à chaudes larmes puisque ceux qui devaient pleurer savaient bien ce que leurs parents ont fait.

Maintenant, nous sommes sous un autre régime qui étrangement ressemble à celui de la dictature morte il y a 35 ans. La seule différence, c’est parce que nous sommes à l’heures d’internet, de facebook, des radios libres et de la parole libérée, grâce au temps et en partie au Général Lansana Conté.

De nos jours, il y a des gens qui tuent, blessent, insultent, violentent dans une impunité garantie puisque la force publique est à disposition, parce que les moyens humains et financiers sont à disposition, mais cela c’est pour un temps, très minime d’ailleurs.

Le temps passé a été douloureux, il a été meurtrier, sanguinaire, arrogant et violent.

Alors, ceux qui disent aujourd’hui « nous sommes au pouvoir et nous sommes forts » doivent savoir que seul le pouvoir de Dieu est éternel et la sanction de Dieu est plus douloureuse que celle des hommes.

Que les proches de ceux qui sont morts, que les blessés ou victimes de pillages et de harcèlement ces dernières années continuent de prier et fassent des sacrifices. Dieu les vengera.

Vive la Guinée

Un citoyen guinéen

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Dubréka : remise de diplômes à 26 étudiants de l’Institut Professionnel du Peuple

19 février 2019 à 10 10 52 02522

L’Institut Professionnelle du Peuple (IPP) a procédé à une remise de diplômes de fin de cycle, le samedi passé, 16 février 2019, à 26 étudiants, dont 19 filles du département Douane et Transit Commerce International. La cérémonie, présidée par le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, a eu lieu à la maison des jeunes de Dubréka. On notait la présence des responsables en charge de l’Enseignement Technique, des encadreurs dudit institut, des autorités et sages de Dubréka, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Mamadou Alpha Barry

Dans son discours, Mamadou Alpha Barry, fondateur de l’IPP a dit sa satisfaction de voir son établissement s’agrandir jour après jour. « Je tiens à préciser, durant ces trois années de formation, nous avons réalisé des progrès remarquables notamment : l’effectif de passer de 6 étudiants en 2015, à 138 étudiants en 2018 en BTS et en BTP ; la réalisation des visites guidées dans les installations portuaires et douanières au port autonome de Conakry. Pour les étudiants en commerce international, élaboration d’un partenariat en IPP et un expert marocain qui nous a suggéré l’enseignement de matières comme l’Arithmétique commercial, la Gestion des parcs automobiles et des cours en conférence vidéo qu’il a lui-même réalisé à partir de Casablanca ; l’élaboration d’un partenariat avec la Compagnie des Bauxite de Guinée, dans le cadre de la formation dans l’acquisition des stages pour une durée de 3 mois déjà en cours depuis le 15 janvier.. »

Mouctar Diallo

Pour sa part, le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes, Mouctar Diallo, auquel on a donné le nom de cette première promotion, s’est dit très ému de cette marque de confiance avant d’annoncer tout son soutien aux jeunes diplômés. « C’est un sentiment de satisfaction de porter le nom de cette promotion de l’Institut Professionnel du Peuple, ici à Dubréka. Donc, je m’en réjouis et j’associe cet honneur à tous mes proches. Je voudrais féliciter ceux qui ont pris cette initiative, les diplômés de cette promotion et leur dire que je suis à leur disposition pour les accompagner dans le renforcement de leurs capacités et de leur insertion socioprofessionnelle. Je m’en réjouis aussi en tant que ministre de voir les jeunes s’orienter vers la formation professionnelle qui constitue un gage de réussite pour le gouvernement guinéen, pour mettre un accent particulier sur l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Je suis optimiste quant à leur avenir. Je pense qu’ils sont de bons produits, ils ont bénéficié d’une bonne formation, un bon encadrement technique et compétent. J’encourage les autres à suivre les formations professionnelles. Au nom du gouvernement, je félicite l’encadrement et l’école. C’est pour leur dire que le gouvernement est à leur disposition », a dit le ministre.

Léno Jacqueline

Du côté des diplômés, Léno Jacqueline, diplômée en Douane et Transit Commerce International, a avoué sa joie devant notre micro : « D’abord, je remercie tous les encadreurs, professeurs et notre fondateur. Je remercie mes parents et mon mari qui m’ont soutenu sur tous les plans pour arriver là où je suis aujourd’hui. Je suis très contente. Après ici, j’ai des projets en tête pour aller de l’avant. Je ferai d’abord les stages pour booter ma compétence sur le marché de l’emploi ».

La cérémonie a été clôturée par une remise de satisfécits aux différents encadreurs et enseignants chercheurs de l’institut professionnel du peuple (IPP).

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 07 93 59/666 87 73 97

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Cosa : ce danger qui passe inaperçu !

