L’impitoyable opération de déguerpissement à Kaporo-rails, dans la commune de Ratoma, au-delà d’avoir jeté dans la rue des dizaines de milliers de familles, a désorganisé les activités économiques sur les lieux. Le marché de Habiba, autrefois très bruyant, n’est plus qu’un champ de ruines. Même si de nombreux acteurs du petit commerce sont partis, d’autres sont restés malgré tout et tentent tant bien que mal à écouler leurs produits aux rares acheteurs, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Malgré la destruction des lieux, certaines femmes de ce petit marché, qui y ont passé toute leur vie, ne savent plus où aller. Désemparées mais n’ayant pas le choix, ces femmes sont exposées désormais aux intempéries pour revendre leurs produits.

Makoto Soumah, vendeuses de poissons, n’a plus le choix que de rester sur les décombres pour chercher à écouler sa marchandise. « Nous souffrons. C’est ici que je nourris mes enfants et ma famille. A l’heure actuelle, on n’a pas de marché, nous nous asseyons sous le chaud soleil. Je prie le chef de l’État qu’il nous aide et qu’il ait pitié de nous », implore la bonne femme.

Une autre vendeuse de poisson, du nom de Salématou Soumah, se plaint de la casse de Kaporo rails qui a vidé le quartier de ses habitants, ceux qui étaient ses clients. « C’est ici que nous faisons le petit commerce. On n’a nulle part où aller. C’est ici nous gagnons de quoi à nourrir nos familles. Nous sommes vénus ici pour revendre malgré que ça ne marche pas. Il faut que l’Etat nous vienne en aide afin de trouver une place pour nous, pour que nous puissions avoir de quoi nourrir notre famille. C’est ce qui m’inquiète. Rien ne marche, parce que toutes les personnes qui étaient dans cette zone sont déguerpies, leurs maisons sont cassées ».

Pour sa part, Mariam Diallo, vendeuse de légumes au marché de Habiba, il n’y a plus que la souffrance qui reste à Kaporo Rails. « C’est ici qu’on se débrouille, mais vous-mêmes, vous avez constaté qu’ils ont tout détruit, tout le monde est parti. Il ne reste que la souffrance ici. Rien ne reste ici à part le soleil et le vent. Nous n’avons plus rien n’à dire au chef de l’Etat », a lancé la vendeuse, très émue.

De son côté, Fatoumata Koumba, communément appelée Nénen Bonga, déplore le déguerpissement sauvage en cours dans son quartier. « Moi, je viens du village. Je suis venue trouver qu’ils ont commencé à détruire. A l’heure actuelle, ils s’apprêtent à casser chez nous. Nous partons là-bas comme ça pour prendre nos bagages. Nous avons habité Kaporo-rails depuis 1985. Ils nous disent de quitter, tandis-que mon père est aveugle, ma mère est malade. Maintenant, qu’allons-nous faire ? Où allons-nous partir ? »

Une autre vendeuse, répondant au nom de Doumbouya Aminata, demande à l’Etat de les aider à avoir un autre marché pour pouvoir joindre les deux bouts. « Tout le monde est parti. Il n’y a plus de clients. Toute la majeure partie de la population est partie. S’ils pouvaient avoir pitié de nous pour nous trouver un autre lieu, ça allait nous plaire. Le marché c’est Dieu qui le donne, mais le peu que tu gagnes là peut te permettre de nourrir ta famille », a dit Aminata Doumbouya.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin