Deux jours après l’élection présidentielle du dimanche, 24 février 2019 au Sénégal, la mission d’observation électorale de l’Union Européenne a publié ce mardi, 26 février, sa déclaration préliminaire sur le déroulement de ce processus électoral. Elle juge la journée électorale « exemplaire », même si l’organisation de cette élection n’est pas parfaite, rapportent les envoyés spéciaux de Guineematin.com à Dakar.

« Le scrutin était calme et transparent, et a été caractérisé par une forte mobilisation des électeurs », souligne la Mission d’Observation Electorale de l’Union Européenne (MOE UE) au Sénégal. Elle indique que « le vote a été évalué positivement par les observateurs. Les procédures ont généralement été respectées dans les bureaux de vote observés (…) En règle générale, l’organisation matérielle du scrutin s’est faite dans le respect des règles et délais prescrits dans la loi ».

Elena Valenciano, Cheffe de mission électorale de l’Union européenne au Sénégal

Après le vote, les observateurs européens ont salué aussi les conditions de dépouillement et de centralisation des votes. « Dans l’ensemble, les procédures de dépouillement ont été conduites de manière transparente et ordonnée. La centralisation des résultats a été évaluée positivement dans la quasi-totalité de Commissions de recensement des votes observées. Les candidats y étaient représentés et les procédures appliquées de façon transparente et consensuelle », peut-on lire dans cette déclaration préliminaire.

Cependant, les observateurs européens soulignent que tout n’est pas rose dans l’organisation de cette présidentielle. La MOE UE rappelle que l’élection s’est déroulée dans un climat caractérisé depuis plusieurs années par un manque de confiance et un blocage du dialogue entre l’opposition et la majorité. Elle fait remarquer aussi que la présence de l’encre indélébile n’était pas systématique dans les bureaux de vote.

« Les observateurs ont également rencontré des cas isolés d’électeurs détenant leur carte qui n’ont pas pu voter parce qu’ils ne trouvaient pas leurs noms sur les listes d’émargement », ajoutent-ils, précisant que « la création de nouveaux bureaux de vote auxquels étaient affectés 53.362 électeurs a représenté un défi supplémentaire ».

Autre problème relevé par Mission d’Observation Electorale de l’Union Européenne, c’est au niveau de la distribution des cartes d’électeurs. Elle constate que « la communication des données concernant la distribution des cartes par la Direction générale des élections n’était pas assez détaillée et complète pour renforcer la confiance. La distribution des cartes n’a pas réuni toutes les conditions de transparence et de traçabilité souhaitables ».

La MOE UE regrette par ailleurs, le fait que « les femmes peinent à obtenir leur place dans la vie publique, comme l’illustre l’absence de candidate à l’élection présidentielle actuelle. Leur présence est très faible que ce soit au sein de l’administration électorale, des commissions électorales, et des organes dirigeants des partis, où elles sont, en outre, principalement nommées à des postes subalternes ».

De Dakar, Alpha Fafaya Diallo et Ibrahima Sory Diallo, envoyés spéciaux de Guineematin.com

Tel. 00221 783 86 27 97/ 00221 781 69 09 46

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