Démolition de Kaporo Rails : les ports de pêche de Gbessia, Bonfi, Kaporo, Boulbinet… bientôt affectés ?

L’opération de déguerpissement en cours à Kaporo Rails, dans la commune de Ratoma, a désorienté bon nombre de citoyens. De nombreuses activités économiques sont paralysées ou sont en voie de l’être. C’est le cas des usines de production de glace sommés de démonter tout le matériel et de quitter les lieux dans les plus brefs délais, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La démolition du site de Kaporo Rail sous l’ère Alpha Condé est lourde de conséquences. Déjà, les victimes, sans abris, passent la nuit à la belle étoile. Au-delà de la démolition des habitations, ce sont également des entreprises installées sur les lieux qui vont recevoir les bulldozers. Les producteurs de glace, utilisée pour la conservation du poisson, sont sommés de quitter le site au bout d’une semaine. Le secteur économique va prendre un sérieux coup avec nombreux emplois qui sont menacés.

Aboubacar Sidibé

Aboubacar Sidibé, responsable à la société Barkindho et Fils, spécialisée dans la production de la glace, soutient que les conséquences du déguerpissement se font déjà sentir. « La plupart des clients ont déjà commencé à disparaitre puisqu’ils ont en tête que nous devons partir et que le déguerpissement est vraiment réel. Le délai d’une semaine qu’on a reçu ne suffit pas pour démanteler toutes ces installations-là. Dans les conditions normales, le mardi prochain ne doit plus nous trouver ici », dit-il.

Toutefois, Aboubacar Sidibé a expliqué que la production de la glace continue malgré la menace de déguerpissement qui pèse eux. « Nous continuons à produire quand même, mais la clientèle a baissé. Les gens qui doivent venir chez nous ont déjà des informations que nos usines sont déjà cassées. Ils ne sont pas du tout stable moralement, nous sommes avec certains clients qui sont complètement désespérés avec la situation là. Mais pour l’instant, nous continuons à produire jusqu’au temps accordé pour qu’on puisse quitter ».

Par ailleurs, monsieur Sidibé a fait savoir que certains débarcadères seront bientôt affectés par la situation à Kaporo Rails sans compter l’impact sur l’emploi. « Sur la zone, là il y a à peu près six (06) usines et c’est le manque de courant qui nous a amenés ici. L’emploi direct, ça fait à peu près les 100 jeunes qui sont dans ces usines. Chez nous, nous avons un effectif de dix-huit personnes. Il y a des jeunes qui sont aux alentours qui venaient embarquer la glace quand la quantité est énorme. Indirectement, vous avez vu les différents ports de pêche Gbessia, Bonfi, Kaporo, Boulbinet et Petit Bateau. Toutes ces zones sont ravitaillées à partir de là. Donc, si on ferme ici, on ne sera plus capable de produire de la glace et d’aider ces différents débarcadères. L’impact socioéconomique est tellement énorme qu’on ne peut même pas imaginer », a-t-il lancé.

Bademba Diallo

Pour sa part, Bademba Diallo de la société Sounouram Glace, a reconnu qu’ils se sont installés dans un domaine de l’Etat. Mais, il a déploré la manière par laquelle ils ont été informés de quitter les lieux. « Quand on s’installait ici, ils nous avaient dit que la partie-là appartient à l’Etat. Donc, avec la commune de Ratoma, on a ficelé un contrat en disant qu’au moment où l’Etat aura besoin de déguerpir, qu’ils vont nous informer au préalable. Deuxièmement, qu’ils vont chercher à nous recaser parce que c’est d’utilité publique. Nous sommes là, parce que c’est sur la ligne là qu’il y a le courant. Si non, dans les conditions normales, nous devons être dans l’enceinte des débarcadères pour être en contact direct avec les pêcheurs. Malheureusement, on n’a pas été informés à temps pour quitter les lieux. Vous-même vous voyez les installations, comment on peut enlever ça à même un mois ? Ce n’est pas possible », regrette-t-il.

Ces unités de production de glace de Kaporo Rails ravitaillent tout le littoral guinéen. Leur fermeture aura un impact inestimable sur le socio-économique. Selon Bademba Diallo, « vouloir nous enlever ici, nous allons souffrir, c’est bien vrai. Mais, la population va également en pâtir. On peut dire qu’il y a une semaine que je n’ai pas mangé de la viande, mais dire qu’il y a une semaine que je n’ai pas mangé du poisson, ce n’est pas vrai ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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