19 février 2019 à 10 10 17 02172

Un véritable danger guette plusieurs personnes à Cosa, un quartier de la commune de Ratoma, à Conakry. Il s’agit des dames qui font leur petit commerce aux abords des rails de Rusal CBK. Au quotidien, ces dames et leurs enfants courent de grands risques. Sur le terrain, tout le monde se montre conscient du danger mais personne ne fait plus rien pour mettre fin à cette situation, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Malgré toutes les campagnes menées sur les dangers liés à l’occupation des voies ferrées, la situation n’a toujours pas changé à Cosa. Dans ce quartier, plusieurs dames ont érigé un marché aux abords des rails de la société minière Rusal CBK. Tous les jours, elles étalent leurs marchandises à moins de 3 mètres de la voie ferrée. Avec leurs enfants, elles s’exposent au quotidien aux dangers liés au train. Une situation que déplore Diakité Tènèké, étudiante à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia, qui vient aider sa sœur à vendre au marché de Cosa.

Diakité Tènèké

« Parfois, le train arrive en vitesse et ça trouve qu’il y a des enfants qui sont de s’amuser sur les rails, leurs mamans sont obligées de courir pour aller les prendre. Pour l’instant, le train n’a touché personne, mais le risque est là. On ne sait pas si un jour le train ne va pas dérailler. Une fois, le train a failli broyer un enfant ici. La locomotive était proche de l’enfant, lorsqu’un monsieur s’est précipité pour le prendre. Sinon, il serait mort », témoigne cette jeune fille, qui observe avec inquiétude cette situation.

Djéné Kaba

Quant aux vendeuses qui occupent les abords des rails, elles se disent aussi conscientes des dangers qu’elles courent. Mais, Djenè Kaba, l’une d’entre elles, indique qu’elles s’asseyent là parce qu’elles n’ont pas le choix. « Nous n’avons pas le choix, parce qu’il n’y a plus de place dans le marché. C’est pourquoi nous sommes là. Sinon, nous savons que c’est risqué de rester ici. Parfois, on crie et on jette même des cailloux sur les gens pour qu’ils quittent sur les rails à l’arrivée du train. Donc, il faut reconnaître que c’est dangereux de vendre ici. Si on nous aide à avoir une bonne place, nous quitterons ici. Mais pour l’instant, nous n’avons pas le choix », explique cette vendeuse.

Mohamed Camara

Du côté des agents de sécurité de Rusal CBK, on déplore également cet état des faits. Mohamed Camara, leur responsable, dit avoir tout fait avec ses collègues pour tenter de libérer les lieux, mais sans succès. « Quand le train arrive, on alerte les gens. Je dis à mes agents de chasser les femmes pour les éloigner des rails. Mais c’est une peine perdue, parce que même si tu les chasses, elles vont toujours revenir.

On n’a pas d’autre choix, ni d’autres moyens. On leur parle mais elles ne comprennent pas. Et si tu les touches, elles vont te créer des problèmes. Moi j’accuse l’administrateur du marché. Il y a un grand espace vide juste à côté de nous, on peut construire le marché là-bas pour les femmes. Mais, j’ai parlé fatigué mais on me prend pour un ennemi », se désole cet agent de sécurité.

Mohamed Camara souhaite que les autorités, qui sont garantes de la sécurité des personnes et de leurs biens, s’impliquent pour libérer les abords des rails afin d’éviter un éventuel drame.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 07 93 59

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Maladies d’yeux : Dr Mamadou Sow à Guineematin

19 février 2019 à 9 09 55 02552
Dr Mamadou Sow, médecin-ophtalmologiste et chef service d’ophtalmologie du CMC Les Flamboyants

Parmi les pathologies enregistrées dans nos hôpitaux, celles liées aux yeux occupent une place importante. Pour en savoir davantage, un journaliste de Guineematin.com est allé à la rencontre de Dr Mamadou Sow, médecin-ophtalmologiste et chef service d’ophtalmologie du Centre Médical Communal « Les Flamboyants ». Avec lui, nous avons parlé des principales maladies qui peuvent affecter les yeux et leurs moyens de prévention.

Décryptage !

Guineematin.com : selon notre constat, les maladies d’yeux sont devenues fréquentes en Guinée. Car, les structures ophtalmologiques de Conakry sont régulièrement envahies de patients. Pour commencer, parlez-nous d’abord de l’ophtalmologie, ce service où sont traitées les maladies d’yeux.

Dr Mamadou Sow : l’ophtalmologie est une discipline médicale qui est au cœur et au centre de toutes les autres disciplines. L’ophtalmologie est une spécialité qui s’occupe de la sphère d’ophtalmologie. Je veux parler de l’œil et de ses annexes. Donc, l’ophtalmologie s’occupera de l’œil sur le plan analogique, sur le plan physiologique, mais aussi sur le plan pathologique.

Guineematin.com : quelles sont les particularités anatomiques et physiologiques d’un œil ?

