Le procès du sergent-chef Chostain Dramou, militaire en service au camp d’infanterie de Dinguiraye et cinq autres civils s’est ouvert hier, lundi 04 mars 2019, devant le tribunal militaire délocalisé au TPI de Kankan dans le cadre des audiences criminelles en cours à travers le pays. Ces personnes sont poursuivies pour meurtre, complicité de meurtre et abandon de poste. Seul le principal accusé a été entendu en cette première journée du procès. Le militaire a plaidé non coupable, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

A la barre, le sergent-chef Chostain Dramou, le principal accusé dans cette affaire, a balayé d’un revers de la main toutes les accusations portées contre lui. Il a assuré qu’il n’a rien à avoir avec le meurtre du sergent-chef Wasséy Yomalö, qui était aussi en service au camp d’infanterie de Dinguiraye et dont le corps avait été retrouvé dans sa chambre en état de putréfaction, le 07 janvier 2017.

La défense a, ensuite, soulevé des manquements dans cette procédure qui font que le tribunal, dans sa composition actuelle, doit se dessaisir de ce dossier. C’est notamment le non-respect de l’article 23 du code de justice militaire, qui dit que le tribunal militaire ne peut pas juger les civils, alors que 5 des 6 accusés dans cette affaire sont des civils.

Les avocats de la défense ont relevé aussi le fait que l’un des accusés, Cécé Loua était mineur (17 ans) au moment des faits. Pour toutes ces raisons, ils ont sollicité la remise en liberté de leurs clients.

En réponse, le procureur de la justice militaire appelle la défense à se référer de l’article 35 du code de justice militaire qui, selon lui, dit que si des civils sont complices d’une infraction du droit commun avec un militaire, ils peuvent être jugés par un tribunal militaire.

Face à ce débat contradictoire entre le procureur et les avocats de la défense, le président du tribunal a suspendu l’audience pour 30 minutes. Au retour, le juge a rejeté la demande de la défense et a renvoyé l’audience au 06 mars 2019 pour la suite des débats.

A noter que les 5 civils poursuivis dans cette affaire sont : Marie Noël Kourouma, agent commercial ; Gnéréké Loua, chaudronnier ; Kpakilé Haba, vitrier ; André Kolié, carreleur, et Cécé Loua, chaudronnier, tous résidant dans la préfecture de Dinguiraye. Ils ont accusés de complicité dans le meurtre du sergent-chef, Wasséy Yomalö.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél : 00 224 627 24 13 24

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