L’impitoyable opération de déguerpissement à Kaporo Rails, dans la commune de Ratoma, se poursuit. Le gouvernement guinéen va récupérer les domaines réservés de l’Etat, sans aucun dédommagement des victimes, jetées dans la rue à la merci des intempéries. Après le passage des bulldozers ce jeudi, 28 février 2019, de nombreux jeunes garçons ont pris d’assaut les lieux à la recherche de la ferraille, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, a-t-on coutume d’entendre. Cette maxime s’applique bien à la tragédie en cours à Kaporo Rails. L’opération de déguerpissement se poursuit. Une situation qui fait l’affaire de certains jeunes garçons, venus des quartiers environnants. Ils sont nombreux à fouiller les décombres à la recherche de morceaux de fer qu’ils vont écouler sur le marché.

Selon Abdourahmane Diaouné, domicilié à Kakimbo et âgé de 12 ans, « nous venons ici pour ramasser les barres de fer qu’on va revendre. Ça nous permet d’avoir entre 20.000 et 40.000 francs guinéens. Nous ramassons ces barres de fer pour avoir de l’argent. Avec cet argent là, j’achète à manger et des vêtements. Je donne le reste à ma mère. Je ne suis pas content du fait qu’ils ont cassé les maisons des gens, mais je viens ramasser les barres de fer pour me faire de l’argent ».

Même son de cloche chez Mamadou Aliou Diallo, élève de la 5ème année. Il n’est certes pas content de la démolition des habitations, mais cela ne l’empêche pas de venir fouiller dans les décombres à la recherche de la ferraille. « Malheureusement, ce sont les maisons de nos parents qui sont cassées. Mais, nous sommes vénus ramasser les fers pour aller les peser. Dans ça, nous pouvons avoir 20.000 francs guinéens, 30.000 francs guinéens ou même 50.000 francs guinéens. Nous prenons cet argent pour nous acheter à manger, des habits et reste nous le gardons. Nous ne sommes pas contents de la démolition des bâtiments et nous ne sommes pas contents non plus de ramasser ces barres de fers. Nous prions le gouvernement d’arrêter de casser les bâtiments », lance le garçon de 14 ans.

Pour sa part, Mamadou Djan Barry, mécanicien à Bambéto, profite du manque d’activité dans son garage pour avoir de l’argent. « Quand je n’ai pas de travail au garage, je viens ici pour ramasser le fer afin d’avoir de l’argent. Ce que je vais gagner ici va me servir à beaucoup de choses : acheter de quoi à manger, acheter des habits et autres ».

De son côté, Thierno Mamoudou Sow, élèves de la 7ème année, dit qu’il est là mais à l’insu de ses parents. « Nous ramassons ces fers pour les revendre. Parfois, nous gagnons 20.000 GNF, 30.000 GNF et plus. Ça dépend des kilogrammes. Par exemple, un kilogramme de fer coûte à 10.000 GNF. Je prends cet argent pour jouer au PlayStation, pour acheter à manger ou des habits. Mais, mes parents ne savent que je viens ici. Je ne leur montre pas aussi cet argent », dévoile le collégien.

Pendant ce temps, les machines continuent de démolir les bâtiments, malgré le tollé et l’indignation que cette opération inhumaine a provoquée.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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