Mamoudou Touré, Directeur Général de l’agence principale de la BCRG

En prélude à la célébration des 59 ans de la création de la monnaie guinéenne, nous avons tenu le micro à monsieur Mamoudou Touré. Le Directeur Général de l’agence principale de la BCRG est revenu de long en large sur le 1er mars, son parcours, les reformes monétaires engagées par les autorités actuelles et ses rapports avec sa hiérarchie.

Décryptage !

Guinéematin.com : monsieur le Directeur, dans quelques jours, notre pays va célébrer la fête de la création de la monnaie guinéenne. Vous, en tant qu’acteur majeur du monde des finances et cadre de la BCRG dites-nous le sentiment qui vous anime ?

Elhadj MamoudouTouré : C’est un sentiment de joie et de reconnaissance. Joie, parce que quand on a 59 ans, on doit être fier. 1960-2019, ça fait 59 ans que notre monnaie existe. Notre monnaie a 59 ans. Donc, nous devons être fiers de célébrer ce moment avec faste. Ne pas le faire serait une ingratitude vis à vis de notre glorieux passé. Cette monnaie nous a rendu notre force, notre fierté. Nos devanciers, ayant conquis l’indépendance, avaient estimé qu’il fallait aussi conquérir notre indépendance monétaire. Et, c’est ce qui fut fait. C’est l’occasion pour moi d’ailleurs de parler du Président Ahmed Sékou Touré qui, dans son discours à l’occasion de la création de la monnaie nationale, a clairement opté pour une indépendance monétaire. C’est l’occasion aussi de remercier tous ceux qui l’ont accompagné dans ce noble combat. Et, je tiens à saluer hautement la réforme monétaire engagée par monsieur le gouverneur de la BCRG, sous l’impulsion du Président de la République.

Guinéematin.com : Avant de continuer de parler de votre institution et de cette date historique, parlez-nous un peu de votre parcours professionnel.

Elhadj Mamoudou Touré : Je suis l’un des cadres qui a touché à tout. Je fus recruté en 1986, j’ai été d’abord agent d’encadrement affecté au contrôle à la caisse de liquidation. En 1988, j’ai été affecté à la comptabilité. A cette époque-là, il n’y avait pas d’ordinateur ; et, le comptable travaillait au crayon avec la machine à calculer. En 1990, j’ai été affecté au service comptable et bancaire avec le grade d’agent d’encadrement. C’est à cette époque-là que j’ai été nommé fondé de pouvoir. En ce moment là aussi, les services bancaires étaient très difficiles. Car, comme je vous l’ai dit, tout se faisait à la main. Donc, j’ai été affecté pour renforcer les services bancaires. En 1992, jusqu’en 1993, avec les différents mouvements intervenus, le service bancaire a pris le nom de service comptable et bancaire. Donc, nous nous occupions à la fois de la comptabilité et des services bancaires. C’est en 93 que j’ai été nommé chef service compte courant. Avec ma qualité de fondé de pouvoir, j’ai effectué trois (3) années complémentaires et j’ai fait 7 ans au service comptable et bancaire. En 96, j’ai été nommé sous-directeur. Les autorités, ayant confiance en moi, m’ont nommé responsable du département patrimoine et logistique. De 1996 à 2003, j’étais responsable de ce département. Et, de sous-directeur à directeur, j’ai été nommé directeur des ressources humaines. De là, les autorités m’ont renouvelé leur confiance en me nommant directeur de l’agence de Kindia. Une agence que j’ai mise en place… Je suis venu, je n’ai rien trouvé. C’est moi qui ai mis en place les services comptables et bancaires de l’agence de Kindia. Cela, de 2007 à 2011. Et, en 2011, avec l’arrivée du Président Alpha Condé au pouvoir et la nomination de monsieur le gouverneur Louceny Nabé comme gouverneur de la banque centrale, j’ai eu cette confiance d’être nommé directeur du département de l’agence principale de la banque centrale. Donc, ceci dit, par la bénédiction de mes supérieurs, j’ai gravi tous les échelons bien que c’était difficile avec le plan de carrière. C’est l’occasion d’ailleurs de se féliciter du plan de carrière qui a été mis en place par monsieur le gouverneur et par moi-même quand j’étais directeur des ressources humaines et lui, Directeur Général des services administratifs et juridiques. Donc, avec l’arrivée du Président Alpha Condé, j’ai été nommé Directeur de l’agence principale de la banque centrale en 2011 par monsieur le gouverneur Louceny Nabé. De cette date jusqu’à maintenant, j’ai encore la confiance de monsieur le gouverneur.

Guinéematin.com : Quelle appréciation faites-vous de la nouvelle politique monétaire des autorités actuelles ?

Elhadj Mamoudou Touré : Vous savez, pour aller de l’avant, il faut changer, il faut avoir une méthode, une vision. Cette vision a permis à monsieur le gouverneur d’apporter des changements sans précédents. S’il faut les citer, je vais commencer par chez moi à l’agence principale. En 2011, on était dans un système comptable qui était dépassé. Avec les observations, le système a été changé avec l’introduction en 2014 du T24. Et, nous avons mis en place tous les éléments qui permettent de donner une force au système de paiement. C’est pourquoi, un Directeur Général a été nommé pour présider aux destinées du système national de paiement. C’est pourquoi aussi nous avons créé d’autres systèmes pour améliorer les services à l’agence principale, notamment l’ACPCH. Aujourd’hui, nous avons mis en place le RTGS. Il n’y a pas longtemps, messieurs les ministres de l’Economie et celui du budget, avec monsieur le gouverneur de la banque centrale, sur instructions de monsieur le Président de la République, ont demandé que toutes les recettes de l’Etat qui passaient d’une main à une autre comme effet à payer, soient désormais payées à la banque par RTS. Ceci dit, tout citoyen domicilié à une banque qui veut payer des recettes douanières ou fiscales est amené à s’adresser à sa banque pour passer par le RTGS. Le RTGS est le règlement général des gros montants. Donc, tous ces éléments sont venus améliorer le système de paiement et renforcer la sécurité des recettes de l’Etat. Aujourd’hui, quand vous venez à l’agence principale, vous verrez que tout est fait pour satisfaire au mieux les clients. Autre élément important parmi les changements apportés, c’est la création du guichet unique.

Guineematin.com : Quelle est la nature de vos relations avec votre hiérarchie ?

Elhadj Mamoudou Touré : C’est de très bonnes relations, avec l’autorité. D’ailleurs, c’est grâce à cette bonne collaboration que les changements apportés ont été effectifs. C’est l’occasion d’ailleurs de rendre un hommage mérité à monsieur le gouverneur, les vice-gouverneurs au Directeur Général de l’exploitation et tous les cadres et agents de la BCRG pour le travail accompli. Bref, je me réjouis de la politique monétaire des autorités actuelles.

Ibrahima Kalil Diallo

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