Dr. Mamadou Sow

Dr Mamadou Sow : voilà une très belle question. L’œil a ses particularités. Avant tout, c’est un organe, il est petit, il est fragile en ce sens que c’est des liquides, et ces liquides sont enveloppées par des membranes. Donc, le globe oculaire est essentiellement constitué de membranes liquidiennes. Donc il est fragile, ce n’est pas un organe qui peut résister aux chocs. Sa fragilité peut également se justifier par plusieurs autres manières en ce sens que l’œil, c’est le miroir du corps humain, le miroir où peut refléter toutes les grandes souffrances de l’organisme. C’est-à-dire que les maladies générales peuvent avoir des retentissements sur l’œil telles que l’hypertension artérielle, le diabète sucré, la drépanocytose, le SIDA, le rhumatisme articulaire et tant d’autres. Donc, on dit que l’œil est le miroir du corps humain. Il est sensible, il est fragile, il est exposé et il est précieux.

Guineematin.com : il est fragile et il est exposé, vous l’avez dit, c’est peut-être l’une des raisons qui font que beaucoup de personnes souffrent aujourd’hui de maladies d’yeux. Quelles sont les différentes maladies qui peuvent l’œil ?

Dr Mamadou Sow : parlant de ces maladies, il faut savoir d’abord que le globe oculaire, d’avant en arrière, ne mesure que 23 millimètres. Mais, mon Professeur m’avait enseigné que pour maîtriser ces 23 millimètres, il faut 23 ans. Et moi, Dieu merci, ça me fait 27 ans d’ophtalmologie mais je ne vous dirai jamais que j’ai fini de maîtriser l’ophtalmologie, parce que je vous avais dit précédemment que c’est un organe petit, sensible, fragile et précieux. Donc, la liste est si longue que je ne vous citerai jamais toutes les maladies de l’œil. Mais, on peut les grouper. Il y a les maladies infectieuses de l’œil ; il y a le traumatisme de l’œil ; il y a des maladies non traumatiques et non infectieuses, c’est-à-dire des maladies propres à l’œil ; il y a des maladies non traumatiques et non infectieuses, par exemple la cataracte, les vices de réfraction.

Parlant des infections, ce chapitre est le plus volumineux. Vous aurez des infections qui touchent une membrane fine qui couvre la surface de l’œil à l’exclusion de cornet, donc les conjonctivites. Vous aurez des conjonctivites virales, vous aurez des conjonctivites bactériales, des conjonctivites traumatiques, des conjonctivites qui peuvent aussi être liées à une forme de microbe intermédiaire entre les virus et les bactéries. Donc, les infections, de façon générale, constituent un volumineux chapitre en ophtalmologie. Les maladies infectieuses de l’œil, les conjonctivites, la liste est longue. Parlant des traumatismes, vous aurez les contusions de l’œil, vous aurez les plaies de l’œil, je prends un couteau je perfore l’œil, c’est une plaie ; vous aurez les brulures de l’œil.

Il y a des contusions avec des plaies pénétrantes : un projectile qui vous perfore l’œil et qui reste dedans, c’est une plaie pénétrante avec corps étranger. Le forgeron qui tape fer contre fer, un fragment peut se détacher soit sur le marteau, soit sur le fer qu’on est en train de frapper, ça peut se détacher et pénétrer l’œil, se loger à l’intérieur, c’est une plaie pénétrante avec corps étranger d’origine métallique. C’est de vous dire seulement que le traumatisme constitue un monde en ophtalmologie. Parlons maintenant de ces maladies qui ne sont ni des traumatismes, ni des infections. A titre indicatif, prenez seulement l’au-glaucome, prenez en guise d’exemple la cataracte. La cataracte est la principale cause de cécité en Guinée, en Afrique, mais aussi dans le monde.

Guineematin.com : donc la cataracte est la maladie de l’œil la plus fréquente en Guinée ?

Dr Mamadou Sow : en Guinée, sur le plan chirurgie, c’est la cataracte. Et du point de vue infection, on vous parlera des conjonctivites. Donc ça, ce sont les maladies les plus fréquentes en ophtalmologie.

Guineematin.com : de façon générale, comment peut-on prévenir les maladies d’yeux ?

Dr Mamadou Sow : prenons les traumatismes, il faut protéger la sphère ophtalmologie. Je vous ai parlé des brulures. Une femme qui fabrique du savon, c’est les masques, les gans, parce qu’il faut manipuler la soude caustique. Il y a les soudeurs, qui sont très victimes des traumatismes de l’œil avec corps étranger. Donc, il faut conseiller à ces soudeurs de porter leurs masques, les casques, les lunettes protectrices. Je pense que ce sont des choses qui sont indispensables. Mais les maladies infectieuses, c’est l’hygiène, c’est la propreté. Cette propreté doit être individuelle et collective. Aussi, il faut l’hygiène du milieu. Le milieu ambiant doit être propre et sain.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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