La commission santé de l’Assemblée nationale a rendu public hier, mercredi 27 Février 2019, les résultats issus de ses visites effectuées dans 57 structures sanitaires de Guinée, au cours de l’année 2018. Ces résultats consignés dans un rapport d’une dizaine de pages fait mention du constat effectué par les membres de cette commission et les recommandations qui en résultent. Ce rapport a été rendu officiel en présence du ministre de la santé, Edouard Niankoye Lamah, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi cette restitution dans la salle du 28 Septembre du palais du peuple.

Hon Ben Youssouf Kéïta

Dans le cadre du projet de « participation des citoyens à la gouvernance de la santé », mené par FHI360, en collaboration avec les partenaires d’exécution dont Search For Commun Ground et Social Impact, avec le financement de l’USAID, la commission santé de l’Assemblée nationale a effectué, du 21 juillet au 1er Août 2018, des visites de terrain dans 57 structures sanitaires de Guinée. Ceci, dans le but de toucher du doigt les réalités (équipement, fonctionnement, qualité de soins,…) des structures sanitaires du pays, en vue de renforcer le contrôle de l’action gouvernementale par les députés de la commission santé pour une amélioration du système de santé en Guinée. Et, ce Mercredi, cette commission présidée par l’honorable Ben Youssouf Keïta a présenté son rapport aux nombreux acteurs (société civile, syndicats, médias,…) qui étaient présents dans la salle du 28 Septembre du palais du peuple. Un rapport dans lequel la commission note des améliorations au niveau de l’hygiène, l’assainissement, les équipements et matériels, la gestion des ressources humaines et la gratuité de la césarienne dans certaines structures visitées.

« Les visites de terrain de la commission santé étaient une première dans certaines localités et une deuxième dans d’autres, notamment dans les communes de convergence. La plus part des structures visitées en 2017 ont fait des efforts considérables dans l’amélioration de l’environnement du travail. Ce constat se fait sentir à travers la propreté des locaux et des toilettes et l’assainissement de la cour dans ces structures sanitaires. L’Etat guinéen et ses partenaires techniques et financiers ont doté au cours de l’année 2018, beaucoup de structures sanitaires en équipement et matériels. Il faut signaler qu’en 2017, c’était catastrophique. C’est le cas de la rénovation et l’équipement complet de la maternité de Kankan et de Kouroussa par MSF,… Nous avons constaté une amélioration de la gestion des ressources humaines. Contrairement à 2017 où près de 80% des nouvelles recrus étaient absentes de leurs postes, sous la complicité de certains responsables et des dispositifs de caïman de salaires mis en place ; en 2018, plus 80% sont en fonction et exécutent le service conformément à leur mission. Le dispositif de recrutement doit être amélioré…pour favoriser les bénévoles et les contractuels ayant fait plusieurs années au service des communautés. Vous trouverez des lieux (structures sanitaires) où il y a des bénévoles qui ont fait 15 ans, 20 ans. Il y en a même qui ont fait 25 ans. Les patients rencontrés à l’intérieur du pays ont affirmé la gratuité de la césarienne et de l’accouchement. Cependant, le problème persiste à Conakry où les citoyens sont souvent victimes de rançon de la part de certains agents de santé… », a dit l’honorable Ben Youssouf Keïta dans sa présentation.

Parlant des faiblesses constatées dans les structures sanitaires par les membres de la commission santé de l’assemblée nationale, l’honorable Ben Youssouf Keïta a évoqué entre autres le retard des travaux de rénovation et d’extension de l’hôpital national Donko, la faible communication sur les actions du ministère de la santé, la faible déconcentration des services spécialisés, la rupture et le retard dans l’approvisionnement des structures sanitaires en produits pharmaceutiques, l’insuffisance de sécurité et la faiblesse et le retard des subventions. Sur ce dernier point, Dr Ben Youssouf Keïta précise que « les subventions arrivent tardivement dans les structures régionales et préfectorales et restent faibles par rapport aux besoins ». Par exemple, dit-il, « jusqu’au 31 Juillet 2018, aucune structure n’avait obtenu sa première tranche de subvention ». Par ailleurs, ajoute-t-il, « les centres de santé ne reçoivent aucune subvention financière, ni de l’Etat, ni des collectivités pour leur fonctionnement ».

Dans ses recommandations, la commission santé de l’Assemblée nationale a égrainé une dizaine de points dont entre autres : renforcer les inspections, poursuivre l’équipement dans les structures sanitaires, prendre des dispositions pour une finition rapide des infrastructures en chantier et améliorer la prestation de la PCG (pharmacie centrale de Guinée).

Prenant la parole au nom du gouvernement, le ministre de la santé, Edouard Niankoye Lamah, a félicité la commission santé de l’assemblée nationale pour le travail abattu. « Il faudrait que les gens sachent que ce processus exprime encore la démocratie, que l’action gouvernementale soit contrôlée. Nous restons tous redevable au peuple de Guinée… Je voudrais vous dire qu’il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites, mais il reste beaucoup de choses à faire. J’en suis conscient. Au point de vue ressources humaines, avec les partenaires techniques et financiers, nous avons promis de recruter, cette année, environ 4000 (quatre mille) agents de toutes spécialités confondues. Je suis convaincu que sur le terrain la commission santé de l’assemblée a fait du travail. Nous avons des chantiers qui ont été ouvert il y a longtemps et qui reste inachevés. Je m’en presse de le dire parce que parallèlement à cette commission, mon ministère, par ses inspections, est allé sur le terrain pour constater. Il faut que je vous le dise. Il y a eu des décaissements, beaucoup de décaissements, qui ne correspondent pas au niveau des travaux. Mais conscient de cela et puisqu’on reste redevable au peuple de Guinée, nous avons envoyé deux ou trois lettres de mise en demeure des entrepreneurs pour que les travaux soient achevés. Sinon, nous allons saisir, si ce n’est pas déjà fait, l’agent judiciaire de l’Etat », a expliqué le ministre Edouard Niankoye Lamah.

A noter que cette cérémonie de restitution a été clôturée par un débat sur fond de conférence presse auquel le ministre de la santé et les membres de la commission santé et leurs partenaires techniques et financiers ont pris part.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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