Récemment installé comme maire de la commune de Ratoma, Souleymane Taran Diallo a effectué une visite à Kaporo Rails, ce mercredi 27 février 2019. La démarche vise à constater de visu la tragédie qui est entrain de se jouer sur les lieux et réaffirmer sa solidarité avec les victimes de l’impitoyable déguerpissement orchestré par le gouvernement du professeur Alpha Condé, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La casse en cours à Kaporo Rails prend de plus en plus de l’ampleur. Plusieurs milliers de familles, chassées de leurs domiciles, passent la nuit à la belle étoile à la merci des intempéries de la nature. Pour toucher du doigt cette triste réalité, le maire de la commune de Ratoma et son staff ont effectué un déplacement sur les lieux.

Dans son adresse aux victimes, Souleymane Taran Diallo a expliqué sa préoccupation face à ce drame. « Nous étions là aussi le lundi, nous avons vu ce qui est en train de se dérouler, nous avons vu des maisons cassées, nous avons vu aussi des usines de glace qui ne sont pas encore cassées, mais on a donné un délai de 6 jours aux propriétaires pour venir démonter leurs machines. Nous avons rencontré des enfants qui sont en tenues scolaires mais qui ne sont pas à l’école… Donc, c’est absolument pathétique. C’est absolument éprouvant. C’est cette situation que nous voyons là. Nous avons tenu à ce qu’elle ne soit pas décrite. Aujourd’hui, nous étions en conseil de la commune, et les conseillers ont tous souhaité être là avec le maire pour voir ce qui se passe. Parce qu’aujourd’hui, on en parle un peu partout. On parle de Kaporo rails, c’est le sujet d’actualités ».

Par ailleurs, le maire a tenu à expliquer que son équipe, récemment installé, n’a jamais été associée à cette opération. « Chacun de nous a voulu venir voir et s’enquérir de ce qui se passe et dire aussi aux populations de Kaporo Rails que nous avons été installés le 22 février, seulement le vendredi dernier. Donc, nous ne sommes associés à rien à ce qui est en train d’être fait. Nous ne sommes pas associés, nous ne sommes pas informés. Lorsqu’on a commencé la casse ici, c’était la secrétaire générale qui gérait la commune. Nous, nous n’étions pas installés. Mais, cela ne veut pas dire que si nous étions installés, nous aurions empêché. Non. L’autorité de l’Etat, c’est l’autorité de l’Etat », a expliqué Souleymane Taran Diallo.

Selon lui, le déguerpissement peut être fait mais, que cela passe les règles de l’art. « S’ils ont décidé de casser, c’est la propriété de l’Etat, ils vont casser. Mais, nous aurions souhaité qu’on écoute les populations. Nous aurions souhaité qu’on indemnise les gens, comme l’avait dit le professeur Alpha Condé, parce qu’il a promis en 2016, nous étions ensemble à Kaporo rails, quand on a demandé de mobiliser tous les citoyens de Kaporo rails, il leur a dit qu’ils ont été déguerpis de façon injuste et il souhaite maintenant essayer de payer quelque chose, même si ce n’est pas la totalité de ce qu’ils ont perdu, mais leur donner quelque chose. Il avait déclaré solennellement qu’il y avait déjà un million de dollars à la Banque, mis à la disposition des populations de Kaporo rails. Malheureusement, aujourd’hui, on est 2 ans après, bientôt 3 ans après, jusqu’à présent l’argent n’est pas débloqué et les populations de Kaporo Rails n’ont pas été indemnisées. Alors que ce jour là, la mobilisation était de taille et toutes les populations qui étaient là, étaient convaincues que les gens allaient être dédommagés. Malheureusement, ça ne l’est pas encore », a-t-il déploré.

Pour régler le problème, Souleymane Taran Diallo souhaite que les milliards de francs guinéens promis aux déguerpis de Kaporo leur soient donnés. « Nous espérons que cela va se faire. Nous souhaitons que cela se fasse. Ce sont des guinéens qui sont là, peut-être, ils occupent ici illégalement, ou bien ils n’auraient jamais du venir ici, mais puisque c’est l’Etat, c’est à l’Etat qu’appartient la terre, il est capable de faire bouger n’importe qui de n’importe quel endroit. Mais, il faut quand même un peu plus d’humanisme. Sur le plan social, il faut penser aux populations de Kaporo Rails. Ensuite, il faut penser à ces enfants qui aujourd’hui ne savent plus où aller. A l’école? A la maison ? Il faut forcement s’il n’y a d’écoles publiques, les mettre dans les écoles privées », suggère-t-il.

Parlant de ce qui est entrepris par la commune de Ratoma, le maire a laissé entendre que, « nous avons créé une commission de réflexion aujourd’hui, pour essayer de se pencher sur cette situation. Elle est complexe, il faut voir comment on peut aider. Nous n’avons pas les moyens, nous ne pouvons pas prétendre que nous pouvons régler tous les problèmes de Kaporo Rails. Mais, au moins, nous allons marquer notre solidarité. Et c’est pour cela en partie, nous sommes ici, c’est pour marquer notre solidarité », a dit monsieur Diallo.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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